RADIOS ASSOCIATIVES EN DANGER : Liberté d’expression menacée !

À la grande stupéfaction de tout le secteur des radios associatives le gouvernement s’apprête à modifier les règles du jeu concernant l’attribution du Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER).

Le projet de décret qui doit être adopté le 15 Mars signifie que seul 40% de ce qui nous était donné auparavant pour notre fonctionnement nous sera attribué sur dossier comme d’habitude.

Mais désormais les 60% restant ne nous seront attribués ou non qu’en fonction de l’étude de projets spécifiques concernant la ligne éditoriale de la radio.

Le FSER qui est la principale source de financement des radios associatives se permettra donc d’avoir un droit de regard sur les contenus éditoriaux des radios, et de ce fait les placera sous tutelle financière et idéologique.

L’autonomie et la survie des radios sont donc menacées à très court terme.


MANIFESTATION ET PETITION

Des aujourd’hui l’ensemble de secteur se mobilise et appelle à une manifestation pour sauver l’indépendance des radios à Paris, le samedi 11 mars à 14h devant le centre Beaubourg.

Fréquence Paris Plurielle appelle tous ses animateurs à diffuser cette information sur l’antenne et à se mobiliser pour la manifestation du 11 Mars à 14h à Beaubourg.

Une pétition à faire signer est disponible par internet, sur le Blog : http://radiosendanger.free.fr/


Appel à la création d'un Collectif national

RADIOS ASSOCIATIVES EN DANGER DE MORT !

  • Contre les tentatives de marginalisation des radios associatives par les pouvoirs publics,
  • Pour la défense de la liberté d’expression

Nos 600 radios associatives sont, depuis de nombreuses années, un acteur essentiel de la démocratie et du dialogue social. Mais, alors que nous allons bientôt célébrer le 100ème anniversaire de l'apparition de la radio en France, ainsi que le 25ème anniversaire de la légalisation des stations locales non commerciales, les pouvoirs publics s’apprêtent, en toute discrétion, à porter un coup qui menace d’être fatal à nombre d'entre elles.



Il y a quinze jours, le ministre de la Culture et de la Communication, par l'entremise de ses services (Direction des médias), proposait la création, tout simplement liberticide, d'une aide financière sélective accordée sur projet éditorial, pour partie en lieu et place de l'actuelle subvention de fonctionnement distribuée chaque année aux radios associatives.



Et, le 1er mars, c'était au tour de la commission des finances du Sénat, sur proposition de Claude Belot (UMP-Charente-Maritime), rapporteur spécial pour les crédits aux médias, de lui prêter son concours, en approuvant le projet ministériel et en suggérant de diriger les stations non commerciales vers davantage de publicité !

Une assignation à résidence

Les radios non commerciales sont financées, pour une large part, et depuis 1986, par un Fonds de soutien à l'expression radiophonique, selon un processus d’attribution essentiellement automatique, à l'instar de ce qui existe pour les aides à la presse écrite.

Le projet de décret fixant le fonctionnement du nouveau FSER revenait à conditionner l’octroi d’une partie substantielle de la subvention annuelle à l’acceptation préalable, par les pouvoirs publics, de projets éditoriaux présentés par les radios associatives.

Etant donné le délai très court pour le dépôt des dossiers de demande de subvention 2006, au plus tard le 29 avril prochain, ce nouveau décret devrait être appliqué en 2007.

Ce nouveau mode de subventionnement allait donc ouvrir la porte à l’arbitraire. En effet, nul critère d'attribution n'était défini dans le texte ministériel. En outre, il est probable que beaucoup moins de radios seraient susceptibles de bénéficier du FSER, du fait des divers interdits imposés par le projet de décret. Il y avait là une atteinte manifeste à la liberté éditoriale et, plus largement, à la liberté d’expression, principe inaliénable de toute démocratie digne de ce nom. Drôle de conception du « soutien à l’expression radiophonique »...

De la même façon, le projet de décret entendait diminuer le niveau du subventionnement. En outre, le ministère s'accordait la capacité/le droit d'exercer un contrôle au sein même des radios associatives, par l'envoi d'experts mandatés par ses soins, afin de vérifier la bonne réalisation des projets éditoriaux préalablement validés, avec la possibilité de réclamer le remboursement des sommes allouées ! Enfin, l'administration centrale se voyait accorder un délai maximal de dix mois pour traiter les demandes, son silence, à ce terme, valant refus ! Evolution singulière de la pratique administrative...

En bref, avec un tel texte, le ministère de la Communication donnait à penser qu'il entendait « assigner à résidence » un média libre (depuis la fin des années 70), exerçant une mission d’intérêt général. Il est d’ailleurs significatif que ce projet de décret ne faisait même pas référence à l’article de la loi sur la liberté de communication, qui reconnaît l’accomplissement, par nos radios, d’une « mission de communication sociale de proximité ».

Face aux premières protestations des représentants des radios non commerciales, ce projet de décret vient d'être remis en chantier. Mais les représentants des stations concernées ne sont toujours pas associés, de manière officielle et effective, à l'élaboration d'une nouvelle mouture. De plus, il apparaît essentiel que le CSA puisse, dans un avis circonstancié, se prononcer publiquement sur ce nouveau texte.

L'arme fatale de la publicité

La menace vient de ressurgir du côté de la commission du Sénat, qui demande :

  • que « les subventions devraient être orientées vers des aides à projets » : c’est la stricte reprise du premier texte ministériel concernant le projet de décret ;
  • qu’« il conviendrait de mieux mesurer l'audience des radios locales associatives, conformément à l'esprit de la Loi organique sur les lois de finances » : nos parlementaires semblent ignorer que nos radios s'adressent, en bonne partie, à des auditeurs engagés dans la vie civile, sur les plans social, culturel, éducatif, et/ou économique; le critère d'audience pure n'a donc pas de véritable sens. En tout état de cause, quels que soient nos projets éditoriaux, nous n'entendons pas vendre à quiconque des parts de cerveaux disponibles...;

  • que « le plafond de 20 % de ressources publicitaires pour bénéficier des aides pourrait être rehaussé, afin d'encourager la diversification des ressources des radios locales » : ce sont les médias commerciaux, qui alimentent le FSER par le versement d'une taxe (nous ne prenons rien dans la poche de l'Etat et, donc, des contribuables), qui vont être contents !!!

APPEL A UN FRONT UNI

C'est la première fois que l'Etat tente ainsi de s'immiscer dans le contenu éditorial des radios libres. Il s'agit là d'une intolérable dérive qui, si nous la laissions passer, ferait partie de toute une série de mesures liberticides, tant vis-à-vis des radios associatives que de la presse en général, ainsi que des associations et du secteur culturel dans son ensemble.

Ces tentatives interviennent, en outre, dans un contexte de forte morosité. De lourdes incertitudes pèsent, depuis 2004, sur le financement des radios associatives (retards jusqu'à plus de six mois dans le versement de la subvention nationale de fonctionnement; disparition de plusieurs aides à l’emploi). Elles affectent leur vie quotidienne et menacent leur avenir. Certaines stations révisent leurs projets à la baisse et réduisent leur personnel, au détriment de la « défense et illustration » des initiatives locales des acteurs sociaux, culturels et économiques. Et au grand désarroi des collectivités locales, pleinement convaincues de l´immense apport de ces opérateurs associatifs.

C'est donc à la mobilisation générale et à la constitution d'un vaste front uni que nous appelons aujourd'hui.

Ce Collectif national se doit de regrouper l'ensemble des organisations radiophoniques associatives, nationales et régionales, ainsi que toutes les forces vives : élus, médias, associations, syndicats, partis politiques, artistes, acteurs culturels, sociaux et auditeurs de nos stations,

Pour que vivent nos radios libres, sans lesquelles l'expression citoyenne serait, en bonne part, muette !


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