« Les colonies de vacances », le dernier ouvrage de Jacques Chauvin, chargé de mission à la Ligue de l’enseignement, propose un panorama social, culturel et politique très complet de son sujet, judicieusement présenté comme un « domaine privilégié de l’éducation populaire ».

La célébrissime chanson de Pierre Perret est restée dans la mémoire populaire. Ses paroles, aussi caricaturales soient-elles, n’ont pas entamé le capital de sympathie dont jouissent nos bonnes vieilles « colos », bien au contraire.

Depuis les années soixante, la situation a pourtant bien changé.

C’est ce que montre d’emblée Jacques Chauvin grâce à un état des lieux très précis. Les « séjours de vacances » constituent désormais, avec les « accueils de loisirs », des « accueils collectifs de mineurs ». Cette dénomination quelque peu énigmatique ayant remplacé les « centres de vacances et de loisirs », expression sans doute trop parlante comme le souligne l’auteur de façon caustique.

Tout au long de ce travail, on retrouve ainsi un exposé clair (y compris lorsque les directives et circulaires le sont peu), associé à une complète liberté de ton (y compris sur les sujets les plus délicats).

Signalons de façon cursive le rappel de la compétition laïques / catholiques ; la description des mutations sociétales (meilleure prise en compte de l’autonomie des enfants associée à leur socialisation) ; le suivi de l’évolution de la législation ; la présentation des diverses enquêtes sociologiques sur le sujet ; le débat autour du calendrier scolaire ; la mise en valeur des projets éducatif et pédagogique ; les incidences de la création de la convention collective de l’animation ; les mécanismes et la baisse des aides au départ ; la formation et le métier des animateurs et des directeurs…

Chaque année, 1,2 million d’enfants bénéficie de séjours de vacances et 4 millions d’accueils de loisirs.

Ce fait sociologique massif a des répercussions éducatives et culturelles trop souvent sous estimées.

L’auteur en révèle le poids économique : un chiffre d’affaire global de deux milliards d’euros !

Les séjours de vacances étant sous la tutelle du Ministère de la jeunesse et des sports, le Ministère du tourisme ne prend guère en compte ce poids économique qui pourrait être valorisé tout en l’associant à une grande politique sociale. Deux millions d’enfants ne partent pas en vacances !

Par ailleurs président de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes et vice-président de l’Union nationale des associations de tourisme, Jacques Chauvin a su nous donner un ouvrage lisible par des gens qui découvrent le sujet et précieux pour les experts confirmés.

Il s’impose d’ores et déjà comme la référence sur le sujet.

Charles Conte
Mars 2009 - Pour la revue Les Idées en Mouvement

L'ouvrage :

Ce livre sera un outil précieux pour les professionnels ou les élus qui y trouveront toute la règlementation et son analyse, les questions liées au projet éducatif, à la formation des équipes pédagogiques. L'auteur rappelle notre responsabilité collective ainsi que celle des pouvoirs publics pour mener des politiques sociales visant à favoriser le départ d'un maximum d'enfants et adolescents, d'autant plus que les colonies de vacances demeurent un des rares espaces de mixité et de cohésion sociales qu'il convient de préserver.

  • « Les colonies de vacances. Domaine privilégié de l’éducation populaire »
  • par Jacques Chauvin.
  • Editions L’Harmattan,
  • 218 pages,
  • 21 €.%
  • ISBN : 978-2-296-07389-0%%