A LA UNE
Le libéralisme touche le fond !
Lors de sa
récente assemblée générale, Hautes-Alpes
Ski de Fond (HASF) a annoncé une hausse conséquente
du prix de la vignette, qui passe de 50 à 75 euros. Les
justifications de cette explosion des tarifs inquiètent
bien au-delà du seul cercle des pratiquants...
Cest entendu,
le ski de fond est en crise. Apparemment en cause, le déficit
denneigement : 6 semaines seulement la dernière
saison ! Mais les études commanditées par
HASF montrent que labsence de neige nexplique pas
tout. Le critère déterminant serait un « déficit
dimage » de cette pratique hivernale, voire
même son « image vieillotte »
due à « un produit décalé ».
Le diagnostic
semble alors simposer : « il faut changer
limage du ski de fond ». Et de proposer
le développement de nouvelles activités plus en
phase avec les nouvelles attentes des publics (plus de fun,
de jump, de loom...), une « assurance neige »
apportée par lenneigement artificiel ainsi quune
amélioration de la qualité des services et prestations.
Jusque là,
rien qui soit de nature à justifier une indignation, tout
au plus de sérieuses interrogations sur les évolutions
des pratiques sportives dans notre société.
Mais où
la situation devient grave cest quand on entend certains
responsables et partenaires de HASF déplorer un ski de
fond synonyme de « ski du pauvre »,
sinsurger de labsence en ce domaine de « réelle
activité marchande ».
La solution :
« faire payer à un prix juste cette activité
qui fonctionne à perte, cette hérésie économique ».
Pas de doute, cet hiver les idées libérales ont
les spatules en poupe !
« Ski
du pauvre » ? Ce genre de formule inacceptable nest
pas sans rappeler les déclarations entendues au début
de cette même année, diabolisant ces jeunes qui
envahissaient « nos stations » alors
quils navaient même pas de quoi payer des hôtels
trois étoiles...
« Créer
une activité rentable » ? Au nom de quoi tout dans
ce monde devrait être obligatoirement privatisé
et marchandisé, devenir source de profits pour quelques
uns... et dexclusions pour le plus grand nombre ? A quand
une vignette sur les bonhommes de neige ?
« Faire
payer le prix juste » ? Puisque toutes idées
daccessibilités, de solidarités et déquités
semblent à ce point devenues incongrues, allons jusquoù
bout de la logique : supprimons toutes les subventions publiques
aux infrastructures, aux canons à neige tout comme aux
projets autoroutiers, et faisons réellement payer ce juste
prix à tous les utilisateurs !