L'éducation
artistique des jeunes est l'une des dimensions majeures des politiques
culturelles publiques en France. Elle a permis que se développe
une rencontre originale, stimulante et civique entre des jeunes
et des artistes ou des professionnels du spectacle vivant, en
particulier du théâtre, de la musique et de la chanson,
de l'audiovisuel et du cinéma.
Aujourd'hui,
alors qu'il semble que nul ne remette en question le bien fondé
de cette association partenariale d'une grande richesse sociale,
éducative, pédagogique et artistique, les menaces
qui pèsent sur le régime de l'intermittence constituent
la manière la plus certaine de mettre fin à cette
voie originale.
Nous réaffirmons
à cet égard que la présence de professionnels
aux côtés des enseignants dans les dispositifs partenariaux
d'éducation artistique des jeunes est une activité
de nature artistique liée à la qualité de
praticien dans le domaine considéré.
Pour permettre
la continuation de cette fréquentation heureuse des artistes
professionnels et des enseignants au service de la formation
générale des enfants et des jeunes, il importe
de préserver des conditions décentes de travail
pour les artistes, dont l'activité quotidienne est plus
complexe et plus complète que le seul face-à-face
avec le public.
Cela passe par
la sauvegarde du régime de l'intermittence (droits spécifiques
à l'indemnisation chômage en dehors des périodes
de travail sous contrat) qui peut, bien sûr, faire l'objet
d'aménagements destinés à en éradiquer
les éventuelles formes abusives.
Il doit être
impérativement être préservé.
Les signataires
attirent l'attention des ministres concernés de la façon
la plus explicite sur les dangers que font courir à l'éducation
artistique les menaces sérieuses de remise en cause de
ce dispositif. Ils leur demandent de prendre en compte cet aspect
essentiel de l'éducation
des jeunes de ce pays.
A l'initiative
de la Ligue de l'enseignement et de l'ANRAT.
Ce communiqué a été rédigé
le 10 juin 2003.