Engagement des jeunes

Junior associations : un impact positif sur la socialisation des jeunes

Alors que le Réseau National des Juniors associations (RNJA) fête ses 20 ans, une étude évalue l’impact du passage en Junior Association (JA) dans les parcours de jeunes.

Il y a dix ans déjà, la sociologue Stéphanie Rizet menait une étude qui avait permis d’identifier les impacts dans le champs de la citoyenneté et de l’acquisition de compétences transférable dans l’insertion socio-professionnelle des jeunes. Cette nouvelle étude interroge ses évolutions.

L’enjeu ? Porter un regard rétrospectif sur les jeunes dans la durée sur leur engagement en JA. Cette étude est aussi l’occasion d’appréhender la socialisation politique de ces jeunes, le rapport à la conscientisation de l’engagement et à des formes d’entreprendre autrement de manière coopérative.

Le rapport final est bientôt disponible mais vous pouvez d’ores et déjà retrouver l’entretien avec la chercheuse, découpé en pastilles 2 à 5 min et le film complet des résultats. Le RNJA l’a pensé comme un outil pour ouvrir la discussion, pour alimenter les débats et enrichir les idées des jeunes qui souhaiteraient s’engager, des accompagnateurs dans leurs pratiques et de tout acteurs de la vie associative et éducative.

Et parce que c’est elles et eux qui font vivre le RNJA, mais aussi parce que cette étude n’aurait pas vu le jour sans ces jeunes, des portraits de leurs parcours sont également disponibles sur notre site internet.



Le protocole de l’étude

Pour réaliser cette étude, le RNJA a passé un appel sur ses réseaux sociaux ainsi qu’auprès des relais départementaux et des accompagnateurs. Objectif : obtenir les témoignages de JA crées au début des années 2000 pour avoir le recul nécessaire. Ce questionnaire a reçu près de 140 réponses avec plus d’un tiers des répondants de plus de 26 ans, venus de 46 départements, à l’époque de leur JA. Puis, un échantillon représentatif a été identifié et 25 entretiens qualitatifs ont été menés.

Les résultats suivants sont issus de ces deux sources principales et l’ensemble du protocole a été suivi par un conseil scientifique composé du Laboratoire d’études et de recherches sur l’intervention sociale (LERIS), de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), de jeunes administrateurs nationaux et de nos relais départementaux.

Les quatre idées clés qui ressortent de l’étude

L’émancipation : La création et le suivi d’une JA apparaît comme une étape importante du processus d’émancipation. L’espace initiatique que leur offre le RNJA leur permet de prendre confiance en eux et en leurs collègues, les invite également à se dépasser, en bref, de remettre en question les rôles qui leurs sont attribués et s’octroyer les leurs.

Le rapport au monde scolaire : Le lien entre l’engagement associatif et leur parcours solaire se fait peu. On assiste à un réelle compartimentation des espaces et des vécus et le lien ne se fait que plus tard, dans la suite de leur parcours, leur engagement étant pourtant souvent décisif dans leurs approches professionnelles.

Les accompagnateurs et les parents : Une JA peut être accompagnée localement par un adulte de confiance (animateurs jeunesse, élus, bénévoles d’associations, équipe pédagogique, parents, etc). Si l’étude ne portait pas sur l’accompagnement, elle révèle toutefois que la posture de ces derniers influence les compétences acquises par les jeunes. De manière générale, il émerge également que les parents sont majoritairement soutenant lors de la création d’une junior association.

Vie associative – entre expérimentation et reproduction : La JA est une forme souple et simplifiée des associations classiques, c’est un véritable champs d’expérimentation où les tentatives et les échecs sont les bienvenu.e.s.

L’étude montre aussi que malgré cette forme souple, les jeunes expérimentent peu dans leur gouvernance et ont tendance à reproduire les schémas du monde associatif « adulte » : ils vont désigner un.e président.e, un.e trésorier.e et un.e secrétaire. L’influence extérieure est aussi manifeste. Elle est aussi bien souvent due à la méconnaissance du monde associatif, aux poncifs des interlocuteurs (banques, collectivités etc.)

Autre tendance à la reproduction : le rapport à la pérennité et la transmission de la structure, même lorsque le projet est fini ou ne mobilise plus, les jeunes ne veulent pas laisser mourir leur junior association. Se posent alors les questions de transmissions à d’autres mineurs ou la transformation en association traditionnelle déposée à la préfecture.


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