La Ligue de l'enseignement prend position :

La laïcité ne doit pas être instrumentalisée...

...Ni pour agiter le spectre xénophobe et islamophobe,

Une provocation de plus. Marine Le Pen, vice-présidente du Front national a établi un parallèle entre les « prières de rue » des musulmans et l'occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale.

Si nous ne sommes pas dupes de la manœuvre politique qui se cache derrière de tels propos, nous condamnons fermement une déclaration ignoble, qui constitue une véritable insulte aux Français de confession musulmane qui vivent en France mais aussi à tous les citoyens attachés à la République laïque, démocratique et sociale. Nous ne participerons pas à un faux-débat créé à partir d'une réalité déformée jugeant qu'il absolument intolérable que certains de nos concitoyens ne disposent pas de lieux de culte en nombre suffisant les obligeant à occuper l'espace public.

Cette récupération politique au service des crispations identitaires est intolérable. Nous refusons que la laïcité soit réduite à des considérations ouvertement xénophobes. Nous refusons l'amalgame entre laïcité et islamophobie. La laïcité que nous promouvons est celle de la liberté de conscience et de la liberté d'expression des convictions. Pas celle de la peur et de la haine.

...Ni pour rallumer la guerre scolaire

Un amendement au projet de budget 2011, proposé par le sénateur Jean-Claude Carle, attribuant quatre millions d'euros à l'enseignement privé sous contrat, a été voté par le Sénat.

Au moment où l'Education nationale prévoit des coupes budgétaires inédites, ces quatre millions représentent 250 postes supplémentaires. Le gouvernement et la commission des finances eux-mêmes ont affiché leur désaccord.

Mais, à la stupeur générale, cet amendement a été maintenu lors de l'examen du projet de loi en commission mixte paritaire. Ceci est inacceptable. Jean-Claude Carle agit plus en militant qu'en élu responsable. Il est déjà à l'origine d'une loi créant de nouvelles dépenses supportées par les communes en faveur de l'enseignement privé, lorsque des enfants sont scolarisés dans des établissements privés situés sur une commune voisine.

Nous réitérons encore une fois notre position. La Ligue de l'enseignement s'engage de façon constructive, par ses propositions et par ses actions quotidiennes, pour l'Ecole de la République. D'autres semblent s'attacher à rallumer la guerre scolaire.

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