L'association des Amis de Jean Giono propose...

GIONO, LES ANIMAUX ET LES HOMMES

  • RENCONTRES GIONO 2017
  • 2-6 août 2017
  • Manosque (04)
  • Conférences, débats, concerts, lectures, théâtre, cinéma, café littéraire.


Les animaux sont constamment présents dans l’œuvre de Jean Giono. Sans être pour autant un écrivain animalier, Giono-Noé accueille dans son arche prodigieuse une vaste faune sauvage ou domestique et fait vivre dans ses récits la plus grande variété d’espèces animales : chevaux, ânes, moutons, taureaux, oies, paons, serpents, sangliers, renards, loups, poissons, insectes et oiseaux, etc. Si certains animaux, comme le cerf de Que ma joie demeure ou le loup d’Un roi sans divertissement, acquièrent une dimension symbolique, il en est d’autres auquel le traducteur de Moby Dick confère une taille monstrueuse. Quelques-uns, étranges ou fantastiques, sortent directement de son imagination.

Giono a d’abord rêvé d’une harmonie possible – quoique effroyable à bien des égards – entre l’homme et la nature, où l’homme serait « mêlé aux bêtes et aux arbres » dans une « épaisse boue de vie », malgré la « grande barrière » infranchissable qui le sépare de l’animal. Une forme de fraternité lie parfois les hommes à ces modèles de sensualité que sont les animaux. Il arrive même à Giono d’adopter dans certains romans, comme Le Chant du monde, le point de vue de l’animal, de lui donner la parole, d’en faire un personnage. Après avoir constaté que « le mélange de l’homme et du monde » était impossible, Giono porte un nouveau regard sur les animaux, dont les comportements deviennent de plus en plus inquiétants. Dans Le Hussard sur le toit, les hirondelles, les rossignols, les corbeaux, les abeilles, les papillons se font charognards. Même le mouton, le plus doux des animaux, n’est pas épargné : « L’œil du mouton est un orifice par lequel on peut regarder subrepticement les ébats voluptueux de la bêtise ». Cruauté de la vie sauvage, animalité des êtres humains, violence des affrontements entre hommes et animaux : aucun de ces aspects de la vie naturelle n’échappe à Giono.

La faune gionienne nourrit la réflexion sur la condition humaine et, comme beaucoup d’écrivains, l’auteur de Colline fait de l’animal un miroir – d’ailleurs peu flatteur – tendu à l’homme, « magnifique animal à deux pattes », mais « animal tragique ». Giono est aussi l’auteur d’un déroutant Bestiaire, où il détourne les sciences naturelles en une zoologie extravagante. Les animaux, vrais ou inventés, de ce Bestiaire sont surtout prétexte à une observation malicieuse et critique des comportements humains. La place de l’animal dans l’histoire littéraire et dans le roman contemporain est également abordée au cours de ces XIIes Rencontres Giono.

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