Education populaire: le temps de l’engagement


Deux phrases extraites de l’ouvrage le situent « Tout au long de son histoire, l’éducation populaire a nourri l’élan démocratique des peuples. En articulant émancipation individuelle et progrès collectif, elle constitue une dynamique de transformation sociale et politique à la hauteur des enjeux contemporains ».

Cet essai est disponible sur le site de la Fondation Jean Jaurès sous forme numérique et en version papier.

Il est à la fois concis et précis. Il propose d’abord l’histoire de son sujet comme l’histoire d’un courant d’émancipation démocratique. Des encyclopédistes à la professionalisation de l’animation socioculturelle, les grands moments sont évoqués: l’oeuvre de Condorcet, la mutation sociale de la fin du XIX° siècle, l’époque héroïque du Front populaire, les espoirs de l’après-guerre…

L’éducation populaire est ensuite située comme enjeu de société. Dans un contexte de crise économique et de fragilisation des corps intermédiaires, elle est une source de richesse collective, culturelle et démocratique.

Les politiques publiques récentes sont décrites. La fragilisation du soutien de l’Etat, partiellement compensée par l’engagement croissant des collectivités locales est décrite, en perspective avec la marchandisation croissante des activités associatives. Le lecteur dispose ainsi d’un bon panorama descriptif.

Mais l’intérêt de cet essai ne se limite pas à la description historique et sociale. Il s’engage politiquement avec une série de six propositions concrètes. Ce volontarisme est important à une époque où le défaitisme se développe. Il est possible d’agir.

Voici l’intitulé de ces propositions, dont les fondements et les conditions de mise en oeuvre sont présentées dans l’ouvrage :

  • Revisiter le dispositif d’agrément « Jeunesse et éducation populaire »
  • Affirmer la fonction de représentation, de veille et d’expertise du CNAJEP
  • Valoriser l’affiliation à des réseaux d’éducation populaire
  • Construire des modes de financements publics valorisant la contribution des associations d’éducation populaire à l’intérêt général
  • Réformer la fiscalité de l’éducation populaire :abroger la taxe sur les salaires pour les activités hors champ concurrentiel
  • Renforcer la contribution de l’éducation populaire dans l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques de jeunesse

Toutes ces propositions résultent d’un engagement associatif et politique réfléchi. Elles sont ancrées sur des pratiques et sont développées en relation avec une vision générale des rapports sociaux. Elles méritent une discussion approfondie au sein de tous les mouvements d’éducation populaire.