Lectures d'enfance
:
apports et enjeux de la littérature jeunesse
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Cette journée
de formation-rencontre autour de la littérature jeunesse
était la première d'une série que nous espérons
longue. Plutôt que de sérier un domaine très
précis (un auteur, un éditeur, un thème,
un type d'ouvrage, la pratique de la lecture à haute voix,
les différentes animations possibles
), nous avons
préféré dans un premier temps organiser
une rencontre large autour des apports et enjeux de la littérature
jeunesse, qui certes ne fera qu'effleurer les multiples questions
qui s'y rapportent, mais nous permettra de mieux identifier les
attendus de chacun.
Préférence
a été donnée pour cette après-midi
à la discussion, l'échange d'informations, de points
de vue, d'expériences, plutôt qu'à une suite
d'interventions qui, aussi intéressantes qu'elles soient,
n'auraient peut-être pas eu la même répercussion
sur le vécu des participants.
Cette table ronde a permis des approches croisées sur
le livre, la lecture, les lecteurs, par les professionnels du
livre, les parents, les jeunes.
Prenaient
part à cette discussion : Pierre Bastien -psychologue scolaire-,
Dominique Crosetto -animatrice du livre-, Nathalie Dugué
-secteur jeunesse à la BM de Gap-, Mme Lamy -directrice
de la BDP des Hautes-Alpes-, Christine Maclet -conservateur de
la BM de Gap-, ainsi que des responsables de bibliothèques
rurales, des bénévoles d'animations lecture et
des enseignants. Il nous manquait autour de cette table un représentant
des libraires spécialisés jeunesse qui aurait pu
nous apporter, outre sa vision propre, celle de parents sensibilisés
à la littérature jeunesse mais non professionnels.
Le thème
qui nous réunissait " Apports et enjeux de la littérature
jeunesse " ne pouvait s'entendre que par une approche transversale des questions de production
(notions de qualité, de créativité, de produit
culturel, le poids des " petits éditeurs "),
de publics (les tendances actuelles, la sectorisation
),
des thèmes, du choix (des prescripteurs, des enfants),
de l'acte de lecture.
Toutes ces questions amènent à d'autres réflexions
: la littérature jeunesse existe-t-elle ? qu'est-ce que
le plaisir de lire ?
En introduction
au débat, deux citations :
- Nicole Robine
écrit dans Lire des livres en France des années
1930 à 2000 :
" [
] Le plaisir de lire est à la fois :
- une norme scolaire, puisque l'école sélectionne
sur la capacité de lecture et de compréhension
des textes écrits qui conditionnent le plaisir de lire
;
- une norme sociale instituée par la classe dominante
à laquelle appartiennent les enseignants, les professionnels
du livre et les chercheurs.
" Dans le plaisir de lire, entre la conscience d'appartenir
à une élite. Il s'agit d'un indice de reconnaissance
sociale[
]
" Norme sociale, le plaisir de lire est utilisé comme
un nouveau clivage entre les classes sociales. Cette norme permet
de réintroduire les exclusions de façon beaucoup
plus subtile.
" Le discours sur le plaisir de lire est essentiellement
élitiste.
" [
] Ceux qui parlent de plaisir de lire le dénient
aux lecteurs qui se délectent des "mauvais genres"
de la littérature industrielle des Éditions Harlequin
ou Media 1000. "
- En 1997, à
la veille du lancement de sa maison d'édition Rue du Monde,
Alain Serres dit de son projet que " c'est un projet
modeste mais déterminé où auteurs et illustrateurs
pourront se moquer du monde là où il le mérite,
le montrer du doigt là où il irrite et parler tendresse
là où il émeut. " Et déclare
" C'est dans très peu de livres aujourd'hui que
les enfants peuvent réfléchir autour des idées
toutes faites, du racisme, de la violence, de l'argent
" Les images positives de remise en cause, de solidarité,
de rêve social sont rares. L'impertinence s'use sur des
projets vendeurs et le documentaire parascolaire est le refuge
économique des gros éditeurs.
" Il nous faut au contraire prendre la vie, toute la vie,
à bras le corps dans les livres que l'on donne à
lire aux enfants, vivifier notre mémoire historique, notre
rapport à la science, à l'imaginaire collectif
ou individuel. En un mot développer un autre rapport au
monde, critique, lucide et imaginatif. "
Les apports
de la littérature jeunesse
Il semble évident,
de part le vécu et les expériences des participants
et intervenants de la table ronde que les attentes liées
à la littérature jeunesse sont totalement différentes
selon que les prescripteurs se situent dans la sphère
parentale ou professionnelle du livre.
L'enfant et
l'adulte
Pour Pierre Bastien,
du fait de l'évolution des modes de vie de nos sociétés
occidentales, le livre -et le temps de lecture- reste un des
moyens privilégiés de rencontre entre parents et
enfants, et ce temps ne doit pas être limité aux
seules années pendant lesquelles l'enfant n'a pas les
connaissances suffisantes pour assurer la lecture par lui-même.
Bibliothécaires et enseignants constatent en effet que
si la majorité des parents de jeunes enfants ont bien
conscience de nos jours de l'importance des temps de lecture
et d'échanges autour du livre, ils ont tendance à
considérer qu'à partir du CE1, voire du CP, leur
intervention n'est plus nécessaire puisque l'enfant est
censé savoir lire. D'où le fossé que beaucoup
constatent à partir de 6-7 ans : la lecture devient alors
pour les parents quelque chose de " sérieux ",
qui demande une éducation spécifique.
Plus grave même,
Nathalie Dugué se dit être souvent confrontée
au fait que le passage à l'école primaire entraîne
chez certains adultes un rejet des ouvrages considérés
comme trop simples : pas assez de texte - ou pas de texte du
tout -, une mise en page ou un format album, et voilà
des livres qui peuvent être mis à l'index parce
qu'il " n'y a rien à lire " ou que ce type d'ouvrage
est " pour les petits qui ne savent pas lire ". Sous-entendus
: " Tu es grand(e), tu sais lire [ou tu apprends à
lire], tu dois donc prendre des livres "sérieux."
C'est comme si, passé la porte de la " grande "
école, la lecture plaisir ne devait plus exister ; comme
si le bonheur d'entendre lire par un autre, de se retrouver autour
d'un livre était dénié, n'avait aucun sens
pour celui qui " sait " lire. Refuse-t-on à
un enfant d'écouter de la musique sous prétexte
qu'il joue d'un instrument ?
ce serait même plutôt
le contraire !
Mme Lamy insiste
sur le fait qu'il faut laisser même les plus jeunes choisir
par eux-mêmes : " Ils ont un goût très
sûr " et rappelle pour mémoire les articles
de Marie Bonnafé sur ce thème.
Paradoxalement,
Christine Maclet constate que les séances de conte en
bibliothèque (la traditionnelle heure du conte) voient
de plus en plus d'auditeurs adultes, accompagnant ou non des
enfants. Il existe donc bien une attente, sinon un besoin exprimé.
La lecture à haute voix est également de plus en
plus prisée parmi les spectacles destinés aux adultes.
Alors, où se trouve la cassure ? Pourquoi la lecture est-elle
soumise à ce traitement si particulier ? Les discours
alarmistes sur l'illettrisme en France sont-ils responsables
de cette fuite en avant, de ce besoin d'élitisme ou considéré
comme tel ?
Le savoir-lire,
parce que considéré à juste titre comme
indispensable dans nos sociétés, doit-il être
obtenu de haute lutte, annihilant ainsi tout réel plaisir
de la langue chez les plus jeunes ? En contre partie, le plaisir
de lire pour les autres ne relève-t-il que d'un don ou
d'un apprentissage superfétatoire, envisageable uniquement
pour ceux qui peuvent " se le permettre " ? La lecture
à haute voix et le plaisir d'entendre lire ne sont-ils
concevables que dans une dimension spectacle ?
L'enfant et
la lecture
Lire s'apprend,
c'est un fait que personne ne viendra contredire. Cet apprentissage,
cette éducation passe, pour beaucoup de parents, obligatoirement
et quasi-exclusivement par l'école. Or pour les enseignants,
la responsabilité de l'enseignement de la lecture est
celle de tous les adultes, à des niveaux différents
et selon un schéma qui rend complémentaire toutes
ces actions.
Un enfant n'apprend
pas à lire au CP, pas plus qu'à 2 ans à
son entrée en maternelle, mais dès qu'il est capable
de percevoir l'objet-livre. Tout contact, qu'il soit physique
ou visuel, avec le livre est en soit une approche sensorielle
de la lecture, par le toucher, la vue, l'ouie, l'odorat
Une approche essentielle car l'enfant aura déjà
fait la connaissance, parfois la conquête, de cet objet
avant sa confrontation à l'apprentissage de la lecture.
Et le livre ne sera plus un ennemi qu'il faut dominer, mais un
ami, un complice, qui apporte.
Quel que soit
la (ou les) méthode(s) utilisée(s) par l'enseignant,
apprendre demande un effort de la part de l'apprenant - c'est
un des traits de notre culture - et lorsque cet effort porte
ces fruits, les parents sont légitimement fiers des nouveaux
acquis de leur enfant. Et là réside un autre risque
: celui de demander toujours plus. Toujours plus d'effort -lire
plus vite, plus long, plus compliqué - sans avoir la possibilité
de revenir en arrière et de s'offrir le plaisir (le luxe
?) d'une relecture.
Pierre Bastien
rappelle que lire ne signifie pas découvrir à toute
force des textes nouveaux ; la relecture, qui est aussi une nouvelle
lecture, est nécessaire pour ce qu'elle apporte de compréhension,
de subtilité, de non-dit. Elle est aussi nécessaire
pour arriver à une certaine automatisation du découpage
du récit, à une certaine aisance avec l'art de
la narration et de l'écriture, propre à forger
un esprit critique.
Pour les enseignants
et animateurs du livre, les effets de la lecture sur l'évolution
du langage et de la syntaxe parlée ou écrite sont
évidents. Les enfants, comme les adultes, apprécient
de découvrir des mots nouveaux, des tournures de phrases
particulières, et de pouvoir les réinvestir dans
leurs écrits, leurs jeux
Et la multiplication de
rencontres autour d'un livre, même sur le temps scolaire,
peuvent être de réels moments de plaisir lorsqu'elles
sont vécues comme autant de portes ouvertes sur la découverte.
Bien entendu,
cette approche des lectures dites faciles ne pouvait laisser
de côté les bandes dessinées, sujet de tant
de discussions. La bande dessinée a été
longtemps l'objet de regards réprobateurs, lecture jugée
facile et sans intérêt.
Certains adultes
se posent encore la question alors que d'autres plongent avec
délices dans le monde des vignettes et des bulles. Bibliothécaires
et animateurs sont unanimes à penser que, quoique puisse
laisser paraître la mise en page des bandes dessinées
et l'importance prise par les illustrations, il ne s'agit pas,
pour la plupart d'entre elles, de lectures " faciles ".
L'interaction
entre le texte et l'image entraîne à une autre lecture
que celle d'un album ou d'un roman : le texte ne peut se comprendre
sans l'image et l'image ne peut se lire -car il s'agit bien de
lecture- sans le texte.
Dominique Crosetto
estime que même lorsqu'il s'agit uniquement de suite de
saynètes d'une page ou de gags de quelques vignettes,
la bande dessinée peut amener à un emprunt de la
part d'enfants ou d'adultes en difficulté de lecture,
emprunt qui n'aurait pas lieu avec un ouvrage plus classique.
Elle a donc bien pour elle cette ouverture possible vers le monde
des livres.
L'enfant et
les autres, l'enfant et le monde
Le livre est
un objet différent du jouet car il permet aussi une autre
relation avec l'adulte ; un adulte qui sait, certes, mais aussi
un adulte qui transmet, qui permet une relation à la culture.
Un adulte qui est là comme médiateur, pour écouter,
expliquer s'il le peut, dialoguer toujours.
Mais le livre
permet aussi d'aller au devant de l'autre, au devant du monde
sans pour autant passer par l'intermédiaire d'un adulte.
Il permet de conserver une certaine intimité avec soi-même
et de ne faire appel -pas toujours facilement décelable-
à l'adulte que lorsque l'enfant le désire.
Il est un formidable outil d'ouverture sur le monde, de prise
de conscience des enjeux de la citoyenneté planétaire.
Ceux et celles
qui s'adonnent avec plaisir au partage d'une lecture vérifient
régulièrement que cette action suscite également
des contacts avec d'autres adultes -que ce soit pendant ou en
dehors de ces temps de lecture- : de nouvelles relations humaines
sont ainsi possibles.
Les enjeux
de la littérature jeunesse
La production
annuelle de nouveaux titres en France prouve bien l'existence
d'un enjeu commercial. Les titres des journaux et revues notamment,
se font accrocheurs : Je lis déjà, J'aime lire,
Mon Quotidien, Actualités juniors
en disent long
sur les facultés qu'ils octroient à leurs jeunes
lecteurs et aux sentiments qu'ils souhaitent provoquer chez les
parents.
Pour autant,
ce " déferlement " est-il synonyme de qualité
? Qu'entent-on par " qualité " ? Quelles tendances
se dégagent de la production de ces dernières années
? La créativité des " petits éditeurs
" est-elle toujours d'actualité, pour quel public,
et comment est-elle ressentie ?
La production
récente
Les expériences
de tout un chacun autour de la table se recentrent beaucoup plus
sur les albums que sur les ouvrages dits de " premières
lectures ". Il est vrai que le domaine des albums a énormément
évolué depuis quelques années et que de
beaucoup d'efforts ont été faits pour le dynamiser.
Formats, découpes, illustrations, procédés
d'impression, sujets et textes bien entendu, ont fait l'objet
de maintes innovations et prises de risques de la part de maisons
d'édition. Les efforts de recherche et de créativité
sont moins évidents dans les autres domaines.
Il apparaît pourtant que certains reprochent à ces
mêmes éditeurs, alors qu'ils semblent enfin faire
partie du paysage éditorial français, de pousser
à outrance leurs expériences et de publier des
ouvrages pour " se faire plaisir " ou faire plaisir
aux adultes, mais où les enfants ne se retrouvent pas.
Pour prendre
l'exemple des Éditions du Rouergue, certains enseignants
et bibliothécaires trouvent la plupart des ouvrages, mis
à part le célèbre Jojo la mache, d'approche
difficile, nécessitant une gymnastique de l'esprit que
les enfants ne possèdent pas. Faux, répondent d'autres
participants qui ont travaillé avec des enfants sur plusieurs
albums, d'Olivier Douzou notamment, et qui ont constaté
que si l'approche n'est pas immédiate, les livres ne sont
pas déconcertants pour autant. Mieux même, ces approches,
peut-être parce que moins immédiates mais non hermétiques,
sont particulièrement riches de réflexions et porteuses
de demandes nouvelles, concernant tant l'auteur que le style
ou les thèmes abordés.
Parallèlement
aux nouveaux titres, des enseignants ont constaté que
d'anciens ouvrages datant de plusieurs années, voire décennies
comme les Albums du Père Castor, que nous avons tendance,
en tant qu'adultes, à reléguer aux fonds des étagères,
sont appréciés et demandés des plus jeunes.
Toute la question du choix se retrouve entre ces deux attitudes.
Aucun choix n'est totalement objectif ; nous sommes toujours
dépendant de notre vécu et de notre regard. Nous
souhaitons toujours plus et mieux, mais ces superlatifs ne s'accordent
pas automatiquement avec les désirs de ceux à qui
nous les destinons.
Dans le même
ordre d'idée, une responsable de bibliothèque de
rue insiste sur le fait que des enfants en difficulté,
mal installés dans leur environnement quotidien se retournent
instinctivement vers les ouvrages aux illustrations très
précises, aux contours bien définis : un choix
peut-être différent du nôtre, qui peut s'expliquer
par un besoin rassurant de se trouver en territoire sinon connu,
du moins facilement identifiable.
Ainsi donc, de
quel droit décider qu'un ouvrage est mieux qu'un autre,
davantage pour une tranche d'âge qu'une autre ? Pourquoi
dénier à un jeune lecteur la réalité
du plaisir de lire sous prétexte que l'intrigue est inintéressante,
que les personnages sont trop conventionnels ou que tous les
titres de la série se ressemblent ? Un petit retour en
arrière replongerait sans doute beaucoup d'entre nous
dans les délices d'un Club des Cinq, d'un Journal de Mickey
ou d'un Babar.
En ce qui concerne
les tendances chez les éditeurs, mis à part quelques
sujets inépuisables comme les animaux, elles suivent souvent
une certaine mode -au même titre que l'édition en
général- : il y eut un temps pour les monstres,
un temps pour les premiers hommes et les dinosaures (autres monstres
?), un temps pour le sport, le vécu des tout-petits, l'histoire
; depuis peu, nous trouvons dans les rayons de nouveautés
beaucoup de titres sur l'art, la notion de citoyenneté,
la violence (qu'elle s'exerce à l'encontre des enfants
ou qu'elle en émane)
Certains éditeurs se
spécialisent, se cantonnent plus ou moins dans un filon,
exploitent toutes les potentialités d'un personnage
Le droit de
regard
Question également
récurrente : quelle place donner aux professionnels et
animateurs du livre dans la relation au livre ? Ou, autrement
dit, a-t-on le droit d'exercer une censure par rapport aux demandes
d'un enfant ou de parents, a-t-on le droit d'exclure des ouvrages
des choix proposés ?
En ce qui concerne
le choix de livres destinés à être lus à
haute voix par une personne ; la réponse est unanime,
nous ne pouvons lire avec plaisir, et donc " bien "
lire, que des textes avec lesquels nous sommes à l'aise.
Et si nous devons
accepter que chaque génération ait ses propres
repères, que les mentalités évoluent et
qu'il faille " vivre avec son temps ", rien n'empêche
un bénévole de se refuser à lire un ouvrage
dont le langage par exemple le choque profondément. Une
explication simple, mais vraie, sur son refus permet aussi le
respect de l'autre.
A contrario,
professionnels et bénévoles sont pratiquement d'accord
sur le fait qu'il faut essayer de répondre le plus franchement
possible, mais sans aller au-delà, aux questions posées
directement par les enfants, même -surtout- si l'on est
conscient du fait qu'ils n'auraient pas formulé cette
même demande envers l'entourage familial.
Pour le choix
des ouvrages laissés en accès libre aux enfants,
les réponses sont plus nuancées. La loi de 1949
sur la littérature destinée aux enfants et aux
jeunes exclue pratiquement d'elle-même tout ouvrage licencieux.
Reste alors la
question de la subjectivité du choix. Les bibliothèques
sont seules à être confrontées en masse à
ce choix. La question financière étant alors prépondérante,
lorsque le panel des thèmes et des âges n'est plus
le principal critère, ce choix s'oriente généralement
sur des titres moins susceptibles d'être achetés
par les parents.
Pour autant,
les achats en réponse à des " modes "
ne sont pas exclus, le propre d'une bibliothèque publique
étant également de mettre à la disposition
de tous un maximum de documents propres à susciter une
envie de lire. C'est ainsi que l'on a pu trouver il y a quelques
années nombres d'ouvrages bâtis sur le principe
du " livre dont vous êtes le héros ",
mais peu d'exemplaires d'adaptation à la Disney.
Pour la BDP,
qui dessert les bibliothèques rurales du département,
la question du choix est encore plus cruciale puisque n'ayant
pratiquement aucun contact direct avec les lecteurs. Tout repose
alors sur les acquis d'expériences précédentes
des responsables de secteur et les responsables des bibliothèques
relais, bien souvent eux-mêmes bénévoles.
En guise de
conclusion
Face au vaste
champ des possibilités offertes par l'animation en littérature
jeunesse, nous avons souhaité conclure cette journée
-mais non les débats- par cette question : Quel rôle
pouvons-nous, aimerions-nous jouer ? Quelles actions avons-nous
envie de mettre en place ?
Un tour de table
qui a permis à chacun de faire part des ses souhaits,
de ses rêves
Côté
bibliothèque, les responsables regrettent de ne pas avoir
le temps matériel pour aborder l'ensemble de ces réflexions
avec les parents et les enfants qui fréquentent les lieux
et partager de tels moments. La bibliothèque ne devrait
pas être uniquement un lieu où l'on vient lire ou
emprunter des livres, mais aussi un lieu où l'on puisse
discuter, dialoguer, s'éduquer sans crainte de gêner
les autres.
Pour la BDP,
le souhait est différent. La formation des bénévoles
et responsables des bibliothèques rurales, leur mise en
réseau et l'aide à l'animation avec d'autres structures
sont autant de points qui font déjà fait l'objet
de réflexions et qui nécessitent de mobiliser l'ensemble
des professionnels et animateurs du livre. Le milieu rural ne
doit pas être considéré comme arriéré
en matière de lecture -le milieu agricole est d'ailleurs
le premier lectorat des journaux- mais pour ne pas être
le parent pauvre de la culture et de la lecture il a besoin de
structures qui l'aident à tirer profit de ses potentialités.
BM de Gap et
BDP sont intéressées par la mise en place d'un
comité de lecture, au moins dans un premier temps sur
le bassin gapençais, qui réunirait professionnels,
animateurs et bénévoles du livre jeunesse.
Christine Maclet propose également une visite des fonds
anciens de la BM de Gap en relation avec l'histoire de la littérature
jeunesse. Visite qui pourrait être complétée
par une présentation par la BDP d'ouvrages destinés
à la jeunesse datant du milieu du XXe siècle.
Côté
bénévoles et enseignants, les souhaits sont multiples
:
- investissement
vers d'autres publics : handicapés, personnes âgées
;
- organisation
de venue d'écrivains et d'illustrateurs ;
- création
d'animations autour de la lecture, dans et hors les murs des
bibliothèques ;
- mise en relation
avec d'autres pratiques culturelles ;
Tout cela enrichi
et supporté par :
- des relations
plus étroites entre animateurs, bénévoles
et enseignants ;
- des stages de
formation sur la connaissance des auteurs, la lecture à
haute voix (certains enseignants souhaitent une réflexion
sur les possibilités en formation continue) ;
- des participations
et visites de salons
Autant de souhaits,
pour la plupart réalisables à plus ou moins long
terme, qui nous promettent de nombreuses autres rencontres.