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Hautes-Alpes
Semaines nationales d'éducation contre le racisme 2004

> "Et si on s'la jouait fraternel ?!"


> REPERES POUR UNE EDUCATION CONTRE LE RACISME

 

1 - Définition du racisme


Le racisme, est le fait de stigmatiser, agresser (verbalement ou physiquement) une personne, de lui refuser un droit ou un avantage, de la persécuter, de la déporter ou de l'exterminer en raison de caractéristiques physiques, morales ou culturelles définissant l'appartenance à un groupe qualifié de race, ethnie ou culture.


2 - Le racisme au regard de la loi


La justice française protège les individus et les groupes. Il ne faut pas hésiter à s'en servir.

  • Exemple : Un patron de bar qui refuse de servir un Maghrébin, le videur d'une boîte qui ne laisse pas entrer un ou l'employeur qui vous dit "ça va pas être possible", à cause de votre "nom étranger" : tous sont passibles des tribunaux.

  • En vertu du nouveau code pénal, adopté en 1994. Personne n'est au-dessus des lois.

  • Un maire qui interdit à des enfants l'accès à la cantine en raison de leur nationalité risque deux ans de prison et 30.500 € d'amende.

  • Si c'est un policier qui se montre raciste, les peines grimpent à trois ans et 45.700 €. Les personnes ne sont pas les seules concernées: administrations et entreprises peuvent être sanctionnées.

  • La loi réprime aussi le racisme de certains discours politiques. Quand un candidat aux élections diffuse un tract contre les immigrés, on peut saisir la justice pour faire interdire sa distribution. Même chose pour les journaux ou les affiches.

  • La diffamation et l'injure publique sont condamnables. Celui qui profère des insultes "sale nègre", "sale juif ", etc.) ou des jugements du style "les gitans sont tous des voleurs" tombe sous le coup de la loi. La justice ne protège pas seulement les individus, mais aussi les "groupes de personnes", les communautés.

  • Enfin, ceux qui tentent de justifier les crimes contre l'humanité, ou qui les nient, notamment les crimes nazis, peuvent encourir de un à cinq ans de prison et risquent de payer jusqu'à 300 000 F d'amende.


La législation française permet de se défendre contre toutes les formes de racisme. Mais il a fallu beaucoup de temps pour la mettre en place...

  • La première loi prévoyant des sanctions contre tous les actes racistes n'a été votée qu'en 1972. Elle a été complétée par la loi Gayssot de 1990 et par le code pénal de 1994.

  • Ces lois permettent de faire respecter les principes de la Constitution française et ceux de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui, dès 1789, affirmait: "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".

  • Dépôt de plainte : Quand on est victime d'un acte raciste, il faut porter plainte, soit directement auprès du procureur de la République, soit auprès de la police ou de la gendarmerie. Et faire vite. Après trois mois, les écrits ou les propos racistes ne peuvent plus faire l'objet de poursuites. La plainte déposée, il faut des preuves. Pensez à collecter toutes les traces possibles: papiers. photos, enregistrements. Et demandez aux personnes présentes de témoigner, si l'on assiste soi-même à un acte de racisme, il ne faut pas hésiter à se porter témoin, voire à inciter la victime à porter plainte si elle n'ose pas le faire.

  • En cas de difficultés : adressez-vous aux associations antiracistes, qui sont là pour vous aider.

  • La justice européenne : Plus sévère, la législation européenne contre les discriminations raciales est obligatoire, en France, depuis le 19 juillet 2003. Elle introduit la notion de discrimination "déguisée". Celle-ci apparaît quand un "critère ou une pratique apparemment neutre est susceptible d'entraîner un désavantage pour une personne d'une origine ethnique donnée". Le texte européen prend en compte les discriminations intervenant autant dans le secteur privé que public. Et ce, dans divers domaines : l'emploi, l'orientation professionnelle, le logement, la protection sociale,… Dans le cadre du droit européen, toute personne (européenne ou non) peut saisir la cour européenne des droits de l'homme quand elle a épuisé toutes les voies de recours devant les tribunaux français. Elle peut aussi aller devant le tribunal de première instance de la Cour de justice des communautés européennes.


3 - Le racisme au regard de la science

  • Les "races" humaines n'existent pas :

    Les théories racistes jouent sur un malentendu en prétendant que les différents groupes humains correspondent à une différence de "nature", c'est-à-dire biologique.
    Or, diverses études scientifiques prouvent que tous les êtres humains ont les mêmes ancêtres, et le même système génétique.
    C'est ce qui permet d'ailleurs de pratiquer des transfusions sanguines entre individus du même groupe... sanguin, quelle que soit la couleur de leur peau !

  • La génétique progresse, la notion de race régresse :

    La famille génétique, donc, "raciale", de tous les êtres humains est unique, mais la variété des patrimoines génétiques est, elle, infinie. "Quand, au début du siècle, on a découvert que les êtres humains avaient, des caractères génétiques - explique André Langaney, généticien au musée de l'Homme - des anthropologues sont partis à la recherche de gènes qui définiraient les Noirs, les Jaunes, les Blancs, et surprise pour eux, les Noirs, les Blancs et les Jaunes avaient le même groupe sanguin. Depuis, on a découvert des milliers d'autres systèmes génétiques. Ils ont en commun, pour 80 à 90 % d'entre eux, d'avoir une énorme diversité entre les individus d'une même population, ce qui explique les difficultés de compatibilité entre les greffes d'organes. .."
    Toutes les tentatives scientifiques de classement génétique des humains par races n'ont jamais abouti.

  • Des ancêtres communs, des trajectoires et des aspects multiples :

    Les lieux de vie ont eu, au :cours des millénaires, une influence sur la couleur de la peau des hommes. La pigmentation foncée protège contre le fort ensoleillement des régions tropicales. À l'inverse, les peaux claires des régions nordiques sont mieux armées pour "fabriquer" la vitamine D, dont le corps a besoin, à partir des faibles rayons de soleil. Grand et mince dans les régions désertiques chaudes, plutôt de taille moyenne dans les savanes ou les prairies tempérées, le corps humain s'est adapté à son environnement.
    Mais cette évolution s'est accomplie sur des dizaines de milliers d'années, durant lesquelles les groupes humains ont aussi été en contact les uns avec les autres, mêlant peu à peu leurs gènes...

  • Le succès du mot "race" repose sur un malentendu :

    Tous les êtres humains ne se ressemblent pas. Qu'elles soient physiques ou culturelles, les différences existent, et cette diversité fait la richesse de l'humanité.
    Les théories racistes jouent sur un malentendu, faisant de ces différences un critère scientifique de classification raciale.
    Dans le même esprit, certains s'efforcent de trouver le gène de l'agressivité ou de l'intelligence... Mais de nombreux travaux, comme ceux du Dr Henri Laborit, ont montré que ce ne sont pas les gènes qui déterminent la personnalité d'un individu, mais ce qu'il a vécu, ressenti, appris depuis sa naissance.

  • La "pureté du sang", inventée pour détruire :

    En 1449, en Espagne, sous l'influence de l'Inquisition, la municipalité de Tolède invente la notion de "pureté du sang". Objectif interdire aux Juifs diverses charges municipales et religieuses. Dès la fin du XV° siècle, Juifs et Maures sont traqués et chassés du royaume, leurs biens confisqués. "II s'agissait là, non plus d'une forme de xénophobie, d'une haine à l'égard d'un peuple extérieur à son territoire, mais de la haine à l'égard de certains habitants du pays, quels que soient leurs choix culturels ou religieux, mais parce que leur origine- leur "sang" -n'était pas considérée comme pure".


4-Quelques arguments pour combattre le racisme

  • Sur la notion de race :

    " L'étranger appartient à une autre race. Les races sont différentes donc inégales et certaines sont inférieures "
    Les plus grands généticiens et anthropologues ont démontré que le concept de race était scientifiquement faux. Chaque être humain est unique. Et les ressemblances et différences morphotypiques qui existent entre tous se déclinent, s'entrelacent plus qu'elles ne permettent de définir de manière tranchée des groupes ethniques. Au mieux il est possible de parler de groupes, mais qui sont caractérisés par des différences socioculturelles (mode de vie, traditions, coutumes), c'est-à-dire la façon dont ils se sont organisés pour vivre ensemble, en société, que par des caractères prétendument héréditaires.

  • Sur l'identité nationale :

    " Les étrangers vont dissoudre l'identité française "
    La nation française n'est pas une communauté de sang, mais une communauté de destin, fondée sur un " vouloir vivre ensemble ".
    Il n'y a pas de race française, pas plus que l'on ne peut parler de " Français de souche " puisque la France, telle que nous la connaissons est le fruit des différentes vagues d'immigration et d'un brassage des populations. 1 Français sur 4 a un grand parent immigré.
    Les populations arabes, bouc - émissaire préféré du raciste, ont aussi fait de la culture occidentale ce qu'elle est (nombres, algèbre, géométrie, médecine, astronomie).

  • Sur les flux migratoires :

    " Il y a six millions et demi d'étrangers en France "
    Les chiffres de l'immigration sont la proie à de multiples fantasmes, à des estimations parfois fantaisistes. Le Raciste se plait à entretenir le trouble en jouant de la confusion entre étrangers et immigrés. Un immigré n'est pas forcément étranger. Il peut avoir acquis la nationalité française. De même qu'un enfant né de parents étrangers en France est Français. Il y a aujourd'hui selon l'Institut National d'Etudes Démographiques 3,6 millions d'étrangers en France.

  • Sur le coût de l'immigration :

    " L'immigration coûte de l'argent à l'économie française "
    Les étrangers sont des consommateurs, ils participent donc à l'économie du pays. S'ils partaient, la demande intérieure diminuerait. Ce qui aurait des conséquences catastrophiques sur le commerce et l'industrie, donc sur l'emploi des Français en général.
    Par ailleurs, tous les étrangers qui vivent en France s'acquittent de tous les impôts payés par les Français. Ils participent ainsi à la solidarité nationale alors qu'ils ne jouissent pas des mêmes droits que les Français : s'ils ont les mêmes droits sociaux, ils n'ont pas de droits politiques.

  • Sur l'emploi :

    " 3 millions d'étrangers = 3 millions de chômeurs "
    Déjà sur les 3,6 millions d'étrangers vivant en France, seuls 1,6 millions sont des actifs.Parmi eux de nombreux ressortissants de l'Union Européenne qui viennent contrebalancer le choix qu'ont fait certains Français de travailler à l'étranger.

    " Les étrangers prennent l'emploi des Français. Les emplois tenus par les immigrés pourraient être pourvus par des Français au chômage "
    Pendant longtemps, les étrangers sont venus en France car on les a fait venir. Notre économie avait alors besoin de main d'œuvre. Aujourd'hui force est de constater qu'ils occupent pour la plupart des emplois dont les Français ne voudraient pas forcément : travaux non qualifiés, mal payés, dangereux (ils subissent 2 fois plus d'accidents du travail que la moyenne) ou bien des emplois de très haute qualifications dont la France a besoin mais qu'elle n'arrive pas à pourvoir.

  • Sur la protection sociale :

    " Les immigrés reçoivent plus d'allocations ou de remboursement qu'ils ne versent de cotisations à la sécurité sociale. Ils profitent du système "
    Cette affirmation relève des fantasmes véhiculés par l'extrême droite. Si l'on regarde sérieusement les équilibres des caisses de sécurité sociale, on s'aperçoit que si les étrangers perçoivent plus d'allocations familiales que les Français, ils reçoivent par contre moins d'allocations vieillesse et moins de prestations maladies. Au total les équilibres sociaux sont les mêmes entre Français et étrangers.

  • Sur la prétendue baisse du niveau scolaire :

    " A l'école, les enfants d'immigrés font chuter la moyenne et prendre du retard aux autres élèves "
    Ce n'est pas l'origine mais le milieu social qui conditionne la réussite scolaire des enfant. Si l'on compare les résultats obtenus par des élèves français et d'origine étrangère issus de milieux comparables(dont les parents jouissent des mêmes diplômes et revenus), leurs résultas sont les mêmes.



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