INTERVIEW
Décentralisation, développement local et démocratie
participative :
> Trois questions à Pierre Lefèvre
(vice-président
de l'Association Régionale de Développement Local
ARDL-PACA)
> Quelles
vous semblent être les principales raisons pour lesquelles
une réforme en matière de décentralisation
est nécessaire aujourd'hui ?
"La
1ère décentralisation a confié des responsabilités
fondamentales aux communes sans leur donner les moyens humains
et financiers nécessaires : elles sont restées
dans un réseau de dépendances vis-à-vis
de l'Etat et des autres collectivités locales. La 2ème
phase de la décentralisation doit donc prendre l'évolution
en compte, d'autant plus que les citoyens vivent déjà,
et depuis longtemps, dans un espace multi-communal. Le cadre
dans lequel nous sommes « craque » de tous
les côtés : il est inadapté à une
gestion cohérente et extrêmement coûteux."
> Quelles
sont les modifications à promouvoir en priorité
?
"Il
faudrait que l'Etat transfère totalement aux collectivités
locales les recettes qu'il affecte actuellement à des
subventions correspondants aux responsabilités de ces
collectivités. La priorité doit être donnée
aux rapports contractuels entre l'Etat et les collectivités,
s'accordant autour de projets et d'actions communes. La légitimité
doit être reconnue aux territoires de projets (au sens
de la loi Voynet) pour conclure ces contrats, et aux territoires
de gestion (au sens de la loi Chevènement) pour réaliser
les actions convenues."
> Dans
quelle mesure les initiatives gouvernementales pourraient-elles
se traduire par un réel progrès en matière
de démocratie participative ?
"Lorsque
l'on parle de « droit de saisine » ou de
« référendum local », on
parle de démocratie directe et il ne s'agit pas d'un réel
progrès. On ne parle pas de la démocratie participative
à laquelle sont attachés tous ceux qui prônent
les méthodes du développement local durable comme
alternative indispensable à la mondialisation financière
et à ses effets néfastes. Ces pratiques visent
à associer, de manière continue, tous les acteurs
concernés par un avenir humain, économique, social
et culturel commun, aussi bien auprès des territoires
de gestion que des territoires de projet ( les « conseils
de développement » pour les Pays). Ainsi les
acteurs concernés seront tous réellement et efficacement
mobilisés pour agir ensemble. De plus, dans les quartiers,
rien - et surtout pas la loi Vaillant - ne devrait venir brider
les initiatives locales en faveur de la constitution de comités
de quartier, indépendants et en dialogue avec leurs élus
"
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intégrale de l'interview