Associatifs n° 10 - Décembre 2002

INTERVIEW
Décentralisation, développement local et démocratie participative :
> Trois questions à Pierre Lefèvre
(vice-président de l'Association Régionale de Développement Local ARDL-PACA)

> Quelles vous semblent être les principales raisons pour lesquelles une réforme en matière de décentralisation est nécessaire aujourd'hui ?
"La 1ère décentralisation a confié des responsabilités fondamentales aux communes sans leur donner les moyens humains et financiers nécessaires : elles sont restées dans un réseau de dépendances vis-à-vis de l'Etat et des autres collectivités locales. La 2ème phase de la décentralisation doit donc prendre l'évolution en compte, d'autant plus que les citoyens vivent déjà, et depuis longtemps, dans un espace multi-communal. Le cadre dans lequel nous sommes « craque » de tous les côtés : il est inadapté à une gestion cohérente et extrêmement coûteux."

> Quelles sont les modifications à promouvoir en priorité ?
"Il faudrait que l'Etat transfère totalement aux collectivités locales les recettes qu'il affecte actuellement à des subventions correspondants aux responsabilités de ces collectivités. La priorité doit être donnée aux rapports contractuels entre l'Etat et les collectivités, s'accordant autour de projets et d'actions communes. La légitimité doit être reconnue aux territoires de projets (au sens de la loi Voynet) pour conclure ces contrats, et aux territoires de gestion (au sens de la loi Chevènement) pour réaliser les actions convenues."

> Dans quelle mesure les initiatives gouvernementales pourraient-elles se traduire par un réel progrès en matière de démocratie participative ?
"Lorsque l'on parle de « droit de saisine » ou de « référendum local », on parle de démocratie directe et il ne s'agit pas d'un réel progrès. On ne parle pas de la démocratie participative à laquelle sont attachés tous ceux qui prônent les méthodes du développement local durable comme alternative indispensable à la mondialisation financière et à ses effets néfastes. Ces pratiques visent à associer, de manière continue, tous les acteurs concernés par un avenir humain, économique, social et culturel commun, aussi bien auprès des territoires de gestion que des territoires de projet ( les « conseils de développement » pour les Pays). Ainsi les acteurs concernés seront tous réellement et efficacement mobilisés pour agir ensemble. De plus, dans les quartiers, rien - et surtout pas la loi Vaillant - ne devrait venir brider les initiatives locales en faveur de la constitution de comités de quartier, indépendants et en dialogue avec leurs élus "

> Version intégrale de l'interview

 

 

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