I - QU'EST
CE QUE LE RACISME ?
A - Le racisme
sur le plan légal
La loi (française,
mais aussi européenne et internationale) réprime
le racisme et les discriminations.
Par exemple
:
- La Charte de
Nations Unies adoptée le 7 mars 1966,
- La Convention
Européennes des Droits de l'Homme et des Libertés
du 4 novembre 1950,
- Le Traité
de Rome (article 14) du 25 mars 1957.
- La loi française
:
- Déclaration
des Droits de l'Homme en 1789
- Loi sur la presse
en 1881
- Loi du 1er juillet
1972
Globalement le
racisme est réprimé au niveau des paroles, des
écrits, des actes (insultes à caractère
raciste, incitation à la haine raciale, discrimination
raciale dans l'accès au travail, au logement, aux lieux
publiques).
B - Définition
du racisme
Le racisme, c'est
le fait de stigmatiser, agresser (verbalement ou physiquement)
une personne, de lui refuser un droit ou un avantage, de la persécuter,
de la déporter ou de l'exterminer en raison de caractéristiques
physiques, morales ou culturelles définissant l'appartenance
à un groupe qualifié de race, ethnie ou culture.
A opposer à
la xénophobie ou à l'intolérance.
- Xénophobie
: les
mêmes comportements, actes, paroles ou écrits s'appuient
sur l'appartenance à une nationalité, dont les
caractéristiques (physiques, culturelles) peuvent être
proches de celles de l'auteur : le mépris à l'égard
des Belges qui ont des caractéristiques physiques, parlent
la même langue et ont la même religion que des Français
ou des Suisses.
- Intolérance
: les
actes hostiles, voire les persécutions et massacres, sont
liés à des croyances religieuses ou philosophiques
différentes de celles de l'agresseur ou du persécuteur,
là où les victimes ont toujours la possibilité
d'abjurer leur foi, de se convertir, de taire ou cacher leurs
opinions.
Le racisme se
superpose à ces autres formes de discrimination.
C - Les bases
pseudo "scientifiques" des théories racistes
Largement démenti
par les études scientifiques sérieuses et récentes,
le racisme pseudo scientifique ou plutôt la pseudoscience
raciste, s'est longtemps appuyée sur la tentative de démonstration
qu'il existerait des différences naturelles, innées,
impossibles à compenser par l'éducation, l'influence
du milieu ou les conditions de vie, entre des groupes humains
classés en terme de race et caractérisés
sur le plan physique par la couleur de la peau, la morphologie,
la physionomie etc
Toutes les études
scientifiques et ethno historiques démontrent :
- qu'il n'existe
pas de barrières biologiques entre les différentes
communautés humaines (nous appartenons à la même
espèce) donc pas d'incompatibilité au niveau des
transfusions sanguines, de la reproduction, des dons d'organes,
de la transmission des maladies.
- que tous les
humains ont un patrimoine génétique commun à
99%.
- que les cinq
milliards d'êtres humains sont issus d'un même groupe
originaire très probablement d'Afrique de l'Ouest, composé
de quelques milliers d'individus (donc nous sommes tous cousins
et tous africains !).
- que si certaines
compétences ou performances ont pu être développées
par certains groupes en fonction du milieu où ils vivaient
et de leur évolution culturelle, il n'y a aucune impossibilité
pour d'autres groupes à acquérir et développer
ces compétences ou performances dans un environnement
identique, à une échelle de temps très rapide
d'une ou de deux générations.
D - L'idéologie
politique du racisme
S'appuyant sur
ce "classement", ces théories fondées
sur un "ordre" qui se voudrait naturel, établissent
une hiérarchie entre les groupes humains, attribuent aux
groupes considérés comme supérieurs, des
droits sur les groupes inférieurs : droit d'exploiter
leur territoire, leur force de travail, de les utiliser au combat,
de les déplacer, de les exterminer.
Ce dernier paragraphe
définit les idéologies racistes dont les conquêtes
coloniales, l'esclavagisme, les théories nazies, la politique
ségrégationniste aux Etats-Unis ou l'Apartheid
en Afrique du Sud offrent quelques exemples de mise en pratique.
II - POURQUOI
LE RACISME
Les arguments
mis en avant pour justifier ou expliquer certaines formes de
racisme ou de discrimination méritent d'être analysés
et contrés. Par exemple, tels que :
- remise en cause
des naturalisations;
- discriminations
à l'embauche ou au logement;
- expulsions;
- surveillance
accrue de certains groupes;
- montée
d'un sentiment diffus d'hostilité ou de rejet à
l'égard de la population immigrée...
A - La menace
économique
Motivé
par l'attrait des conditions de vie dans notre pays, les aides multiples,
la sécurité sociale "gratuite", l'afflux
d'étrangers menacerait l'équilibre de nos systèmes
sociaux et se ferait en défaveur des citoyens français
dits de "souche" (terme qui mérite explications).
- Faux : les régimes déficitaires
(retraite, maladie etc.. ) le sont essentiellement en raison
des systèmes bénéficiant à des nationaux
ayant très peu de chance d'être d'origines étrangères
ou immigré : retraite des agriculteurs, caisse bénéficiant
aux fonctionnaires ou aux agents de l'Etat alors que le régime
général (excédentaire) est celui ou cotise
la plupart des immigrés ou étrangers.
L'une des
causes du chômage serait les emplois occupés par
les étrangers et immigrés. Outre la contradiction avec le paragraphe
précédent (on ne peut reprocher à la fois
aux immigrés d'être des oisifs et d'occuper trop
d'emplois !)
- Faux : le fait est que les
immigrés ont été recrutés massivement,
à l'initiative des entreprises françaises dans
les années 60, 70 et 80 pour occuper des emplois que les
Français ne pouvaient pas ou ne voulaient pas remplir
ou pour lesquels les employeurs souhaitaient une main d'uvre
docile et sous payée. Le discours actuel sur le nécessaire
recours à l'immigration pour combler le déficit
démographique européen est très parlant
à ce sujet.
B - La menace
identitaire
La crainte d'une
submersion, d'une perte de l'identité ou des pratiques
culturelles et sociales jusqu'ici dominante, justifierait-elle
le refus d'accepter certaines pratiques religieuses, culturelles
voire vestimentaires ?
C'est tout le
débat sur la laïcité.
Le droit à
la liberté de culte est reconnu dans notre constitution.
De quel droit
privilégierait-on certains de ces cultes au nom de l'identité
nationale (voire européenne), de l'antériorité
ou du fait qu'ils sont dominants ?
Il faut d'abord
qu'il y ait un certain paradoxe à s'opposer, par exemple,
à des constructions de mosquées, alors que de nombreux
lieux de culte sont sous employés voire désaffectés.
La baisse de
la pratique religieuse dans notre pays, les phénomènes
sectaires sont ou devraient être pour les défenseurs
des religions " en place ", des éléments
plus préoccupants que la légitime revendication
des pratiquants musulmans réclamant des conditions dignes
pour se rassembler et prier.
Ceci étant,
la laïcité est un combat et il convient de veiller
à ce que chacun reste dans sa sphère (vie privée,
vie publique) et que des prescriptions vestimentaires (port du
voile) ou alimentaires (nourriture hallal
) ne perturbent
pas le fonctionnement normal des services publiques ou sociaux
ou soient imposés contre leur gré à certains.
De même
on ne peut se réfugier derrière des pratiques religieuses
ou culturelles propres à des minorités pour justifier
des actes ou comportements non conformes à la loi républicaine
et aux droits de l'homme comme par exemple l'excision, la polygamie
ou les mariages forcés.
Il convient de
souligner que "l'identité" française
s'est depuis deux siècles fondée d'avantage sur
des valeurs de tolérance, d'intégration et de métissage
que sur la défense crispée d'une culture archaïque
et rétrograde, hormis à l'occasion d'épisodes
où cette mise en avant de l'identité française
a montré son visage peu reluisant (affaire Dreyfus, régime
de Vichy, résistance colonialiste durant la guerre d'Algérie
).