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  "Et si on s'la jouait fraternel ?!"
Semaines nationales d'éducation contre le racisme 2003

> Repères pour une éducation contre le racisme

I - QU'EST CE QUE LE RACISME ?

A - Le racisme sur le plan légal

La loi (française, mais aussi européenne et internationale) réprime le racisme et les discriminations.

Par exemple :

  • La Charte de Nations Unies adoptée le 7 mars 1966,
  • La Convention Européennes des Droits de l'Homme et des Libertés du 4 novembre 1950,
  • Le Traité de Rome (article 14) du 25 mars 1957.
  • La loi française :
    • Déclaration des Droits de l'Homme en 1789
    • Loi sur la presse en 1881
    • Loi du 1er juillet 1972

Globalement le racisme est réprimé au niveau des paroles, des écrits, des actes (insultes à caractère raciste, incitation à la haine raciale, discrimination raciale dans l'accès au travail, au logement, aux lieux publiques).

B - Définition du racisme

Le racisme, c'est le fait de stigmatiser, agresser (verbalement ou physiquement) une personne, de lui refuser un droit ou un avantage, de la persécuter, de la déporter ou de l'exterminer en raison de caractéristiques physiques, morales ou culturelles définissant l'appartenance à un groupe qualifié de race, ethnie ou culture.

A opposer à la xénophobie ou à l'intolérance.

  • Xénophobie : les mêmes comportements, actes, paroles ou écrits s'appuient sur l'appartenance à une nationalité, dont les caractéristiques (physiques, culturelles) peuvent être proches de celles de l'auteur : le mépris à l'égard des Belges qui ont des caractéristiques physiques, parlent la même langue et ont la même religion que des Français ou des Suisses.
  • Intolérance : les actes hostiles, voire les persécutions et massacres, sont liés à des croyances religieuses ou philosophiques différentes de celles de l'agresseur ou du persécuteur, là où les victimes ont toujours la possibilité d'abjurer leur foi, de se convertir, de taire ou cacher leurs opinions.

Le racisme se superpose à ces autres formes de discrimination.

C - Les bases pseudo "scientifiques" des théories racistes

Largement démenti par les études scientifiques sérieuses et récentes, le racisme pseudo scientifique ou plutôt la pseudoscience raciste, s'est longtemps appuyée sur la tentative de démonstration qu'il existerait des différences naturelles, innées, impossibles à compenser par l'éducation, l'influence du milieu ou les conditions de vie, entre des groupes humains classés en terme de race et caractérisés sur le plan physique par la couleur de la peau, la morphologie, la physionomie etc…

Toutes les études scientifiques et ethno historiques démontrent :

  • qu'il n'existe pas de barrières biologiques entre les différentes communautés humaines (nous appartenons à la même espèce) donc pas d'incompatibilité au niveau des transfusions sanguines, de la reproduction, des dons d'organes, de la transmission des maladies.
  • que tous les humains ont un patrimoine génétique commun à 99%.
  • que les cinq milliards d'êtres humains sont issus d'un même groupe originaire très probablement d'Afrique de l'Ouest, composé de quelques milliers d'individus (donc nous sommes tous cousins et tous africains !).
  • que si certaines compétences ou performances ont pu être développées par certains groupes en fonction du milieu où ils vivaient et de leur évolution culturelle, il n'y a aucune impossibilité pour d'autres groupes à acquérir et développer ces compétences ou performances dans un environnement identique, à une échelle de temps très rapide d'une ou de deux générations.

D - L'idéologie politique du racisme

S'appuyant sur ce "classement", ces théories fondées sur un "ordre" qui se voudrait naturel, établissent une hiérarchie entre les groupes humains, attribuent aux groupes considérés comme supérieurs, des droits sur les groupes inférieurs : droit d'exploiter leur territoire, leur force de travail, de les utiliser au combat, de les déplacer, de les exterminer.

Ce dernier paragraphe définit les idéologies racistes dont les conquêtes coloniales, l'esclavagisme, les théories nazies, la politique ségrégationniste aux Etats-Unis ou l'Apartheid en Afrique du Sud offrent quelques exemples de mise en pratique.

II - POURQUOI LE RACISME

Les arguments mis en avant pour justifier ou expliquer certaines formes de racisme ou de discrimination méritent d'être analysés et contrés. Par exemple, tels que :

  • remise en cause des naturalisations;
  • discriminations à l'embauche ou au logement;
  • expulsions;
  • surveillance accrue de certains groupes;
  • montée d'un sentiment diffus d'hostilité ou de rejet à l'égard de la population immigrée...

A - La menace économique

Motivé par l'attrait des conditions de vie dans notre pays, les aides multiples, la sécurité sociale "gratuite", l'afflux d'étrangers menacerait l'équilibre de nos systèmes sociaux et se ferait en défaveur des citoyens français dits de "souche" (terme qui mérite explications).

  • Faux : les régimes déficitaires (retraite, maladie etc.. ) le sont essentiellement en raison des systèmes bénéficiant à des nationaux ayant très peu de chance d'être d'origines étrangères ou immigré : retraite des agriculteurs, caisse bénéficiant aux fonctionnaires ou aux agents de l'Etat alors que le régime général (excédentaire) est celui ou cotise la plupart des immigrés ou étrangers.

L'une des causes du chômage serait les emplois occupés par les étrangers et immigrés. Outre la contradiction avec le paragraphe précédent (on ne peut reprocher à la fois aux immigrés d'être des oisifs et d'occuper trop d'emplois !)

  • Faux : le fait est que les immigrés ont été recrutés massivement, à l'initiative des entreprises françaises dans les années 60, 70 et 80 pour occuper des emplois que les Français ne pouvaient pas ou ne voulaient pas remplir ou pour lesquels les employeurs souhaitaient une main d'œuvre docile et sous payée. Le discours actuel sur le nécessaire recours à l'immigration pour combler le déficit démographique européen est très parlant à ce sujet.

B - La menace identitaire

La crainte d'une submersion, d'une perte de l'identité ou des pratiques culturelles et sociales jusqu'ici dominante, justifierait-elle le refus d'accepter certaines pratiques religieuses, culturelles voire vestimentaires ?

C'est tout le débat sur la laïcité.

Le droit à la liberté de culte est reconnu dans notre constitution.

De quel droit privilégierait-on certains de ces cultes au nom de l'identité nationale (voire européenne), de l'antériorité ou du fait qu'ils sont dominants ?

Il faut d'abord qu'il y ait un certain paradoxe à s'opposer, par exemple, à des constructions de mosquées, alors que de nombreux lieux de culte sont sous employés voire désaffectés.

La baisse de la pratique religieuse dans notre pays, les phénomènes sectaires sont ou devraient être pour les défenseurs des religions " en place ", des éléments plus préoccupants que la légitime revendication des pratiquants musulmans réclamant des conditions dignes pour se rassembler et prier.

Ceci étant, la laïcité est un combat et il convient de veiller à ce que chacun reste dans sa sphère (vie privée, vie publique) et que des prescriptions vestimentaires (port du voile) ou alimentaires (nourriture hallal…) ne perturbent pas le fonctionnement normal des services publiques ou sociaux ou soient imposés contre leur gré à certains.

De même on ne peut se réfugier derrière des pratiques religieuses ou culturelles propres à des minorités pour justifier des actes ou comportements non conformes à la loi républicaine et aux droits de l'homme comme par exemple l'excision, la polygamie ou les mariages forcés.

Il convient de souligner que "l'identité" française s'est depuis deux siècles fondée d'avantage sur des valeurs de tolérance, d'intégration et de métissage que sur la défense crispée d'une culture archaïque et rétrograde, hormis à l'occasion d'épisodes où cette mise en avant de l'identité française a montré son visage peu reluisant (affaire Dreyfus, régime de Vichy, résistance colonialiste durant la guerre d'Algérie…).

 

 

 

 

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