Pour une autre formation enseignante

La Ligue de l’enseignement se félicite du rejet par la commission des affaires culturelles et de l’éducation du rapport Grosperrin, qui préconisait notamment parmi ses 20 propositions, la suppression pure et simple des concours d’entrée dans le métier d’enseignant.

En effet, tirer parti du contexte d’une mauvaise réforme de la formation et du recrutement enseignant pour déléguer aux chefs d’établissements le recrutement sur entretien professionnel de jeunes fraîchement issus de master 2, nous semble aussi grave en termes de dérégulation et démolition du service public d’éducation, qu’en termes de méconnaissance des exigences d’un métier, qui ne peut gagner en crédit et en considération à force de constants dénigrements de la part des institutions.

Considérer en effet que ce métier ne nécessite aucune formation préalable autre qu’une simple mise en situation à raison de 18 heures par semaine face à des publics de plus en plus hétérogènes et exigeants, tant sur le plan des contenus que des méthodes pédagogiques et de la gestion de groupe, relève tout simplement d’un mépris inouï envers ces jeunes enseignants qui découvrent la dure réalité de terrain.

Ceux-ci ne s’y trompent d’ailleurs pas et désertent les bancs des concours. Mais supprimer ces derniers revient à prendre le problème à l’envers…

Il conviendrait bien davantage de repenser urgemment l’accompagnement et la formation dispensés aux futurs éducateurs de la nation.

La Ligue de l'enseignement regrette pareille instrumentalisation d’une véritable contre-réforme du système éducatif et continuera de dénoncer avec vigueur toute tentative d’externalisation de la formation enseignante et de privatisation masquée du système éducatif et du service public.

Source :