Ligue de l'enseignement Alpes du Sud

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 Rubrique

"Accompagnement scolaire"

2007


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AG Adelha


> Gap - 22 mars 2007
"CLAS et accompagnement à la parentalité"
Conférence de Ridha Ferjani




> Présentation

Dans le cadre de ses diverses initiatives en matière d'accompagnement à la scolarité, la Ligue de l'enseignement des Hautes-Alpes, en partenariat avec la ville de Gap, a reçu M. Ridha Ferjani, psychologue - clinicien,  pour deux conférences débat, le 22 mars 2007 à Gap.

La première de ces rencontres se déroulait sous forme d'échanges avec des professionnels, et avait pour titre
:


"CLAS et accompagnement à la parentalité"





 
> Compte-rendu...

  • Echanges entre professionnels .
  • Gap - 22 mars 2007 - 14h 16h


"CLAS et accompagnement à la parentalité"
Intervention de M.FERJANI Ridha - Psychologue-clinicien



L’accompagnement à la scolarité n’est pas «une école après l’école» ou une «école bis» . Son objectif est de susciter, entretenir, redonner l’appétit d’apprendre.


L’ACCOMPAGNEMENT  EDUCATIF A LA SCOLARITE

Pour mieux interroger le thème de cette rencontre,  je vais tout d’abord faire un détour  pour nous rappeler  les besoins de l’enfant et les conditions qui favoriseraient ses rapports aux différents apprentissages : sociaux et scolaires .


En effet, pour se construire, l’enfant a, globalement, trois types de besoins :
  • besoins vitaux : besoin d’être nourri
  •   “         affectifs :     “         d’être aimé
  •   “         éducatifs :   “         d’être éduqué .


La satisfaction de ces besoins relève du rôle de la famille et des parents .

Ainsi, le devoir de tout parent est de donner à l’enfant les moyens de se connaître, de connaître ses origines, sa culture ... d’acquérir les règles et codes de la vie en société ...etc, pour  qu’il puisse s’affirmer et affirmer son  identité et enfin se montrer disponible aux apprentissages .                                                             


L’identité du Moi  se construit à partir de quatre déterminants  :
  • le sentiment de Permanence de Soi dans le temps et l’espace
  • le sentiment de Singularité
  • le sentiment d’Appartenance (s)
  • le sentiment de Reconnaissance de Soi par Soi et de Soi par l’Autre.


Cet EQUILIBRE IDENTITAIRE  prépare l’enfant à :
  • apprendre à se connaître ( l’identité  )
  • pour ensuite, apprendre à être ( la socialité )
  • et enfin, pour apprendre à apprendre ( la scolarité )


D’où le rôle crucial des transmissions par les parents de leur héritage culturel et symbolique qui  inscrivent l’enfant dans la filiation, dans l’humanité et dans la socialité.

Ce sentiment d’auto-suffisance au plan de l’identité personnelle et culturelle procure à l’enfant à la fois la force et la souplesse pour se sentir sécurisé par rapport à ce qu’il est et rassuré sur ce qu’il fait .

Enfin, ces constructions narcissiques,  sociales  et scolaires s’acquièrent et se consolident quand l’enfant se sent dans des contextes CONTENANTS , face à des adultes capables de poser des LIMITES et qui intronisent l’enfant dans la PAROLE humanisante et dans le SENS .

Or, aujourd’hui, face aux constats de l’échec scolaire et d’inégalités d’accès aux apprentissages, de l’exclusion  générée par ces situations  et de l’émergence de la violence comme réaction à ces vécus,  les enfants en difficultés scolaires désinvestissent les apprentissages et développent souvent en compensation des troubles du comportement et de la socialisation



I - DE QUI ON PARLE  ?

On parle d’ENFANTS NORMALEMENT INTELLIGENTS, mais qui se trouvent confrontés momentanément et/ou durablement  à des obstacles divers ( familiaux, économiques, identitaires, culturels, affectifs, relationnels, ...) qui les rendent indisponibles aux apprentissages



 II - DE QUOI ON PARLE  ?

Il s’agit d’une démarche - action qui a pour objectif de réconcilier l’enfant avec les apprentissages.
De ce fait son intérêt - tant pour l’enfant que les parents ou l’école - n’est  possible que si elle est étayée sur un PROJET, des  INTERVENANTS, un TRAVAIL en RESEAU et des CONTENUS d’activités en lien avec les objectifs.


En effet, il s’agit d’un premier préalable - fondamental et nécessaire - à toute action d’accompagnement éducatif à la scolarité, à savoir :


       1 ) un PROJET  : 
  • Réfléchi, élaboré, lisible, maîtrisé et légitimé .
  • Etayé sur  une démarche, des objectifs, des moyens et du sens


       2 )  des INTERVENANTS  :
  • Solidaires, compétents
  • Travaillant DANS une EQUIPE et EN EQUIPE
  • Conscients de leurs rôles,  limites et  besoins
  • Garants de valeurs éthiques .
  • Formés et qui continuent à se former (supervision)
  • Capables et ressourcés pour gérer les comportements d’enfants en difficultés
  • Epaulés pour remotiver et redynamiser ces enfants .


      3 ) un TRAVAIL EN RESEAU  
  • Il s’agit de définir et de délimiter des stratégies de travail en partenariat aves différents acteurs sur un même territoire et de faire la place aux familles .


     4 ) des CONTENUS D'ACTIVITES
  • Permettant d’atteindre les objectifs fixés et plus globalement de pouvoir aider les enfants mal-apprenants à transformer le désir de savoir en un désir d’apprendre.
                                                      
Les accompagnateurs doivent  :
  • apprendre et  savoir  écouter
  •        “                 “    prendre du recul
  •        “                 “    reformuler et faire reformuler
  •        “                 “    gérer les conduites et comportements
  •        “                 “    synthétiser
  •        “                 “    retranscrire ce qu’ils font
  •        “                 “    faire réfléchir et faire parler l’enfant et l’associer à ses  apprentissages .



L’intervenant, fort d’un ancrage dans un territoire consensuel et dans une identité claire et légitimée, est attendu  :
  • Pour être REVELATEUR :
    • Révéler des manques, des besoins...

  • Pour être ANIMATEUR dans le sens étymologique (anima, animus, animare)
    • Mettre du souffle
    • Mettre du mouvement 
    • Mettre de la vie

  • Pour être MEDIATEUR
    • Dans le sens de “s’inter-poser”, c’est-à-dire de faire le LIEN ENTRE ENFANT- FAMILLE- ECOLE

  • Et certainement PAS REPARATEUR des maux du monde .


UN TRAVAIL SUR SOI   :

Toute relation d’accompagnement ne laisse personne indifférent.

De fait, elle mobilise chez l’intervenant des affects divers (négatifs ou positifs) dont il doit avoir conscience et apprendre à les gérer.


L’accompagnateur doit  :

  • Se connaître
  • Connaître ses forces et ses limites
  • Se préparer aux séances et préparer les séances


Comment communiquer l'aide aux devoirs inclus dans l'accompagnement à la scolarité auprès des parents ?
  • Avec des mots simples en s’assurant que les parents comprennent
  • Accompagnement éducatif à la scolarité
  • Expliquer que l’ensemble des apports éducatifs (comportements , attitudes…) facilitent le travail scolaire
  • Un parent qui met du sens sur les liens entre l’accompagnement éducatif et l’accompagnement scolaire, peut adhérer à votre projet  pour cela il faut être convaincant et capable d’argumentation


La place des parents dans la scolarité des enfants ?
  • Les informer, leur expliquer et les associer afin qu’ils valident l’action, qu’ils soient autant garants que vous de la bonne assiduité et de la participation de  leurs enfants aux séances
  • Valoriser leur savoir - faire


Quelle forme de contractualisation avec les enfants et les parents ?
Comment adapter la procédure ?

  • Un contrat = un ensemble de règles permettant de définir des engagements partagés
  • Ces engagements doivent être réalistes et réalisables (et non utopiques et donc irréalisables)

 
Quelle stratégie pour entrer en contact avec les collèges ?
Contenu du discours ?

  • Maîtriser le projet de l’accompagnement éducatif à la scolarité afin de pouvoir le présenter aux enseignants
  • Se présenter avec une affirmation (être sûr de soi et de ce qu’on fait) et une légitimité suffisantes pour les rassurant sur le fait que vous n’allez pas empiéter sur leur territoire
  • La stratégie consiste à se montrer convaincant pour convaincre .


 
EN GUISE DE  CONCLUSION :

C’est parce que l’ensemble des intervenants (accompagnateurs, coordinateurs , responsables) travailleront  en équipe et en réseau autour de projets construits et réfléchis qu’ils parviendront :
  • à se valider et se légitimer
  • à être garants d’un projet
  • à être d’un cadre éthique
  • à se sentir rassurés et motivés
  • à travailler en synergie
  • à éprouver le plaisir d’être et de faire ensemble
  • à se former et se superviser pour ordonner pour eux-mêmes le désordre induit par la pratique professionnelle .

C’est parce que les intervenants :
  • sont convaincus qu’ils deviennent convaincants
  • sont reconnus       “             “       reconnaissants
  • sont aidés            “             “       aidants
  • sont ressourcés    “             “       ressourcants
  • sont valorisés        “            “        valorisants
  • sont légitimés        “            “       légitimants .


Par conséquent, c’est à partir de la capacité de l’adulte-intervenant à pouvoir CONTENIR, RASSURER, SECURISER et AIMER l’enfant que celui-ci pourrait s’autoriser le changement et la réconciliation avec les apprentissages.           


En effet, il est important de penser et de créer autour de l’enfant les LIENS AFFECTIFS en  :
  • Favorisant  l'écoute et la parole de l'enfant
  • Créant la motivation de travailler et surtout d'éprouver le plaisir d'apprendre
  • Croyant en l'enfant, en ce qu'il est capable d'exprimer et/ou de produire : "lien qui fait exister"
  • Faisant avec lui et non à sa place
  • Lui faisant aimer ce que nous aimons : lien du plaisir
  • Evitant de dévaloriser sa famille
  • L’associant aux projets
  • Pensant avec lui et de "lui donner à penser"
  • L’aidant à mettre du sens sur ses apprentissages.
  • Créant  le lien affectif pour lui faire dépasser la peur d'être et d'apprendre
  • Restaurant la confiance


Les Conduites à tenir par l’animateur :
  • Etre et rester Soi-même ( «ne pas s’oublier» )
  • Faire émerger la parole.
  • S’intéresser à l’autre : désirer, vouloir
  • Etre disponible
  • Se centrer sur l’autre
  • Se détacher par rapport à son histoire.
  • Ne pas s’écouter soi-même
  • Ne pas projeter ses idées ou sentiments sur l’autre
  • Ne pas être directif
  • Eviter de faire référence à sa vie personnelle.
  • Eviter les interprétations hasardeuses et rapides.
  • Ne pas vouloir tout retenir
  • Se centrer sur le sens de ce qui est dit et pas seulement sur les paroles.
  • Veiller à ce que chaque participant écoute les autres, cela évite à l’animateur d’être le seul à réguler et à relancer les échanges.
  • Valoriser l’autonomie et le savoir-faire et savoir-être des parents
  • Prendre le temps d’analyser les réussites
  • Eviter de culpabiliser les parents.
  • Faire confiance aux parents sans idéaliser


La Distanciation :
  • Gérer son affectivité
  • Gérer la frustration de ne pas tout connaître ni maîtriser
  • Avoir une disponibilité physique et psychique
  • Eviter tout à priori ou jugement de valeurs.
  • Ne pas se rendre totalement indispensable afin de ne pas cautionner de nouvelles dépendances.
  • Ne pas s’engluer dans la souffrance de l’autre
  • Ecouter sans se mettre à la place de l’autre
  • Eviter les projections et les fusions
  • Pouvoir et savoir gérer le silence
  • Ne pas vouloir ni réparer, ni surprotéger, ni prendre sur soi les sentiments de l’autre
  • Passer de la symbiose à la responsabilité c’est-à-dire se recentrer sur ce qui est dit et non pas endosser ce qui est ressenti (émotions, sentiments).
  • «Je tends la main à l’autre», «Je ne lui prends pas la main»
  • Montrer de l’empathie et encourager et être conscient de ses sentiments
  • Faire relativiser et faire dédramatiser
  • Poser des questions pour dynamiser les échanges
  • Eviter de couper la parole
  • Laisser parler sans interrompre
  • Savoir canaliser, re-cadrer l’échange
  • Ne pas mettre en doute, ni critiquer, ni contredire directement  (attention à la manière de dire et de faire)
  • Vigilance
  • Ne pas monopoliser la parole
  • Ne pas vouloir tout savoir
  • Savoir gérer les conflits
  • Se dire qu’on ne peut pas tout faire, ni tout résoudre.


 M.FERJANI Ridha - Psychologue-clinicien






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