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"Actualités"
COMMUNIQUE
LIGUE
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17 et 18 Juin 2006
> Assemblée
Générale de la Ligue de l'enseignement à Dijon
: Un rapide
compte-rendu... |
La
Fédération de la Ligue de l'enseignement de la Côte
d’Or a accueilli les 17 et 18 juin derniers
l’assemblée générale de la Ligue de
l’enseignement. A un an du congrès de Paris, ce moment
statutaire a fait une large part à la question de congrès
et à la reconquête associative et militante.
Compte-rendu...
>
Séance d'ouverture
Précédés
de l’assemblée générale de l’Apac et d’une réunion
destinées aux fédérations volontaires sur le
thème «Refonder l’Ecole pour qu’elle soit
celle de tous», les travaux de l’assemblée
générale de la Ligue de l’enseignement ont
débuté le samedi matin sur les mots d’accueil
d’Alain Renault, le
président de la Fédération de Côte
d’Or.
François
Rebsamen, le député-maire de Dijon, s’est
ensuite adressé à l’assemblée : «il faut que chacun quel qu’il soit
accède au meilleur de notre République, et ce changement
ne se fera pas sans vous».
Au titre du conseil régional de Bourgogne, Philippe Baumel,
vice-président de la commission permanente chargé des
lycées, a également accueilli les participants en faisant
part de sa désolation face à la situation faite à
l’enseignement : «vous
êtes de vrais remparts contre les attaques incessantes de nos
institutions» a-t-il assuré.
Le recteur d’académie Olivier
Dugrip a ensuite pris la parole, puis est venu le temps des
rapports statutaires.
> Rapports
statutaires
Jean-Marc Roirant, le
secrétaire général, a présenté le rapport moral.
Face à l’état de déliquescence de nos
institutions et de la confiance des citoyens, il a mesuré
l’urgence pour notre mouvement de contribuer à construire
un nouveau pacte républicain, un pacte qu’il convient
notamment de sceller en priorité avec la jeunesse suite au
malaise qu’elle a exprimé ces derniers mois.
Le débat sur le service civique obligatoire, auquel la Ligue de
l’enseignement préfère le terme de «service
citoyen universel», fournira l’occasion de consulter les
jeunes et de mieux approfondir la réflexion sur la
manière dont elle peut accompagner leur insertion civique et
sociale. «Les jeunes doivent
trouver en la Ligue de l’enseignement un interlocuteur attentif,
capable d’exigence et de confiance» selon les mots
du secrétaire général, qui ajoute : «en accompagnant les enfants et les
adolescents dans leur découverte du projet collectif, des
associations Usep aux Juniors associations, en passant par la formation des
délégués-élèves, pour ne prendre que
quelques exemples phares, notre mouvement fait face à ses
responsabilités. Nous pouvons et nous devons faire plus et
mieux».
Jean-Marc Roirant
a également souligné l’opportunité de
dialogue au niveau départemental que fournit la campagne d’Animafac «2007 pas sans
nous» et son «jury citoyen» qui a formulé 102
propositions. Le dispositif du ministère de l’Education
nationale «100 000 étudiants pour 100 000
élèves» peut également permettre aux
fédérations départementales de s’engager
durablement avec les associations locales d’Animafac.
L’année
2005 a également été marquée par la
célébration du centenaire
de la loi de 1905. Si de l’avis du secrétaire
général la Ligue de l’enseignement peut être
fière de la part qu’elle y a prise, le chantier de la
laïcité demeure ouvert, a fortiori face aux initiatives de
toilettage de la loi du ministre de l’Intérieur. «Nous devons lier davantage notre
réflexion sur la laïcité et nos actions
éducatives, sociales et culturelles. Il nous faut aussi rendre
lisible à tous la formidable chance que représente la
laïcité dans une société multiculturelle».
La diversité culturelle a
justement occupé une place centrale dans les débats et
l’actualité récente. La Ligue de
l’enseignement place la lutte contre toutes les formes de
discriminations au cœur de ses actions éducatives
(Parcours civiques initiés avec le Cidem, opération «Et si
on s’la jouait fraternel?!»…) et met l’accent
sur le nécessaire «travail de mémoire»,
thème choisi pour les premières Rencontres nationales des
acteurs de la lutte contre les discriminations qui auront lieu au
Mémorial de Caen les 12 et 13 décembre 2006. De
même la Ligue de l’enseignement prépare une grande
mobilisation collective afin d’inscrire la diversité et
l’égalité dans le débat démocratique
à l’approche des échéances
électorales de 2007. Cette manifestation pourra prendre diverses
formes : marches, concerts, animations…
En
matière d’éducation, la Ligue de
l’enseignement doit plus que jamais faire entendre ses
convictions exposées dans le texte «Refonder l’Ecole
pour qu’elle soit celle de tous». «Nous sommes outillés pour organiser
une vraie campagne d’opinion qui affirme une autre ambition pour
l’Ecole, un autre projet éducatif pour notre pays»
a souligné Jean-Marc Roirant.
Rencontres de
Rennes, Salon de l’éducation… : «nous ne manquons ni de convictions ni de
rendez-vous!» a-t-il fait remarquer.
Autre chantier de mobilisation, celui de la construction d’une Europe civique et sociale. La Ligue
de l’enseignement est engagée aux côtés de
son partenaire Solidar et
prend part au Forum civique
européen récemment créé, et dans ce
cadre sera attentive à toutes les opportunités que pourra
offrir le programme «citoyenneté active» en cours
d’adoption pour 2007-2013 visant à favoriser le dialogue
civil européen.
Quant à
l’épineuse question du sort réservé à
la vie associative,
après plus d’une année houleuse de mobilisation
durant laquelle la Ligue de l’enseignement a été
gravement fragilisée, un avenir meilleur s’amorce avec la
réhabilitation des subventions ministérielles. La
dynamisation fédérative va donc pouvoir être
relancée et renforcée, dans l’accompagnement au
niveau départemental et régional du réseau, en
termes de moyens et d’outils.
Jean-Marc Roirant a terminé
son intervention en évoquant le dispositif des adhérents
à titre individuel : «l’adhésion
individuelle reste en panne car comprise comme le moyen permettant
d’être membre de la Ligue à des personnes
n’adhérant pas à une association affiliée.
Or la Ligue a une ambition beaucoup plus vaste. Il s’agit de
faire le recensement des personnes sur lesquelles on peut compter pour
penser, définir et impulser l’action de la Ligue, de
mettre en œuvre son projet politique et de développer les
actions départementales tout en constituant un réseau
national» a rappelé Jean-Marc Roirant. Et de conclure :
«Il s’agit bien de
créer, mes chers camarades, un mouvement national de ligueurs au
service d’une éducation populaire de notre temps dont la
laïcité est, et sera, la référence».
Après le rapport du
commissaire aux comptes et le rapport
financier présenté par Roger Evrard, Jean-Michel Sautreau et
Philippe Machu, présidents de l’Usep et de l’Ufolep, sont montés en
tribune afin d’évoquer la place
du sport dans la Ligue. Une réflexion transversale a en
effet été engagée pour «mieux cerner et analyser ce que
représente le sport dans notre société et tirer
parti de l’ensemble de nos compétences pour organiser au
mieux avec l’ensemble du réseau les réponses
adaptées à la diversité des publics et de leurs
attentes et pour faire d’un sport éducatif et solidaire un
levier du lien social, un outil pour faire société»,
selon les mots de Philippe Machu.
Les deux fédérations ont manifesté leur souhait
profond de faire société et donc par là même
de s’inscrire dans la réflexion de la question de
congrès.
>
Travail en ateliers
L’après-midi
du samedi a été rythmé par le travail en
différents ateliers : un premier sur les rapports statutaires, un second sur
la reconquête associative et
militante (affiliations et adhérents à titre
individuel) ainsi qu’un troisième consacré au projet d’expression artistique des
jeunes «Demain en France».
Les travaux de
ces ateliers ont été restitués le lendemain matin
en séance plénière.
Anne-Marie Houillon a pris la parole pour présenter
«Demain en France», projet conçu comme un
véritable chantier d’expression de la jeunesse par le
biais artistique, et qui concerne les 12-20 ans. Une mallette de 10
outils artistiques l’accompagnera, et aura vocation à
susciter le déclenchement de la démarche. Des
partenariats seront à envisager.
Pierre Tournemire est à son
tour intervenu sur les adhérents individuels, précisant
qu’il s’agit de faire de la place à ceux qui
souhaitent être reconnus comme des militants. Comment? Tout
d’abord en recensant au sein de notre réseau les personnes
souhaitant s’engager plus avant. Pourquoi? Pour constituer un
mouvement social capable de peser sur la société.
Evidemment se pose le problème pour ceux qui sont
déjà adhérents de prendre une seconde carte. De
même il faut être en mesure d’accompagner leur
engagement en termes d’information, de formation… Ce
processus nécessitant d’être
réaffirmé, une résolution a été
soumise au vote de l’assemblée générale, qui
a été adoptée.
> La question
de Congrès
Après les
réponses du secrétariat national aux questions
posées la veille par les fédérations en
séance plénière, la suite de la matinée du
dimanche a été dédiée à la question
de Congrès, dont le rapporteur, Eric
Favey, a cerné les contours.
En premier lieu il a estimé que nous avons raison
d’être inquiets sur notre
capacité à faire société à
l’heure où beaucoup de citoyens se sentent hors du jeu
social.
Ensuite, il a affirmé qu’il faut sortir de
l’idée selon laquelle il y aurait eu un âge
d’or du vivre ensemble et se méfier du fatalisme dont on
se sert pour justifier l’immobilisme, comme par exemple
l’excuse de la mondialisation.
Ensuite, Eric Favey a
indiqué qu’il fallait pour mener notre réflexion
prendre le risque d’un travail foisonnant dans la mesure
où les questions sont multiples et liées, sans pour
autant oublier que beaucoup a déjà été
fait, notamment en termes de laïcité, autour de
l’Ecole ou de l’Europe des citoyens.
Néanmoins, cela implique un travail organisé, c’est
pourquoi un calendrier est prévu avec un premier rendez-vous les
8 et 9 septembre prochains en Charente-Maritime.
Du temps sera également nécessaire, et cette question
occupera deux congrès, celui de 2007 mais aussi celui de 2010.
Eric Favey a
souligné que cette réflexion constituait l’occasion
rêvée de donner du sens à l’adhésion
individuelle.
>
Clôture
Le
président Jean-Michel Ducomte
a conclu l’assemblée générale sur notre
responsabilité de militants face à une
société délitée: «Deux France sont en train de se
construire, encore plus fortement séparées que celles que
la laïcité a permis de se réconcilier au
début du XXème siècle. […] Le schéma
représentatif est ici inversé, ce n’est pas le
peuple qui est représenté, mais les gouvernants qui
tentent de se représenter le peuple».
La Ligue de l’enseignement se retrouve donc face au défi
de restaurer les conditions d’une représentation
démocratique. «Mais
s’interroger sur les conditions d’un réarmement
militant en repérant les raisons qui y font obstacle ne suffit
pas. Nous devons, à notre place, en fonction de notre histoire
et sous l’éclairage de l’expérience que nous
avons acquise dans nos divers champs d’intervention, donner un
contenu à ce que nous estimons souhaitable» a
affirmé le président.
Si ce travail a déjà entrepris, Jean-Michel Ducomte enjoint à
aller plus loin encore. Il importe «que nous retrouvions la capacité
à pleinement penser la condition politique en
l’affranchissant des démarches compassionnelles qui trop
souvent lui servent de substitut. De la délibération des
citoyens doit pouvoir émerger un projet collectif qui ne soit
pas le produit de la seule confrontation d’intérêts
particuliers».
Jean-Louis Cabrespines, le
secrétaire général de la Fédération
de Côte d’Or, son président et l’ensemble de
l’équipe ont ensuite reçu un tonnerre
d’applaudissements mérités pour la réussite
de ce rendez-vous dijonnais.
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