Rubrique "Dossiers"

EDUCATION





 
Ligue de l'enseignement
Communiqué de presse national - 19 novembre 2004

> Le ministre de l'éducation nationale à "100 minutes pour convaincre" : Tranquillement... le conservatisme


François Fillon, ministre de l'Education Nationale, est intervenu sur France 2, au cours de l'émission "100 minutes pour convaincre". Réaction de la Ligue de l'enseignement...

Un an de débat national sur l'avenir de l'école, une journée d'agitation médiatique, pour deux longues heures d'exposé autour des 14 propositions de mesures dévoilées dès le matin dans la presse : tout cela ne constitue pas une loi d'orientation et n'en a ni l'ambition, ni le souffle, ni les moyens.

Alors que le ministre François Fillon s'est référé plusieurs fois à la loi d'orientation de 1989, dont il reprend et développe l'objectif quantitatif (80% d'une classe d'âge au baccalauréat, 100% avec une qualification reconnue, 50% diplômés de l'enseignement supérieur), il annonce des mesures qui, pour certaines, sont un lent grignotage des ambitions de cette loi, l'une des plus emblématiques étant la suppression programmée des TPE (Travaux Personnels Encadrés), et pour d'autres, le redoublement à l'école primaire, en contradiction avec plus d'une centaine d'études, et avec les choix d'autres pays dont le système éducatif est jugé plus performant.

Mais ce sont surtout les lourds silences du ministre qui sont illustrateurs d'un retour en arrière : pas un mot sur les projets d'établissements, rien sur le travail en équipe, aucune mention de la place des parents, silence sur les autres acteurs éducatifs - en particulier les associations et les collectivités territoriales. Et que dire d'un discours où les premiers concernés par l'école - les élèves - et leur rapport au savoir n'existent pas, sauf pour signaler les troubles qu'ils créent à l'institution !

Personne ne reprochera au ministre sa préoccupation d'une meilleure formation initiale et continue des enseignants, ou sa volonté de faire évoluer le baccalauréat. mais cela reste insuffisant pour démocratiser la réussite scolaire.

Quand au socle commun qui est présenté comme un axe essentiel de la future loi, il ne semble pas que François Fillon soit décidé à résister à la seule juxtaposition de disciplines. On risque ainsi d'être bien loin de l'outillage nécessaire à chacun pour penser, être et faire, afin d'apprendre tout au long de la vie.

Tout cela sent le "conservatisme patelin" qui entretien une école inégale. Où est la volonté d'"une école plus efficace, plus juste et plus ouverte" ?




 

 

 
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