Associatifs n° 04 - Avril 2002

INTERVIEW
Vous avez dit "démocratie participative" ? :
La parole à Daniel Gilbert
Président du Forum du Pays Briançonnais et de l'ADSCB

> Que représente pour vous la démocratie participative ?
Même avec les lois récentes, on constate que les citoyens sont en train de voir s’échapper les clés de la décision. Des structures de plus en plus fines, plus techniques, se mettent en place. Les citoyens ont du mal à se situer. Le sens général leur échappe. Ils sont mal informés des enjeux et des conséquences des décisions politiques. La démocratie participative, c’est une implication plus directe des individus-citoyens, constitutifs de l’entité territoriale, dans l’information et la prise de décision.

> N’y a-t-il pas là un risque de dévaloriser la démocratie représentative ?
Le problème vient à mon sens de la difficulté qu’ont les élus, et sans doute aussi les citoyens qu’ils représentent, à concevoir leur rôle et leur action aux différentes échelles du territoire : communes, intercommunalités, pays, département… Développer la démocratie participative, sans priver les élus de leurs prérogatives, passe par une simplification des instances décisionnelles trop nombreuses, et par une reconnaissance de l’importance du rôle décisionnel collégial.

> Que préconisez-vous pour que la démocratie participative puisse se développer ?
Les structures existantes (notamment les Communautés de communes et les Pays) doivent faire un effort pour faire connaître leurs compétences, leurs responsabilités, leurs actions. Les gens ne les connaissent pas. Peu de journaux s’en font l’écho. C’est austère. Les dossiers sont très compliqués. Il faut du temps pour s’investir. Si les gens ne réagissent pas, il ne faut pas s’en étonner : on est à des années-lumière de leurs préoccupations ! Les assemblées locales , réduites trop souvent à l’avalisation de décisions techniques, laissent peu de place au débat citoyen, engendrant la frustration. La multiplication des « cafés citoyens » illustre bien le fait que les structures politiques existantes ne permettent pas l’échange des idées.

> Quel peut être le rôle des associations ?
Nous n’avons pas en France de culture de la démocratie participative. Les associations peuvent contribuer à former le citoyen à l’exercice des responsabilités publiques. Mais elles ont aussi des difficultés à se faire reconnaître dans ce rôle par les pouvoirs publics car elles peuvent apparaître comme une sorte de contre-pouvoir, alors qu’elles pourraient être un formidable atout pour le développement d’une véritable culture de la démocratie.

Voir aussi :
Article "La démocratie participative, chance ou risque pour la citoyenneté ?"


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