Associatifs n° 05 - Mai 2002

LENDEMAINS DE PRESIDENTIELLE
Le séïsme, le sursaut... et après ?

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ont constitué un véritable séïsme, plongeant tous les démocrates dans la stupeur, l’angoisse et l’incompréhension. Le second tour, transformé en « plébiscite » - réussi - pour la République et la démocratie, pourrait laisser penser que l’orage est passé, que la vie reprend son cours « normal »…

En fait, cette étonnante présidentielle 2002 - que certains qualifient de « ratée » ou de « volée » - ne résout aucun problème : elle révèle seulement au grand jour les plus importants d’entre eux : désintégration du tissu social, exclusions sociales, économiques et culturelles, dévalorisation du politique...

Nous ne reviendrons donc pas ici sur le choix d’un président de la République réunissant « par défaut » 82 % des suffrages exprimés, ni sur les nombreux débats qui agitent les politologues, ni même sur la nécessité ou non d’enterrer notre bonne vieille cinquième république au profit d’une sixième toute neuve.

Aujourd’hui, au niveau associatif et citoyen qui est le nôtre, l’urgence est à un travail de terrain et de proximité : compréhension, explication, et surtout action concrète.

Notre toile de fond est bien évidemment constituée par la perspective des prochaines élections régionales (deux ans seulement...). Nous savons que PACA est la région française où les votes d’extrême droite sont les plus nombreux. Nous savons que l’accession du Front national à la présidence du Conseil régional est un risque bien réel !


Vivons nous encore tous dans le même monde ? Ecoutons toutes ces femmes et tous ces hommes qui – par leur vote extrémiste ou protestataire, leur abstention, leur bulletin blanc ou nul - nous ont hurlé si fort leurs angoisses et incompréhensions devant la vie et l’avenir, leur méfiance ou leur rejet de « la politique » comme moyen de « changer la vie ». La crise de confiance est bien là, partout dramatiquement présente, contaminant indistinctement tous les cadres d’actions du vivre-ensemble : représentation nationale, action politique, investissement citoyen, institutions et collectivités… La fracture n’est plus seulement sociale, mais aussi économique, territoriale, professionnelle et surtout culturelle.

Aujourd’hui, notre véritable ennemi, c’est la peur : de l’autre, de la différence, de l’ouverture au monde, de la mondialisation, de la vie… Une peur multiforme, souvent instrumentalisée de manière odieuse par les médias. Une peur, véritable terreau pour le développement des extrémismes et populismes de toutes natures. C’est là qu’il nous faut agir ensemble.

En expliquant l’évolution et le fonctionnement de notre monde (= éducation populaire).

En impliquant concrètement chaque citoyen dans les décisions qui le concernent (= démocratie participative).

En redonnant à tous des raisons d’espérer un avenir meilleur (= une société réellement plus juste et plus solidaire).

Quelque soit le résultat des prochaines législatives, le défi demeurera. A nous de le relever. A nous de trouver les formes, les moyens et l’énergie pour remettre la citoyenneté en mouvement !



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