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10 Novembre 2005
> Jeunesse, éducation, banlieues :
LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE
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Huit organisations (SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU,
UNSA-Education, FCPE, UNL, CRAP-Cahiers pédagogiques, Ligue de
l'enseignement, OCCE) ont envoyé le 10 novembre une «
lettre ouverte » au Premier ministre et appellent à des
rassemblements devant les préfectures et sous-préfectures
ce lundi 21 novembre à 18h30.
« Monsieur le Premier ministre,
La crise qui secoue
notre pays ne peut qu’interpeller tous ceux qui ont le souci de
l’avenir de notre jeunesse. Les violences qui se déroulent
dans de nombreuses banlieues depuis plusieurs jours sont inacceptables
et le retour au calme est nécessaire.
Les banlieues
n’ont pas besoin d’état d’exception : elles
ont besoin de justice, de respect, d’égalité et de
perspectives.
Nous ne pouvons pas
accepter de voir stigmatiser toute une partie de la jeunesse, en
ignorant son désarroi, sa désespérance, son avenir
souvent sans horizon.
Monsieur le Premier
ministre, les différentes interventions de votre gouvernement et
certaines de vos propositions aggravent l’exclusion.
Représentants
de l’ensemble de la communauté éducative, nous ne
pouvons admettre de voir ainsi nier le rôle de
l’École.
En remettant en
cause pour ces jeunes la scolarité obligatoire
jusqu’à 16 ans, vous les enfermez dans
l’échec scolaire. L’apprentissage dès 14 ans
n’est pas une remédiation à l’échec
et, de plus, cette mesure assimile les métiers manuels à
l’échec.
Nous le savons,
l’École ne peut pas régler les problèmes
liés à l’urbanisme, aux ghettos, au
chômage… mais elle a un rôle fondamental à
jouer pour contribuer à l’intégration par
l’éducation à la citoyenneté, par la
formation, la qualification.
Tous les jeunes de
notre pays doivent apprendre ensemble dans le cadre de la
scolarité obligatoire. Donner du sens au « vivre ensemble
» doit bien devenir la priorité des priorités.
Encore faudrait-il avoir une politique volontariste de lutte contre les
discriminations.
Encore faudrait-il
donner à l’École les moyens de fonctionner, tout
particulièrement dans les Zep laissées à
l’abandon depuis des années.
Nous,
représentants de l’ensemble de la communauté
éducative, nous ne cessons de tirer le signal d’alarme
à chaque budget depuis 4 ans. Supprimer des postes
d’enseignants et de personnels de l’éducation par
dizaines de milliers, supprimer définitivement les postes de
surveillants, d’emplois jeunes ne peut que conduire à une
impasse.
Votre projet de
budget 2006 concernant l’enseignement scolaire s’inscrit
dans la même politique de régression. Ce projet propose
même de supprimer quelque 800 postes d’enseignants mis
à disposition (MAD), essentiels pour le fonctionnement des
associations complémentaires de l’École. Et
l’on constate par ailleurs que le tissu associatif fait
cruellement défaut dans notre société, comme vous
semblez vous-même le laisser entendre…
Le 21 novembre
à 18 heures 30, nous serons devant les préfectures et
sous-préfectures du pays pour dénoncer ce budget et ses
dramatiques conséquences.
Monsieur le Premier
ministre, nous vous demandons solennellement de donner à
l’École les moyens d’assumer son rôle et nous
vous demandons de renoncer à ces mesures d’exclusion
concernant une partie de notre jeunesse ».

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