Lire et Faire Lire

> Formation des bénévoles

Synthèse de la table-ronde du 20 mars 2002 à Tallard

Lectures d'enfance :
apports et enjeux de la littérature jeunesse
*******************************************

Cette journée de formation-rencontre autour de la littérature jeunesse était la première d'une série que nous espérons longue. Plutôt que de sérier un domaine très précis (un auteur, un éditeur, un thème, un type d'ouvrage, la pratique de la lecture à haute voix, les différentes animations possibles…), nous avons préféré dans un premier temps organiser une rencontre large autour des apports et enjeux de la littérature jeunesse, qui certes ne fera qu'effleurer les multiples questions qui s'y rapportent, mais nous permettra de mieux identifier les attendus de chacun.

Préférence a été donnée pour cette après-midi à la discussion, l'échange d'informations, de points de vue, d'expériences, plutôt qu'à une suite d'interventions qui, aussi intéressantes qu'elles soient, n'auraient peut-être pas eu la même répercussion sur le vécu des participants.
Cette table ronde a permis des approches croisées sur le livre, la lecture, les lecteurs, par les professionnels du livre, les parents, les jeunes.

Prenaient part à cette discussion : Pierre Bastien -psychologue scolaire-, Dominique Crosetto -animatrice du livre-, Nathalie Dugué -secteur jeunesse à la BM de Gap-, Mme Lamy -directrice de la BDP des Hautes-Alpes-, Christine Maclet -conservateur de la BM de Gap-, ainsi que des responsables de bibliothèques rurales, des bénévoles d'animations lecture et des enseignants. Il nous manquait autour de cette table un représentant des libraires spécialisés jeunesse qui aurait pu nous apporter, outre sa vision propre, celle de parents sensibilisés à la littérature jeunesse mais non professionnels.

Le thème qui nous réunissait " Apports et enjeux de la littérature jeunesse " ne pouvait s'entendre que par une approche transversale des questions de production (notions de qualité, de créativité, de produit culturel, le poids des " petits éditeurs "), de publics (les tendances actuelles, la sectorisation…), des thèmes, du choix (des prescripteurs, des enfants), de l'acte de lecture.


Toutes ces questions amènent à d'autres réflexions : la littérature jeunesse existe-t-elle ? qu'est-ce que le plaisir de lire ?

En introduction au débat, deux citations :

  • Nicole Robine écrit dans Lire des livres en France des années 1930 à 2000 :
    " […] Le plaisir de lire est à la fois :
    - une norme scolaire, puisque l'école sélectionne sur la capacité de lecture et de compréhension des textes écrits qui conditionnent le plaisir de lire ;
    - une norme sociale instituée par la classe dominante à laquelle appartiennent les enseignants, les professionnels du livre et les chercheurs.
    " Dans le plaisir de lire, entre la conscience d'appartenir à une élite. Il s'agit d'un indice de reconnaissance sociale[…]
    " Norme sociale, le plaisir de lire est utilisé comme un nouveau clivage entre les classes sociales. Cette norme permet de réintroduire les exclusions de façon beaucoup plus subtile.
    " Le discours sur le plaisir de lire est essentiellement élitiste.
    " […] Ceux qui parlent de plaisir de lire le dénient aux lecteurs qui se délectent des "mauvais genres" de la littérature industrielle des Éditions Harlequin ou Media 1000.
    "
  • En 1997, à la veille du lancement de sa maison d'édition Rue du Monde, Alain Serres dit de son projet que " c'est un projet modeste mais déterminé où auteurs et illustrateurs pourront se moquer du monde là où il le mérite, le montrer du doigt là où il irrite et parler tendresse là où il émeut. " Et déclare " C'est dans très peu de livres aujourd'hui que les enfants peuvent réfléchir autour des idées toutes faites, du racisme, de la violence, de l'argent…
    " Les images positives de remise en cause, de solidarité, de rêve social sont rares. L'impertinence s'use sur des projets vendeurs et le documentaire parascolaire est le refuge économique des gros éditeurs.
    " Il nous faut au contraire prendre la vie, toute la vie, à bras le corps dans les livres que l'on donne à lire aux enfants, vivifier notre mémoire historique, notre rapport à la science, à l'imaginaire collectif ou individuel. En un mot développer un autre rapport au monde, critique, lucide et imaginatif.
    "

Les apports de la littérature jeunesse

Il semble évident, de part le vécu et les expériences des participants et intervenants de la table ronde que les attentes liées à la littérature jeunesse sont totalement différentes selon que les prescripteurs se situent dans la sphère parentale ou professionnelle du livre.

L'enfant et l'adulte

Pour Pierre Bastien, du fait de l'évolution des modes de vie de nos sociétés occidentales, le livre -et le temps de lecture- reste un des moyens privilégiés de rencontre entre parents et enfants, et ce temps ne doit pas être limité aux seules années pendant lesquelles l'enfant n'a pas les connaissances suffisantes pour assurer la lecture par lui-même.
Bibliothécaires et enseignants constatent en effet que si la majorité des parents de jeunes enfants ont bien conscience de nos jours de l'importance des temps de lecture et d'échanges autour du livre, ils ont tendance à considérer qu'à partir du CE1, voire du CP, leur intervention n'est plus nécessaire puisque l'enfant est censé savoir lire. D'où le fossé que beaucoup constatent à partir de 6-7 ans : la lecture devient alors pour les parents quelque chose de " sérieux ", qui demande une éducation spécifique.

Plus grave même, Nathalie Dugué se dit être souvent confrontée au fait que le passage à l'école primaire entraîne chez certains adultes un rejet des ouvrages considérés comme trop simples : pas assez de texte - ou pas de texte du tout -, une mise en page ou un format album, et voilà des livres qui peuvent être mis à l'index parce qu'il " n'y a rien à lire " ou que ce type d'ouvrage est " pour les petits qui ne savent pas lire ". Sous-entendus : " Tu es grand(e), tu sais lire [ou tu apprends à lire], tu dois donc prendre des livres "sérieux." C'est comme si, passé la porte de la " grande " école, la lecture plaisir ne devait plus exister ; comme si le bonheur d'entendre lire par un autre, de se retrouver autour d'un livre était dénié, n'avait aucun sens pour celui qui " sait " lire. Refuse-t-on à un enfant d'écouter de la musique sous prétexte qu'il joue d'un instrument ? … ce serait même plutôt le contraire !

Mme Lamy insiste sur le fait qu'il faut laisser même les plus jeunes choisir par eux-mêmes : " Ils ont un goût très sûr " et rappelle pour mémoire les articles de Marie Bonnafé sur ce thème.

Paradoxalement, Christine Maclet constate que les séances de conte en bibliothèque (la traditionnelle heure du conte) voient de plus en plus d'auditeurs adultes, accompagnant ou non des enfants. Il existe donc bien une attente, sinon un besoin exprimé. La lecture à haute voix est également de plus en plus prisée parmi les spectacles destinés aux adultes. Alors, où se trouve la cassure ? Pourquoi la lecture est-elle soumise à ce traitement si particulier ? Les discours alarmistes sur l'illettrisme en France sont-ils responsables de cette fuite en avant, de ce besoin d'élitisme ou considéré comme tel ?

Le savoir-lire, parce que considéré à juste titre comme indispensable dans nos sociétés, doit-il être obtenu de haute lutte, annihilant ainsi tout réel plaisir de la langue chez les plus jeunes ? En contre partie, le plaisir de lire pour les autres ne relève-t-il que d'un don ou d'un apprentissage superfétatoire, envisageable uniquement pour ceux qui peuvent " se le permettre " ? La lecture à haute voix et le plaisir d'entendre lire ne sont-ils concevables que dans une dimension spectacle ?

L'enfant et la lecture

Lire s'apprend, c'est un fait que personne ne viendra contredire. Cet apprentissage, cette éducation passe, pour beaucoup de parents, obligatoirement et quasi-exclusivement par l'école. Or pour les enseignants, la responsabilité de l'enseignement de la lecture est celle de tous les adultes, à des niveaux différents et selon un schéma qui rend complémentaire toutes ces actions.

Un enfant n'apprend pas à lire au CP, pas plus qu'à 2 ans à son entrée en maternelle, mais dès qu'il est capable de percevoir l'objet-livre. Tout contact, qu'il soit physique ou visuel, avec le livre est en soit une approche sensorielle de la lecture, par le toucher, la vue, l'ouie, l'odorat… Une approche essentielle car l'enfant aura déjà fait la connaissance, parfois la conquête, de cet objet avant sa confrontation à l'apprentissage de la lecture. Et le livre ne sera plus un ennemi qu'il faut dominer, mais un ami, un complice, qui apporte.

Quel que soit la (ou les) méthode(s) utilisée(s) par l'enseignant, apprendre demande un effort de la part de l'apprenant - c'est un des traits de notre culture - et lorsque cet effort porte ces fruits, les parents sont légitimement fiers des nouveaux acquis de leur enfant. Et là réside un autre risque : celui de demander toujours plus. Toujours plus d'effort -lire plus vite, plus long, plus compliqué - sans avoir la possibilité de revenir en arrière et de s'offrir le plaisir (le luxe ?) d'une relecture.

Pierre Bastien rappelle que lire ne signifie pas découvrir à toute force des textes nouveaux ; la relecture, qui est aussi une nouvelle lecture, est nécessaire pour ce qu'elle apporte de compréhension, de subtilité, de non-dit. Elle est aussi nécessaire pour arriver à une certaine automatisation du découpage du récit, à une certaine aisance avec l'art de la narration et de l'écriture, propre à forger un esprit critique.

Pour les enseignants et animateurs du livre, les effets de la lecture sur l'évolution du langage et de la syntaxe parlée ou écrite sont évidents. Les enfants, comme les adultes, apprécient de découvrir des mots nouveaux, des tournures de phrases particulières, et de pouvoir les réinvestir dans leurs écrits, leurs jeux… Et la multiplication de rencontres autour d'un livre, même sur le temps scolaire, peuvent être de réels moments de plaisir lorsqu'elles sont vécues comme autant de portes ouvertes sur la découverte.

Bien entendu, cette approche des lectures dites faciles ne pouvait laisser de côté les bandes dessinées, sujet de tant de discussions. La bande dessinée a été longtemps l'objet de regards réprobateurs, lecture jugée facile et sans intérêt.

Certains adultes se posent encore la question alors que d'autres plongent avec délices dans le monde des vignettes et des bulles. Bibliothécaires et animateurs sont unanimes à penser que, quoique puisse laisser paraître la mise en page des bandes dessinées et l'importance prise par les illustrations, il ne s'agit pas, pour la plupart d'entre elles, de lectures " faciles ".

L'interaction entre le texte et l'image entraîne à une autre lecture que celle d'un album ou d'un roman : le texte ne peut se comprendre sans l'image et l'image ne peut se lire -car il s'agit bien de lecture- sans le texte.

Dominique Crosetto estime que même lorsqu'il s'agit uniquement de suite de saynètes d'une page ou de gags de quelques vignettes, la bande dessinée peut amener à un emprunt de la part d'enfants ou d'adultes en difficulté de lecture, emprunt qui n'aurait pas lieu avec un ouvrage plus classique. Elle a donc bien pour elle cette ouverture possible vers le monde des livres.

L'enfant et les autres, l'enfant et le monde

Le livre est un objet différent du jouet car il permet aussi une autre relation avec l'adulte ; un adulte qui sait, certes, mais aussi un adulte qui transmet, qui permet une relation à la culture. Un adulte qui est là comme médiateur, pour écouter, expliquer s'il le peut, dialoguer toujours.

Mais le livre permet aussi d'aller au devant de l'autre, au devant du monde sans pour autant passer par l'intermédiaire d'un adulte. Il permet de conserver une certaine intimité avec soi-même et de ne faire appel -pas toujours facilement décelable- à l'adulte que lorsque l'enfant le désire.
Il est un formidable outil d'ouverture sur le monde, de prise de conscience des enjeux de la citoyenneté planétaire.

Ceux et celles qui s'adonnent avec plaisir au partage d'une lecture vérifient régulièrement que cette action suscite également des contacts avec d'autres adultes -que ce soit pendant ou en dehors de ces temps de lecture- : de nouvelles relations humaines sont ainsi possibles.

Les enjeux de la littérature jeunesse

La production annuelle de nouveaux titres en France prouve bien l'existence d'un enjeu commercial. Les titres des journaux et revues notamment, se font accrocheurs : Je lis déjà, J'aime lire, Mon Quotidien, Actualités juniors… en disent long sur les facultés qu'ils octroient à leurs jeunes lecteurs et aux sentiments qu'ils souhaitent provoquer chez les parents.

Pour autant, ce " déferlement " est-il synonyme de qualité ? Qu'entent-on par " qualité " ? Quelles tendances se dégagent de la production de ces dernières années ? La créativité des " petits éditeurs " est-elle toujours d'actualité, pour quel public, et comment est-elle ressentie ?

La production récente

Les expériences de tout un chacun autour de la table se recentrent beaucoup plus sur les albums que sur les ouvrages dits de " premières lectures ". Il est vrai que le domaine des albums a énormément évolué depuis quelques années et que de beaucoup d'efforts ont été faits pour le dynamiser. Formats, découpes, illustrations, procédés d'impression, sujets et textes bien entendu, ont fait l'objet de maintes innovations et prises de risques de la part de maisons d'édition. Les efforts de recherche et de créativité sont moins évidents dans les autres domaines.
Il apparaît pourtant que certains reprochent à ces mêmes éditeurs, alors qu'ils semblent enfin faire partie du paysage éditorial français, de pousser à outrance leurs expériences et de publier des ouvrages pour " se faire plaisir " ou faire plaisir aux adultes, mais où les enfants ne se retrouvent pas.

Pour prendre l'exemple des Éditions du Rouergue, certains enseignants et bibliothécaires trouvent la plupart des ouvrages, mis à part le célèbre Jojo la mache, d'approche difficile, nécessitant une gymnastique de l'esprit que les enfants ne possèdent pas. Faux, répondent d'autres participants qui ont travaillé avec des enfants sur plusieurs albums, d'Olivier Douzou notamment, et qui ont constaté que si l'approche n'est pas immédiate, les livres ne sont pas déconcertants pour autant. Mieux même, ces approches, peut-être parce que moins immédiates mais non hermétiques, sont particulièrement riches de réflexions et porteuses de demandes nouvelles, concernant tant l'auteur que le style ou les thèmes abordés.

Parallèlement aux nouveaux titres, des enseignants ont constaté que d'anciens ouvrages datant de plusieurs années, voire décennies comme les Albums du Père Castor, que nous avons tendance, en tant qu'adultes, à reléguer aux fonds des étagères, sont appréciés et demandés des plus jeunes. Toute la question du choix se retrouve entre ces deux attitudes. Aucun choix n'est totalement objectif ; nous sommes toujours dépendant de notre vécu et de notre regard. Nous souhaitons toujours plus et mieux, mais ces superlatifs ne s'accordent pas automatiquement avec les désirs de ceux à qui nous les destinons.

Dans le même ordre d'idée, une responsable de bibliothèque de rue insiste sur le fait que des enfants en difficulté, mal installés dans leur environnement quotidien se retournent instinctivement vers les ouvrages aux illustrations très précises, aux contours bien définis : un choix peut-être différent du nôtre, qui peut s'expliquer par un besoin rassurant de se trouver en territoire sinon connu, du moins facilement identifiable.

Ainsi donc, de quel droit décider qu'un ouvrage est mieux qu'un autre, davantage pour une tranche d'âge qu'une autre ? Pourquoi dénier à un jeune lecteur la réalité du plaisir de lire sous prétexte que l'intrigue est inintéressante, que les personnages sont trop conventionnels ou que tous les titres de la série se ressemblent ? Un petit retour en arrière replongerait sans doute beaucoup d'entre nous dans les délices d'un Club des Cinq, d'un Journal de Mickey ou d'un Babar.

En ce qui concerne les tendances chez les éditeurs, mis à part quelques sujets inépuisables comme les animaux, elles suivent souvent une certaine mode -au même titre que l'édition en général- : il y eut un temps pour les monstres, un temps pour les premiers hommes et les dinosaures (autres monstres ?), un temps pour le sport, le vécu des tout-petits, l'histoire ; depuis peu, nous trouvons dans les rayons de nouveautés beaucoup de titres sur l'art, la notion de citoyenneté, la violence (qu'elle s'exerce à l'encontre des enfants ou qu'elle en émane)… Certains éditeurs se spécialisent, se cantonnent plus ou moins dans un filon, exploitent toutes les potentialités d'un personnage…

Le droit de regard

Question également récurrente : quelle place donner aux professionnels et animateurs du livre dans la relation au livre ? Ou, autrement dit, a-t-on le droit d'exercer une censure par rapport aux demandes d'un enfant ou de parents, a-t-on le droit d'exclure des ouvrages des choix proposés ?

En ce qui concerne le choix de livres destinés à être lus à haute voix par une personne ; la réponse est unanime, nous ne pouvons lire avec plaisir, et donc " bien " lire, que des textes avec lesquels nous sommes à l'aise.

Et si nous devons accepter que chaque génération ait ses propres repères, que les mentalités évoluent et qu'il faille " vivre avec son temps ", rien n'empêche un bénévole de se refuser à lire un ouvrage dont le langage par exemple le choque profondément. Une explication simple, mais vraie, sur son refus permet aussi le respect de l'autre.

A contrario, professionnels et bénévoles sont pratiquement d'accord sur le fait qu'il faut essayer de répondre le plus franchement possible, mais sans aller au-delà, aux questions posées directement par les enfants, même -surtout- si l'on est conscient du fait qu'ils n'auraient pas formulé cette même demande envers l'entourage familial.

Pour le choix des ouvrages laissés en accès libre aux enfants, les réponses sont plus nuancées. La loi de 1949 sur la littérature destinée aux enfants et aux jeunes exclue pratiquement d'elle-même tout ouvrage licencieux.

Reste alors la question de la subjectivité du choix. Les bibliothèques sont seules à être confrontées en masse à ce choix. La question financière étant alors prépondérante, lorsque le panel des thèmes et des âges n'est plus le principal critère, ce choix s'oriente généralement sur des titres moins susceptibles d'être achetés par les parents.

Pour autant, les achats en réponse à des " modes " ne sont pas exclus, le propre d'une bibliothèque publique étant également de mettre à la disposition de tous un maximum de documents propres à susciter une envie de lire. C'est ainsi que l'on a pu trouver il y a quelques années nombres d'ouvrages bâtis sur le principe du " livre dont vous êtes le héros ", mais peu d'exemplaires d'adaptation à la Disney.

Pour la BDP, qui dessert les bibliothèques rurales du département, la question du choix est encore plus cruciale puisque n'ayant pratiquement aucun contact direct avec les lecteurs. Tout repose alors sur les acquis d'expériences précédentes des responsables de secteur et les responsables des bibliothèques relais, bien souvent eux-mêmes bénévoles.

En guise de conclusion

Face au vaste champ des possibilités offertes par l'animation en littérature jeunesse, nous avons souhaité conclure cette journée -mais non les débats- par cette question : Quel rôle pouvons-nous, aimerions-nous jouer ? Quelles actions avons-nous envie de mettre en place ?

Un tour de table qui a permis à chacun de faire part des ses souhaits, de ses rêves…

Côté bibliothèque, les responsables regrettent de ne pas avoir le temps matériel pour aborder l'ensemble de ces réflexions avec les parents et les enfants qui fréquentent les lieux et partager de tels moments. La bibliothèque ne devrait pas être uniquement un lieu où l'on vient lire ou emprunter des livres, mais aussi un lieu où l'on puisse discuter, dialoguer, s'éduquer sans crainte de gêner les autres.

Pour la BDP, le souhait est différent. La formation des bénévoles et responsables des bibliothèques rurales, leur mise en réseau et l'aide à l'animation avec d'autres structures sont autant de points qui font déjà fait l'objet de réflexions et qui nécessitent de mobiliser l'ensemble des professionnels et animateurs du livre. Le milieu rural ne doit pas être considéré comme arriéré en matière de lecture -le milieu agricole est d'ailleurs le premier lectorat des journaux- mais pour ne pas être le parent pauvre de la culture et de la lecture il a besoin de structures qui l'aident à tirer profit de ses potentialités.

BM de Gap et BDP sont intéressées par la mise en place d'un comité de lecture, au moins dans un premier temps sur le bassin gapençais, qui réunirait professionnels, animateurs et bénévoles du livre jeunesse.
Christine Maclet propose également une visite des fonds anciens de la BM de Gap en relation avec l'histoire de la littérature jeunesse. Visite qui pourrait être complétée par une présentation par la BDP d'ouvrages destinés à la jeunesse datant du milieu du XXe siècle.

Côté bénévoles et enseignants, les souhaits sont multiples :

  • investissement vers d'autres publics : handicapés, personnes âgées… ;
  • organisation de venue d'écrivains et d'illustrateurs ;
  • création d'animations autour de la lecture, dans et hors les murs des bibliothèques ;
  • mise en relation avec d'autres pratiques culturelles ;

Tout cela enrichi et supporté par :

  • des relations plus étroites entre animateurs, bénévoles et enseignants ;
  • des stages de formation sur la connaissance des auteurs, la lecture à haute voix (certains enseignants souhaitent une réflexion sur les possibilités en formation continue) ;
  • des participations et visites de salons…

Autant de souhaits, pour la plupart réalisables à plus ou moins long terme, qui nous promettent de nombreuses autres rencontres.

En savoir plus :

  • Retour au sommaire de la rubrique.
  • Questions et compléments d'informations >
    Brigitte Lebioda, chargée de mission "Lire et Faire Lire" pour les Alpes du Sud.

 

 

 

www.laligue-alpesdusud.org
Edition Fol 04 / Adelha 05 - Tous droits reservés - Hébergement R@S