DECOUVERTE
La démocratie participative, chance ou risque pour la
démocratie ?
A en croire
les textes et discours qui accompagnent la création des
Pays et lintercommunalité, il sagit de « promouvoir
des politiques de développement local durable au sein
des territoires » et daccroître « la
participation des acteurs aux choix daménagement
et de développement ». Autant de bonnes intentions
dont on se féliciterait volontiers si, dans le même
temps, ne montait le douloureux sentiment de labsence
du citoyen dans la belle mécanique
.
A bien des égards,
lintercommunalité constitue lavenir de la
vie communale. Pour autant, ce très certainement nécessaire
changement déchelle pour la gestion de la cité
cantonne le citoyen à un rôle délecteur
désignant un Conseil municipal dépouillé
de ses plus lourdes compétences, et léloigne
encore plus des lieux réels de décision.
Jusquà
aujourdhui nous vivons dans un système démocratique
presque totalement basé sur le principe dune « démocratie
représentative » : nous déposons à
intervalle régulier un bulletin dans lurne, et déléguons
ainsi à « nos élus » lentière
responsabilité de la gestion du pouvoir, aussi bien local
que national. La revendication montante de plus de « démocratie
participative » traduit en quelque sorte la volonté
du citoyen de - lui aussi - « mettre les mains dans
le cambouis », de participer plus étroitement
aux réflexions et décisions. Rapprocher le citoyen
de « sa » démocratie, conduit à
envisager des referendum intercommunaux, lélection
des élus intercommunaux au suffrage universel, des modalités
clarifiées de désignation des membres des Conseils
de développement
Mais cela nest pas suffisant.
Cest une participation en continu du citoyen qui doit être
recherchée. En ce sens, diverses initiatives existent
déjà : comités de quartiers, conseils
communaux de concertation, Agenda 21 locaux
Autant davancées
bien timides mais qui, adaptées à léchelle
intercommunale peuvent inspirer des démarches de création
despaces de dialogue et de concertation, de lieux où
la parole se prend, où les idées circulent, les
projets se confrontent.
Une telle « révolution »
appelle de la part de chacun linvention et lacceptation
de nouvelles conceptions de laction publique et de la gestion
du « vivre-ensemble ». Elus locaux et techniciens
des collectivités locales doivent apprendre à connaître,
respecter et valoriser la compétence des usagers-citoyens,
lesquels doivent se former, sinformer, afin davoir
réellement prise sur des problématiques souvent
complexes. Cest un long travail en commun, un apprentissage
pragmatique, qui accepte les tâtonnements, les remises
en questions.
Aucune loi ne
pourra décréter la participation citoyenne : cest
une question de motivation, denvie, et de possibilité
de faire. Cela sorganise. Cela sapprend. Il est de
la responsabilité de tous ceux qui sont attachés
à une démocratie bien vivante duvrer
ensemble pour créer et faire vivre ces capacités
dinterpellations et ces forces de propositions sans lesquelles
la citoyenneté perdrait beaucoup de sa vigueur et de son
sens.
Voir aussi
:
L'interview
sur ce thème de Daniel Gilbert, président du Forum
du Pays Briançonnais et de l'ADSCB