A LA UNE
Le choix de la fraternité !
Il était
une fois un beau pays, une République connue et reconnue
pour être la patrie des droits de lHomme. Au fronton
des mairies et des écoles, autant que dans la tête
de ses concitoyens, elle avait eu le génie dafficher
une merveilleuse devise : « Liberté,
Egalité, Fraternité ». Que deviendrait
cette République le jour où elle oublierait la
fraternité ? A une devise mutilée, répondrait
certainement une société brisée
Ce jour est-il
arrivé ? A entendre les propos de certains responsables
politiques on est en droit de se poser la question. Ici, en 2002,
dans le département des Hautes-Alpes, des jeunes qui fréquentent
les stations sont diabolisés, désignés comme
uniques responsables de linsécurité, priés
instamment de rester dans leurs banlieues au prétexte
quils nauraient pas les moyens de se payer un séjour
dans un hôtel trois étoiles !
A quelques semaines
délections importantes, on aimerait vraiment avoir
rêvé. Mais non, ils lont dit. Ils lont
vraiment dit ! Ces paroles de haine, dexclusion, de
refus de lautre et de ses différences illustrent
- banalement, dramatiquement - cette odieuse conception dune
vie ne valant que par les montagnes deuros quelle
permet damasser. Pauvres, jeunes, vieux, handicapés,
malades, immigrés, pas ou plus en mesure
de produire docilement des richesses sonnantes et trébuchantes,
nont plus droit de cité ! Ces propos nous alarment
dautant plus que leurs auteurs - élus de la République
pour certains dentre eux - sont les mêmes apôtres
militants de cet ultra-libéralisme aveugle, brutal et
irresponsable, qui proclame que léconomique commande
au politique. Citoyens circulez, il ny a plus rien à
voir, ni à faire !
Militants associatifs
et citoyens, nous sommes convaincus quune société
ne peut se bâtir sur la diabolisation de sa jeunesse, la
transformation des quartiers difficiles en ghettos, le refus
des touristes « bas de gamme ».
Nous défendons une toute autre conception de léconomie,
de la politique et de la société. Nous disons que,
si la politique a quelque chose à voir avec « le
bien commun » et « le vivre
ensemble », injures, mépris et discriminations
ne peuvent tenir lieu de programme électoral... et encore
moins déthique pour laction et lexercice
de responsabilités publiques.
La seule vraie
priorité cest lHomme. LHomme avec un
grand « H ». Avec toutes ses belles différences
qui sont aussi toutes ses grandes richesses. Cest lHomme,
dans une société où la place nest
pas réservée aux seuls beaux, riches et biens portants.
Où la cohésion nationale et la solidarité
sociale ne sont pas que des slogans électoraux. Où
la fraternité demeure lun des trois éléments
indissociables de la belle devise de la République. Pour
les prochaines consultations, notre choix est fait : cest
celui de la fraternité !
Texte adopté
par le Conseil dAdministration dADELHA

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