COMMENT EN EST-ON ARRIVES
LA ?
La France
a honte. La République est terrassée. Derrière
le vote, il y a les chiffres qui font mal, les chiffres que lon
ne parvient pas à comprendre. Première tentative
de décryptage
Dans les Alpes
de Haute-Provence, sur 108.943 électeurs inscrits, 26.546
se sont abstenus : léquivalent de tous les inscrits
de Digne-les-Bains et Manosque ! Dans les Hautes-Alpes, sur 95.141
inscrits : 23.076 abstentions. Comme si lensemble des inscrits
de Gap avaient boudé les urnes ! Par rapport aux présidentielles
de 1995, labstention progresse denviron 4% dans chacun
de nos deux départements.
Premier enseignement : Nous devons nous interroger
sur les causes de cette abstention, et la désaffection
de la politique quelle traduit.
Autre élément
danalyse : le réel effondrement entre 1995 et 2001
des deux principaux candidats. Sur lensemble des deux départements,
Jacques Chirac perd plus de 3.500 voix, et Lionel Jospin plus
de 13.100 ! Pour autant, et bien que significatives, les voix
qui se sont portées sur le leader du Front National ne
pèsent pas de manière aussi considérable
que les résultats pourraient le laisser entendre :
13.184 dans les Alpes de Haute-Provence, 9.965 dans les Hautes-Alpes.
En 1995, ils étaient respectivement 12.642 et 8.711 à
avoir fait ce même choix. Le gain nest donc « que »
de 1.796 voix (auxquelles il convient néanmoins dajouter
les 4.185 voix obtenues par lautre candidat dextrême
droite).
Deuxième enseignement : ce ne serait pas tant
Le Pen qui aurait progressé, que les autres candidats
qui auraient régressés
Pour autant,
ils sont tout de même un peu plus de 23.000 dans nos deux
départements à avoir voté Front National.
Nous nous refusons de penser quil y ait là autant
de fascistes et de racistes. La situation est à lévidence
bien plus complexe. Bien loin de diaboliser, nous voulons comprendre.
Quelques analyses menées à léchelle
nationale peuvent nous aider : presque un tiers des chômeurs
(30%) a donné son vote au candidat FN (contre 18% à
J. Chirac et 16% à L. Jospin). Les ouvriers lont
également préféré à 24% (contre
16% à J. Chirac et 11% à L. Jospin). Les jeunes
de 18 à 24 ans auraient voté pour lui à
20% (contre 12% à L. Jospin et 10% à J. Chirac).
Troisième enseignement : Le vote Front national
serait plus un rejet, un cri de révolte - voire un
appel à laide et à lécoute -
quune adhésion raisonnée à un programme
ou une idéologie.
Et maintenant ?
Lurgence
est à la reconstruction dune véritable république
démocratique, laïque et sociale, offrant place et
respect à chaque citoyen.
Nous devons unir
nos forces pour :
- dénoncer
lescroquerie, expliquer et décrypter la véritable
idéologie raciste, xénophobe et fasciste véhiculée
par le FN, ses diverses annexes et nombreux sous-marins;
- mettre en uvre
- partout et à tous les niveaux - des réponses
sérieuses, pertinentes et généreuses aux
vrais drames humains que vivent tous les exclus et laissés
pour compte que notre société produit en masse;
- engager dans
les écoles, les associations, les centres sociaux, les
lieux dhabitat
les très ambitieux programmes
éducatifs indispensables à une réelle insertion
sociale, économique et citoyenne de chacun dans une société
libre et ouverte.
Sur ces bases,
la FOL 04 et ADELHA lancent aujourdhui un appel à tous ceux qui
veulent faire reculer lirrationnel et la démagogie,
à tous ceux qui croient dans les vertus de léducation
à la citoyenneté et à une authentique participation
de tous les citoyens à la vie démocratique.
Lheure
est au rassemblement, à laction commune.
Ensemble, construisons
une société
réellement plus juste et plus solidaire !