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> La Ligue de l'enseignement et les élections 2007 :
AGIR POUR UNE REPUBLIQUE
QUI TIENT SES PROMESSES...
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Les prochaines semaines seront, en France, des rendez-vous politiques
décisifs avec l’élection du Président de la
République et le renouvellement de l’Assemblée
nationale.
La
Ligue de l’Enseignement, mouvement d’éducation
populaire fidèle à son histoire et à ses valeurs,
entend y jouer le rôle qui est le sien : aider à la
construction d’une conscience civique, relayer la conviction des
citoyens et traduire sa pertinence auprès des candidats à
ces élections afin de donner légitimité au mandat
qui leur sera confié.
Elle
veut, ainsi, rendre la République conforme aux principes qui la
fondent pour affronter les nouveaux défis du monde contemporain.
Or, la devise républicaine « liberté,
égalité, fraternité », dont la
laïcité fait la synthèse, est trop souvent
contredite par la réalité quotidienne et menacée
de disqualification.
> Il est donc urgent de rétablir des liens de confiance entre les citoyens et leurs représentants politiques.
Il en va de la permanence de la démocratie comme de sa
qualité. Pour cela, il faut éviter les discours
d’affichage ou d’incantation pour exprimer une
volonté réelle de réduire les fractures qui
traversent la société française et
hypothèquent son avenir.
Il faut que des engagements précis soient pris, que des
calendriers soient élaborés, pour permettre la
définition et la mise en oeuvre de mesures plus soutenues dans
la lutte contre les discriminations et pour
l’égalité des droits.
Il faut aussi une exigence plus forte pour sortir la vie politique de
l’enfermement des sondages ou de la médiatisation de
l’accessoire comme de l’inflation des lois et
règlements ou des politiques d’affichage qui nourrissent,
par exemple, le thème de la sécurité.
Une claire présentation des enjeux que nous devons affronter,
des réponses que souhaitent privilégier les candidats et
les groupes politiques qui les soutiennent, doivent permettre aux
citoyens, dans leur diversité, de se sentir concernés par
la politique.
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Ils pourront ainsi être acteurs d’un monde qui a plus
changé en une vingtaine d’années qu’en un
siècle.
L’Etat nation, creuset de la sociabilité, mais aussi
territoire d’expression de la souveraineté, résiste
mal aux assauts de la globalisation économique essentiellement
mue par la soif d’accumulation financière
d’individus ou de groupes minoritaires, alimentant, en retour,
les nationalismes agressifs.
La crise environnementale, les questions énergétiques,
l’épuisement des ressources naturelles, la
réduction de la misère et l’accès aux soins
et à l’éducation pour tous, imposent
l’invention de solutions planétaires dont la mise en
œuvre ne se révèlera opératoire
qu’à un horizon de plusieurs décennies.
> A
l’occasion du débat qui s’ouvre, la Ligue de
l’Enseignement soumet aux candidats, comme aux citoyens, des axes
de réflexions.
Elle souhaite que l’intelligence et l’esprit collectifs,
qui, dans les moments importants de notre histoire, ont su animer nos
concitoyens, soient mis au service d’un renouveau de la
démocratie et de la justice sociale.
A cette fin, la
Ligue de l'Enseignement présente quatre champs de propositions
qui sont une invitation à débattre :
- Favoriser
le renouveau de la citoyenneté par une dynamique nouvelle de la
vie associative et de l’éducation populaire.
- Refonder l’Ecole et permettre à tous d’apprendre et de se cultiver tout au long de sa vie.
- Garantir la justice sociale, l’expression de la diversité culturelle et la laïcité.
- Engager la France dans le chantier du développement durable et solidaire de la planète.

> 1 - FAVORISER LE RENOUVEAU DE LA CITOYENNETE PAR UNE NOUVELLE
DYNAMIQUE DE LA VIE ASSOCIATIVE ET DE L’EDUCATION POPULAIRE
La démocratie exige
aujourd’hui une plus large intervention des citoyens. Il faut
renouveler et revivifier la démocratie représentative et
l’élargir par une véritable démocratie
participative qui permette aux citoyens, au sein d’une
société civile construite, d’être
associés à l’élaboration des politiques
publiques, à leur mise en œuvre et à leur
évaluation.
Comme le dialogue social, le dialogue civil doit être «
institutionnalisé » par des engagements réciproques
entre les pouvoirs publics et les associations
fédérées. La promotion et la valorisation de
nouvelles formes de coopération entre l’Etat, les
collectivités territoriales et les réseaux associatifs
doivent permettre l’apport de la dynamique associative au
développement local et aux programmes publics, au-delà
des seules procédures de marché public ou de
délégation de service public qui risquent de banaliser la
contribution associative.
Les associations,
identifiées comme des lieux d’apprentissage et
d’expression de la citoyenneté, doivent être
reconnues comme un atout, une source d’innovations et de
renouvellement dans notre société.
Pour cela, l’engagement associatif, la participation
bénévole au service de l’intérêt
général et l’exercice d’un volontariat
clairement défini doivent être réellement
valorisés. La formation des responsables associatifs et une
éducation populaire renouvelée doivent permettre, non
seulement la pratique d’activités de loisirs
éducatifs, culturels et sportifs, mais aussi
l’intervention des citoyens, la défense des droits,
l’insertion sociale et la solidarité.
L’engagement des jeunes,
qui peut prendre des formes diverses, doit être facilité
pour que la jeunesse apparaisse plus volontiers comme source
d’espoir que comme une menace.
La création progressive d’un service civique universel
permettra de valoriser la citoyenneté, d’exercer une
responsabilité d’utilité sociale et
d’inventer, dans la diversité de notre
société des relations nouvelles à travers des
valeurs partagées.
Les conditions de production, de diffusion et d’appropriation de l’information et de la communication, sont déterminantes pour la nature du « vivre ensemble ».
Un espace public de la communication, garant de
l’indépendance de l’information des citoyens, doit
être imaginé et préservé, afin que chacun
puisse y être associé comme usager et producteur.
A l’heure où internet joue un rôle grandissant,
l’accès aux technologies de l’information et de la
communication doit être facilité et
généralisé sur tous les territoires.

> 2 - REFONDER L’ECOLE, PERMETTRE A TOUS D’APPRENDRE ET DE SE CULTIVER TOUT AU LONG DE SA VIE
Il est urgent de refonder le service public d’éducation.
Notre pays doit rompre avec une logique qui fait de l’Ecole une
gare de triage par son mode de fonctionnement où dominent trop
souvent la séparation sélective de ses contenus et
l’évaluation par l’échec.
Redéfinir les missions de l’Ecole, institution de la
République, espace protecteur, émancipateur et
d’apprentissage de la démocratie, est une exigence
prioritaire. Face à la nostalgie et au conservatisme, au
découragement et aux tentatives de privatisation, il faut
retrouver confiance et espoir en une Ecole, de la maternelle à
l’enseignement supérieur, qui donne, elle-même,
confiance et espoir.
Pour éviter la fracture scolaire sur les territoires, il faut
redessiner la carte scolaire, concevoir une orientation avec les
élèves, créer une véritable
continuité entre l’école primaire et le
collège pour donner tout son sens à la scolarité
obligatoire et améliorer la formation des enseignants.
Si l’Ecole doit assumer en son sein ce qu’elle prescrit, il
est nécessaire aussi de développer la
complémentarité des actions des associations
éducatives avec celles des enseignants et des parents pour
apporter un accompagnement scolaire et éducatif à ceux
qui en ont besoin et favoriser pour tous l’éducation
artistique et le sport scolaire.
Le rôle de l’Etat
est d’assurer, avec le concours des collectivités locales,
sur l’ensemble du territoire l’existence d’un service
public d’éducation correspondant à ces exigences et
d’y consacrer les moyens indispensables.
S’il est nécessaire de reposer, de façon sereine et
patiente, la question de l’unification du service public
d’éducation dans le respect de la diversité, il est
aujourd’hui inacceptable que l’Etat ou les
Collectivités locales accordent, par divers moyens, notamment
avec les nouvelles dispositions des lois de décentralisation,
des financements privilégiés à
l’enseignement privé.
Cette refondation de l’Ecole doit s’inscrire dans la perspective d’une formation tout au long de la vie permettant
aussi bien l’épanouissement personnel que les adaptations
professionnelles et la promotion sociale, par le perfectionnement des
connaissances, l’accès aux patrimoines, aux œuvres
artistiques, à la création culturelle, aux sciences, aux
techniques et à la maîtrise des informations.
Les politiques publiques de l’éducation scolaire, de la
jeunesse et de la culture et de la communication doivent être
repensées et réarticulées entre elles et au sein
des politiques territoriales.
C’est à cette condition que les « œuvres de
l’esprit », préservées du formatage et de la
marchandisation des imaginaires, seront essentielles à
l’émancipation d’individus et à leur
sentiment d’appartenance à un destin commun.

> 3 - GARANTIR LA JUSTICE SOCIALE, L’EXPRESSION DE LA DIVERSITE CULTURELLE ET LA LAICITE
La société française est tiraillée par des inégalités insupportables. La
France doit garantir à tous ses habitants, quelles que soient
leurs origines, leurs handicaps ou leurs situations sociales, les
conditions d’une vie digne.
L’accès à un logement décent, à un
emploi rémunérateur et à la santé est une
exigence démocratique et sociale.
Il en va de même de l’accès aux loisirs et aux
vacances. Il n'est pas acceptable, dans un pays riche comme la France,
que 2 millions d'enfants et de jeunes soient "assignés à
résidence" dans leur cité qu'ils ne quittent même
pas une journée par an !
Il n’est pas concevable que les pouvoirs publics ne donnent pas,
à côté des pratiques professionnelles, les moyens
réels pour les pratiques sportives, artistiques et culturelles
en amateur.
Dans une société devenue multiculturelle
qui ne doit pas évoluer vers une mosaïque de
communautés disjointes, il faut reconnaître aux individus
le droit d’exprimer, individuellement ou collectivement, leurs
identités tout en partageant des valeurs communes.
Cela suppose une claire distinction entre les solidarités communautaires et le communautarisme.
Pour que chacun se sente reconnu dans sa dignité, il est
indispensable de prendre en compte toute notre histoire et les
mémoires blessées, d’agir contre le racisme et
toutes les formes de discriminations.
L’évolution du travail, des modes et de la durée de la vie et la mobilité en Europe,
nécessitent de redéfinir l’efficacité et le
financement de notre modèle social ainsi que les bases de la
fiscalité.
L’originalité de l’économie sociale et
solidaire, où les citoyens peuvent entreprendre autrement,
expérimenter de nouvelles activités, organiser des
services et participer aux missions de service public, doit être
reconnue.
L’entraide volontaire et les réponses mutualistes doivent
accompagner les garanties de la Sécurité Sociale et les
politiques publiques.
La solidarité ne peut se résumer à des
interventions d’urgences, des interpellations médiatiques
compassionnelles, ni aux seules réponses d’un Etat
guichet.
Elle est une exigence morale construite sur la base de la dette sociale
que se doivent des citoyens égaux en droit quels que soient leur
culture, leur religion ou leur choix de vie.
Dans cet esprit, la laïcité est le meilleur moyen de préserver la paix civile.
Elle permet l’expression de la pluralité des cultures et
des convictions dans le cadre d’une République garante de
l’intérêt général et donc
indépendante de toutes les options spirituelles ou des
intérêts particuliers.
Les bases juridiques de la loi 1905 doivent, sans être remises en
cause, être approfondies pour que des mesures de bon sens
résolvent, par la concertation, les problèmes qui
demeurent. Il est aujourd’hui indispensable que soient
articulés des mesures juridiques, des dispositions politiques et
des liens sociaux pour réaffirmer les conditions d’un
vivre ensemble.
Pour cela, le Parlement doit adopter, après une saisine du
Conseil Economique et social synthétisant les contributions des
acteurs de la société civile dans leur plus grande
diversité, une « charte de la Laïcité »
qui affirme l’idéal commun susceptible de protéger
les personnes de tous les asservissements et de garantir
l’expression des différentes convictions religieuses,
agnostiques ou athées.

> 4 - ENGAGER LA FRANCE DANS LE CHANTIER DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET SOLIDAIRE DE LA PLANETE
Dans
le contexte d’une mondialisation qu’il convient de
réguler, la France doit promouvoir ses valeurs et sa tradition
démocratique. Elle doit s’engager dans une nouvelle
politique de l’immigration, attentive aux personnes, exigeante et
respectueuse des droits.
Celle-ci doit tenir compte des géopolitiques Européenne,
Euro-méditerrannéenne et mondiale. La France doit
privilégier la solidarité internationale en favorisant
l’action des ONG et des sociétés civiles des pays
du Sud dans une perspective de paix et de relations
d’équité entre les peuples.
Dans un monde où émergent des Etats continents, où
persistent les conflits et où apparaissent de nouvelles menaces,
la refondation de l’ONU et la redéfinition du rôle
des institutions internationales sont à mettre au cœur de
l’actualité.
L’éco-citoyenneté et le développement durable
ne peuvent être réduits à de simples expressions
à la mode, mais doivent recouvrir des réalités et
des engagements quotidiens. Nos sociétés doivent
concilier la confiance dans le progrès avec le poids des limites
et les risques de régressions, redéfinir les besoins
essentiels face à la consommation extravagante.
Cette nouvelle approche doit rencontrer un écho auprès
des citoyens et des pouvoirs publics à l’échelle
planétaire.
Cela suppose, en France, une démarche de conscientisation telle
la mise en place de démarches « Agenda 21 ».
La France doit redevenir un des moteurs de la construction d’une Union européenne démocratique et solidaire,
soucieuse d’une prospérité partagée. Cette
action doit permettre une convergence des modèles
économiques et sociaux assurant le développement
d’un espace social européen et un équilibre entre
le marché et l’intérêt général.
Une Europe, forte d’exigences démocratiques, porteuse
d’un modèle social original et d’une éthique
des relations internationales, aura un rôle positif dans la
mondialisation. Une meilleure appropriation de ce rôle passe par
l’encouragement aux initiatives associatives
transfrontières et au développement des rencontres.
Au même titre que les échanges de jeunes franco-allemands
ont permis un rapprochement de nos deux pays, le développement
de dispositifs de type « Erasmus » élargi aux
apprentis et aux jeunes travailleurs doit favoriser la construction
d’une citoyenneté européenne.
La reconnaissance d’un statut d’association
européenne est un élément indispensable pour
l’exercice réel de l’engagement citoyen à
l’échelle de l’Europe.
Une
réflexion lucide et constante sur les représentations
culturelles autour desquelles s’est construite notre vision du
monde, conduite par des citoyens conscients de la richesse que
représente leur diversité, constitue le chantier de tous
ceux qui se réclament de l’éducation populaire et
de la laïcité. L’avenir se construira sous
l’éclairage de leurs débats.
C’est dans cet esprit, qu’au cours de cette période
électorale, la Ligue de l’Enseignement prêtera une
attention vigilante aux réflexions et aux réponses des
citoyens et de leurs représentants politiques pour que notre
République soit, dans la réalité des faits ce
qu’elle déclare être dans sa Constitution :
démocratique, laïque et sociale.

> AUTOUR DE CES QUATRE PRIORITES...
... La Ligue de l’Enseignement, s’appuyant
sur l’expérience développée par ses divers
secteurs d’activités, ses fédérations
sportives USEP et UFOLEP, l’ensemble de son réseau
associatif fédéré au niveau départemental
et régional, et ses militants fait des propositions pour contribuer au débat sur notre avenir
Vous trouverez sur son site national www.laligue.org dans la rubrique : « La Ligue prend position » des analyses et propositions précises.
Vous pouvez aussi enrichir ces propositions et participer au débat citoyen :
- en vous inscrivant à son forum que vous trouverez sur son site
- en écrivant :
- par courrier électronique à :
- ou par courrier postal à :
- LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT
- 3, rue Récamier
- 75341 PARIS Cédex 07
- en participant aux
rencontres proposées par les fédérations
départementales (dont vous trouverez les coordonnées sur
le site)
Vous pouvez aussi
contribuer à mettre en œuvre ces propositions en
adhérant à la LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT, par
l’intermédiaire de ses fédérations
départementales ou en écrivant directement au
siège national.

> En
savoir
plus :
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