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Centenaire de la loi de 1905
> Réviser la loi de 1905 ? Editorial de la Lettre d'information de la
Ligue de l'enseignement
"Infos-Ligue" n°295 du 27 octobre 2005
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Réviser la loi de 1905 ?
Ces derniers temps, tous les
prétextes sont bons pour que notre Premier ministre et son
ministre de l’Intérieur étalent publiquement leurs
divergences. La question de la révision de la loi de 1905 ne
pouvait dès lors, passer à travers. Pour notre part, il
n’est naturellement pas dans nos intentions de jouer les
arbitres, d’autant qu’il nous semble que tel qu’il
est engagé, il s’agit d’un faux débat.
Disons d’abord clairement que décider aujourd’hui la
révision au Parlement de la loi de 1905 serait irresponsable. La
portée symbolique de cette loi va bien au-delà de son
contenu précis car elle constitue, par les principes
énoncés, un des piliers de notre République.
Décider sa remise en chantier serait inévitablement
interprété comme une mise en cause des valeurs
républicaines, et ouvrirait la voie aux
déchaînements des passions, aux risques
d’entraîner des décisions dangereuses.
Cela étant,
comme toutes les lois, elle n’est pas immuable. Elle a
d’ailleurs déjà été si souvent
modifiée au cours du XX° siècle sans provoquer de
cataclysme que les juristes divergent sur le nombre de modifications.
Si toiletter signifie faire disparaître les dispositions
obsolètes, l’intérêt est limité mais
cela ne pose pas de problème. En effet, enlever les conditions
d’attribution des pensions aux curés de plus de 65 ans en
1905 ou convertir en euros les francs de l’époque ne peut
que faire gagner en clarté la lecture de la loi, mais ne
changera pas grand chose. S’il s’agit de trouver, dans
l’esprit de la loi, les adaptations pour que soient
réellement traités à égalité les
différents cultes, cela mérite un examen attentif.
Le sujet est
délicat car tirer un fil peut faire se dérouler toute la
pelote, et le laisser aux spécialistes sans un débat de
fond général a toute les chances de produire les
mêmes effets que la Commission Stasi : un bon rapport et peu de
résultats.
Il aurait
été beaucoup plus judicieux, comme nous l’avions
suggéré, de profiter de la célébration du
centenaire pour mener un large débat en vue d’une charte
de la laïcité, de laquelle découleraient
aisément les adaptations souhaitables de la loi. Il n’est
peut être pas encore trop tard !

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