Refondation : quelle place pour l’éducation non formelle ?


Plusieurs acteurs de la communauté éducative ont été invités à débattre du concept de « réussite éducative ». Une étape nouvelle pour un débat ancien : est-il possible de définir un horizon commun qui ne se résumerait pas aux seuls enjeux de la réussite scolaire ? Si l’objectif est aussi consensuel que difficile à délimiter, un principe est toutefois depuis longtemps partagé : la nécessité de renforcer l’approche globale en éducation et de remettre de la cohérence entre tous les temps et acteurs éducatifs.

Sommes-nous en mesure aujourd’hui de penser une ambition éducative au service de l’égalité ? Cette ambition est-elle réalisable sans une refondation totale des politiques éducatives et de l’éducation ? Afin de contribuer au débat, ce dossier propose de questionner la notion de « complémentarité » en éducation, et notamment le lien entre éducations formelle et non formelle, pour reprendre la terminologie européenne.


Le dossier...

Enjeux

Un projet politique pour repenser la « complémentarité » en éducation

À l’heure où le débat public se focalise sur la refondation de l’école publique, la question de la complémentarité de l’éducation non formelle avec l’éducation scolaire semble le « parent pauvre » des ambitions politiques actuelles. Par son projet et ses pratiques, l’éducation populaire est pourtant décisive pour repenser le partage entre l’institution scolaire et l’éducation non formelle au service d’une nouvelle ambition démocratique.


Point de vue

« L’égalité n’est pas un but. C’est un point de départ »

Jacques Rancière porte un regard sévère sur le projet de refondation de l’école qui ne ferait qu’affirmer la légitimité de l’institution et entretenir le fantasme de sa capacité à réduire les inégalités. Pour le philosophe, l’éducation populaire est une multiplication des voies d’accès ouverte à tous, où les positions d’enseignant et d’enseigné perdent leur fixité.


Citoyenneté active

Faire ensemble, ou l’apprentissage du citoyen

Quand on évoque l’éducation non formelle, on pense d’abord aux formes alternatives à l’école, ou plus largement aux pratiques scolaires institutionnelles. Mais le terme est impropre. Car certains de ces apprentissages introduisent précisément aux aspects formalisés de la vie sociale. Avec, à l’horizon, l’idée d’une citoyenneté active. Trois expériences sensiblement différentes en témoignent.


Education au sensible

Faire tomber les barrières entre l’école et son environnement

La loi sur la refondation de l’école propose la création d’un parcours artistique et culturel obligatoire pour chaque élève. Pour Philippe Joutard 1, une telle entreprise n’aura de chances de réussite que si sont bien articulés temps scolaire et temps extrascolaire, école et monde extérieur, collectivités territoriales, institutions culturelles et associations périscolaires.

Ateliers d’écriture : l’éducation littéraire

Centrés sur l’écriture créative et accompagnés par un écrivain, les ateliers d’écriture organisés par la Ligue de l’enseignement des Côtesd’Armor font tomber la crainte de l’écrit et initient à la littérature.


Education partagée

Valoriser le potentiel éducatif des parents

La Ligue de l’enseignement du Val-de-Marne met en place depuis quelques années des ateliers de savoirs sociolinguistiques (ASL), dans et en dehors de l’école 1, à destination des publics migrants qui maîtrisent peu ou pas la langue française. À Villeneuve-Saint-Georges, ils permettent à des mamans d’élèves d’appréhender le système scolaire avec moins de craintes.


Expérience de la rencontre

« Dans la rencontre, on réinvestit »

Pour l’Usep, le sport a toujours été un moyen éducatif d’accès à la citoyenneté. Francis Givernaud, directeur national, nous explique la spécificité des activités Usep et les pistes envisagées dans le cadre de la refondation de l’école.

Les classes de découvertes : l’apprentissage par l’expérience

Si le cadre pédagogique des classes de découvertes est pensé en fonction des programmes de l’Éducation nationale, elles sont avant tout vécues par les enfants comme une aventure. En observant, en expérimentant, ils apprennent autrement.


Education aux médias et à l’information

L’éducation non formelle à l’heure du web 2.0

Avec l’omniprésence du numérique, l’éducation non formelle est confrontée à un double défi : prendre en compte cette évolution dans ses pratiques et systématiser l’éducation aux médias et à l’information, pour tous.

Mesurer nos actions en ligne

La Ligue de l’enseignement du Val d’Oise anime des ateliers de sensibilisation à l’usage d’Internet, des réseaux sociaux et des jeux en ligne à l’aide du serious game « 2025 ex machina ».



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