LA PAROLE A...
Erik Lorré, Président de l'association Fées d'hiver



1 - Pouvez-vous en quelques mots nous indiquer l'objet de votre association ?

E.L. : Fées d'hiver est un lieu de création pluri-disciplinaires qui accueille des artistes en résidence de création, d'expérimentation. Cette structure soutient des projets qui comportent une écriture résolument contemporaine et novatrice.

Le LABo des Fées est un atelier de création et de développement autour des nouvelles technologiques numériques. Le LABo s'engage sur les créations numériques pour coproduire des installations plastiques interactives et des objets interactifs au service du spectacle vivant : danse, théâtre, musique, arts du cirque et de la rue. Il expérimente des voies nouvelles dans l'écriture artistique et s'est spécialisé dans la gestion et captation du geste en temps réels générant des événements visuels, sonores ou mécaniques. Cette recherche permet de créer des installations dotées d'une conscience et d'adopter un comportement, dans lesquelles évolue un public ou des artistes.

Fées d'hiver est l'organisateur du festival biannuel d'arts numériques à Embrun (05), "Les Féeries Nocturnes" et du "Parcours des Fées", parcours artistique sur un chemin de randonnée en montagne (Crévoux).

2 - Depuis quand existe t'elle et quel est son territoire d'intervention ?

E.L. : Crée en 2005, nous terminons notre 3 ème année de programmation artistique calée sur le calendrier scolaire.

3 - Quelles sont les responsabilités que vous assumez au sein de cette association, et depuis quand ?

E.L. : Je suis le président de l'association, fondateur et directeur artistique. Je dirige le LABo des Fées et développe des outils numériques pour les créations avec les artistes. Tout ceci à titre bénévole.

4 - Qu'est-ce qui vous a amené à assumer de telles responsabilités ?

E.L. : Je suis parti d'un constat que notre société de production et de développement à forte accélération oubliait de plus en plus ses artistes. D'aucun qualifie cette population d'improductifs.

Parallèlement se développent ce que je nomme "les armes de distractions massives", grosses productions pour amuser en masse le public un peu comme les jeux des arènes de l'antiquité.

Il m'est apparu l'urgence, presque sanitaire, de participer à la sauvegarde du statut de l'artiste défricheur, empêcheur de tourner en rond, pour favoriser le regard oblique, l'impertinence et le recul nécessaire qu'il nous invite à porter sur notre société, notre existence.

5 - Quelles sont les principales satisfactions que vous en retirez ?

E.L. : La réussite du projet de porter l'art contemporain en milieu rural et de voir combien une population non sensibilisée à ces pratiques artistiques peut adhérer au projet en adoptant une posture de curiosité et une attitude d'extrême ouverture. Nous sommes satisfaits de constater que notre démarche, qui consiste à inviter l'art là où on ne l'attend pas, porte ses fruits.

La reconnaissance fulgurante de notre structure en Région et sur le territoire national nous encourage également à poursuivre nos efforts. En 3 ans nous avons accueillis 213 artistes, organisé 102 résidences, coproduit 36 spectacles, présenté 94 représentations publiques, créé un LABo expérimental dédié aux nouvelles technologies, monté un festival d'arts numériques et un événement d'art contemporain sur un sentier de randonnée qui accueille 15.000 visiteurs l'été. Ce bilan dépasse très largement nos ambitions de départ.

En avril prochain, nous investirons un second lieu à Embrun, la Chapelle des Capucins, en partenariat avec la municipalité afin de porter notre action vers plus de proximité vers un public conquis par le dernier festival d'arts numériques. C'est aussi l'occasion d'ouvrir un lieu de rencontre et d'échange autour des arts vivants et numériques.

6 - ... Et les principales insatisfactions ?

E.L. : Le principal handicap de Fées d'hiver est son budget (27.000 euros) qui ne nous permet pas de professionnaliser la structure. C'est pourtant une étape incontournable pour sa pérennité.

L'absence de politique culturelle forte et défendue sur notre département freine notre développement. Notre survie passe par un soutien plus important de la part des institutions et collectivités territoriales dont certaines commencent à percevoir en Fées d'hiver une chance et une belle opportunité pour notre département. C'est notre principal cheval de bataille pour les années à venir

7 - Si vous aviez un souhait à formuler pour la vie associative, ce serait... ?

E.L. : Le souhait de la voir renforcer et soutenue à tous les niveaux... sans vie associative il ne resterait que le tissu commercial avec ses entreprises.

Sans émergence de projet associatif, c'est tout un lien social précieux que nous perdons.

Sans projets de l'inutile, c'est interdire le rêve à la population, c'est lui interdire de réfléchir sur elle même et c'est toute la démocratie qui est en danger.

8 - Souhaitez-vous insister sur un événement que votre association va prochainement proposer ?

E.L. : Notre prochain rendez-vous est le 18 avril à la Chapelle des Capucins à Embrun pour l'ouverture de ce lieu au travers d'un festival de printemps : "Le cauchemar de la primevère". Festival sur 15 jours avec 13 spectacles programmés.

Toute la programmation sera bientôt en ligne sur notre site internet : www.feesdhiver.fr


> En savoir plus :

  • Erik Lorré
  • Président de Fées d'hiver
  • Directeur Artistique du LABo des Fées
  • Champ Rond - 05200 Crévoux
  • Tél : 04 92 43 63 69
  • Mél : erik@feesdhiver.fr
  • Site : www.feesdhiver.fr