Associatifs n° 02 - Février 2002

A LA UNE
Le choix de la fraternité !

Il était une fois un beau pays, une République connue et reconnue pour être la patrie des droits de l’Homme. Au fronton des mairies et des écoles, autant que dans la tête de ses concitoyens, elle avait eu le génie d’afficher une merveilleuse devise : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Que deviendrait cette République le jour où elle oublierait la fraternité ? A une devise mutilée, répondrait certainement une société brisée…

Ce jour est-il arrivé ? A entendre les propos de certains responsables politiques on est en droit de se poser la question. Ici, en 2002, dans le département des Hautes-Alpes, des jeunes qui fréquentent les stations sont diabolisés, désignés comme uniques responsables de l’insécurité, priés instamment de rester dans leurs banlieues au prétexte qu’ils n’auraient pas les moyens de se payer un séjour dans un hôtel trois étoiles !

A quelques semaines d’élections importantes, on aimerait vraiment avoir rêvé. Mais non, ils  l’ont dit. Ils l’ont vraiment dit ! Ces paroles de haine, d’exclusion, de refus de l’autre et de ses différences illustrent - banalement, dramatiquement - cette odieuse conception d’une vie ne valant que par les montagnes d’euros qu’elle permet d’amasser. Pauvres, jeunes, vieux, handicapés, malades, immigrés, pas – ou plus – en mesure de produire docilement des richesses sonnantes et trébuchantes, n’ont plus droit de cité ! Ces propos nous alarment d’autant plus que leurs auteurs - élus de la République pour certains d’entre eux - sont les mêmes apôtres militants de cet ultra-libéralisme aveugle, brutal et irresponsable, qui proclame que l’économique commande au politique. Citoyens circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à faire !

Militants associatifs et citoyens, nous sommes convaincus qu’une société ne peut se bâtir sur la diabolisation de sa jeunesse, la transformation des quartiers difficiles en ghettos, le refus des touristes « bas de gamme ». Nous défendons une toute autre conception de l’économie, de la politique et de la société. Nous disons que, si la politique a quelque chose à voir avec « le bien commun » et  « le vivre ensemble », injures, mépris et discriminations ne peuvent tenir lieu de programme électoral... et encore moins d’éthique pour l’action et l’exercice de responsabilités publiques.

La seule vraie priorité c’est l’Homme. L’Homme avec un grand « H ». Avec toutes ses belles différences qui sont aussi toutes ses grandes richesses. C’est l’Homme, dans une société où la place n’est pas réservée aux seuls beaux, riches et biens portants. Où la cohésion nationale et la solidarité sociale ne sont pas que des slogans électoraux. Où la fraternité demeure l’un des trois éléments indissociables de la belle devise de la République. Pour les prochaines consultations, notre choix est fait : c’est celui de la fraternité !

Texte adopté par le Conseil d’Administration d’ADELHA


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