L'association Enfant en danger propose :

SPARTACUS ET CASSANDRA

  • Réalisateur : Ioanis NUGUET - Né en 1983 à Sainte-Colombe, vit à Nogent-le-Rotrou.


Projection exceptionnelle, en avant-première

  • le mercredi 2 juillet 2014
  • à 20h30
  • au cinéma le Club,
  • rue du Bon Hôtel
  • 05000 Gap.

En présence du réalisateur et d'une des protagonistes du film.

La présentation de ce film fait écho à des lectures de textes sur les rroms par Sucheta :


  • vendredi 4 juillet
  • à la médiathèque de Gap
  • à 18h30
  • jeudi 3 juillet
  • à la prison de Gap


Synopsis

Deux enfants rroms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa sœur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s'offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

Ou comment deux enfants quittent la vie nomade.

Ça commence avec leurs voix, leur journal-poème de la vie d'avant. Musiques, photos, animations, Super 8. On est dans un cirque, Spartacus et Cassandra rigolent, jouent au ballon, chantent, marchent sur un fil. Cinéma direct, plan séquence. On est dans un campement rrom. Les enfants ne veulent pas être placés dans une famille d'accueil, aller à l'école, quitter la rue. « Vous restez avec moi » dit le père, « jusqu'à présent je vous ai fait grandir ». « Qu'est-ce qui est meilleur pour Spartacus et Cassandra ? »

La question du film est posée, déchirante ainsi que son style, réaliste et poétique, libre comme un flot de rap. Nous sommes avec les enfants. Nous partageons la détresse d'être enlevés aux siens « pour son sien », mais aussi le tremblement devant la douceur d'une vie nouvelle. « Je ne sais pas si j'ai le droit » dit Spartacus. Savons-nous ce qu'il en coûte de devenir parents de ses parents ? Est-il indispensable de perdre pour grandir ?

Le cinéaste compose avec empathie un film tendre et rude, merveilleux, un grand film. Sa présence entière, l'ampleur de sa vision, sa musicalité et sa grâce offrent comme une réparation au chagrin de vivre dans un monde terrible. « Je vois mes parents toujours dans la merde » dit Spartacus, « parfois le paradis me dégoûte ». On en sort le cœur serré et pour autant joyeux. Comme une voix aimée dans la nuit, le malheur s'éloigne, il ne disparaît pas, à force de l'affronter le temps passe et nous transforme. Pour Spartacus et Cassandra, c'est déjà demain.

Dominique Cabrera, cinéaste.