CELAVAR - 24 novembre 2008
Bientôt des territoires ruraux sans association !



A l’heure où se vote la loi de finance 2009/2011, l’inquiétude règne au sein des associations intervenant en milieu rural.

En effet, le budget de l’Etat prévoit une forte diminution du soutien des ministères envers le monde associatif par la suppression de lignes de financement consacrées à l’action en milieu rural et plus particulièrement au développement rural ou à la formation de cadres agricoles.

Il s’agit de l’appel à projet « Attractivité et développement durable des territoires ruraux », du volet associatif du financement de la Promotion Collective Agricole (PCA) ainsi que de l’ensemble des postes FONJEP du ministère de l’agriculture.

> Ces coupes portent atteinte à la vitalité de nos réseaux regroupant des citoyens engagés pour l’animation de leur territoire.

Si nous pouvons entendre que la réforme des politiques publiques impose des restructurations, nous ne pouvons que constater que le gouvernement ne veut plus soutenir le secteur associatif du rural. Est-ce par choix ou peut-être uniquement par absence d’interministérialité ?

Pourtant, la contribution des associations au développement des territoires ruraux est indispensable.

Comment envisager l’animation de nos campagnes, la mise en place de projets innovants de développement local, l’accompagnement et la formation d’agriculteurs capables d’agir utilement dans un domaine de plus en plus complexe, sans la contribution des citoyens organisés en association sur leur territoire ?

Nous sommes des acteurs de l’aménagement du territoire apportant des réponses à de nouveaux besoins sociaux (arrivée massive de nouveaux habitants en rural ou maintien d’habitants dans des territoires isolés, acteurs des questions environnementales et d’insertion…).

Nous participons ainsi à une dynamique indispensable pour notre pays visant à créer des rapports équilibrés entre la ville et la campagne. Cette contribution est reconnue utile et inscrite dans la loi.

> Aussi, nous ne pouvons pas nous taire face à la situation actuelle.

Le report de la conférence de la vie associative (prévue initialement en décembre) donne aux associations nationales le sentiment que les occasions de dialogue sont sans cesse repoussées, alors même qu’elles sont urgentes et légitimes à l’heure où la raréfaction des financements 2009 compromet leur avenir et où le fondement de leur relation avec l’Etat se trouve profondément changé.

Nous, associations agricoles et rurales, oeuvrons dans l’éducation populaire, le sport, la culture, le sanitaire et social, l’environnement… à une société plus juste et solidaire et même au plus loin de la ville.

Nous sommes, en complémentarité avec d’autres (syndicats, partis politiques…), un partenaire incontournable des pouvoirs publics pour renforcer leur efficacité et répondre aux besoins sociaux actuels et de demain.

Cette contribution associative à l’intérêt général doit se concrétiser par un partenariat Etat/Association et Collectivités Territoriales/Association renforcé et par des financements sûrs et pluri annuels.

C’est ce que dit d’ailleurs le député Morange dans son rapport sorti début octobre, sur la gouvernance et le financement des structures associatives.

Pour les associations du rural, c’est le chemin inverse qui est pris.

Le financement des associations par les pouvoirs publics est donc crucial pour qu’elles continuent toujours à se situer comme autant de réponses innovantes, citoyennes, collectives aux besoins de la société d’aujourd’hui et particulièrement en milieu rural.

> Nous demandons donc une reconnaissance, à sa juste valeur, de la contribution du secteur associatif. Cela passe par :

  • Un financement pluriannuel des associations se traduisant par des conventions élaborées dans la concertation, comme cela a été acté lors de la dernière conférence nationale de la vie associative.
  • Un soutien spécifique de l’Etat aux têtes de réseau nationales assurant un rôle prépondérant de coordination, d’animation et de mutualisation. Elles garantissent ainsi une stabilité indispensable permettant de consolider la mise en place de projets locaux pertinents. Comme le dit le député Morange, il ne faut pas perdre de vue la spécificité associative et ne pas oublier le fait « qu’aucun projet ne saurait être mis en oeuvre s’il n’est pas porté par une structure pérenne et du personnel compétent. ». C’est exactement dans ce rôle-là que se situent les têtes de réseaux nationales.
  • Un partenariat accru entre les collectivités territoriales, les associations et l’Etat, qui doit assurer ses propres responsabilités vis a vis des têtes de réseau en charge du national et de l’international.

Ce sera dans ces conditions que les citoyens organisés en associations, aux côtés de l’Etat et des collectivités locales, initieront et accompagneront les légitimes projets de développement durable des territoires ruraux !

Le CELAVAR , au nom des associations des territoires ruraux.

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