ACTEURS
Afghanistan : le chemin de l'école
Organisée
par le réseau de la Ligue de lEnseignement, la Quinzaine
de lécole publique 2002 a permis de soutenir des
actions de reconstruction dun système scolaire Afghan.
Benoit Marquaille, chargé de mission de la Ligue, a participé
à une mission sur certains des sites concernés.
Témoignage...
« Pendant
un mois, nous avons emboîté le pas des enfants afghans
sur le chemin de leur école. Nous y avons rencontré
lhospitalité afghane, le courage afghan, le temps
afghan, la guerre... Nous avons tenté dattraper
un peu de cet insaisissable pays en état débullition... ».
« LAfghanistan
tente de panser ses plaies et elles sont multiples. Lampleur
des destructions est énorme. Des villages entiers, des
régions ont été rasés. Dans la plaine
de Shamali, au Nord de Kaboul, ce sont un million de mines qui
ont été désamorcées. Mais, dans lensemble
du pays, des zones entières sont encore minées,
des routes sont encore fermées et les années quil
faudra pour tout enlever se comptent par dizaines. Les problèmes
sanitaires et alimentaires sont évidemment très
importants et la situation saggrave encore dans les zones
reculées...».
« Nous
avons pu rencontrer M. Marastial, vice-ministre de léducation.
Pour lui, le problème principal reste la question du bâti.
Des 4.400 écoles qui existaient en Afghanistan, 80% ont
été détruites et le ministère enregistre
400 demandes de reconstruction par semaine... Le nombre denfants
scolarisés dans le pays est estimé à un
million et demi, alors que quatre millions dentre eux seraient
en attente de scolarisation. Prochainement, le gouvernement espère
pouvoir accueillir deux millions trois cent mille élèves,
dont huit cent mille en lycée. Au regard de ces chiffres,
une grande partie des enfants afghans na aucun espoir de
scolarisation prochaine. Cette injustice touche particulièrement
les filles. Pour celles qui nont pas été
scolarisées depuis cinq ou six ans, il y a urgence... ».
« Les
conditions de travail pour les enfants sont évidemment
très difficiles. Le plus souvent, ils sont assis par terre
sur des tapis pour étudier. Les bâtiments qui nont
pas été détruits ont fini par sabimer
avec le temps et les travaux de rénovation sont souvent
importants. Le plus souvent, les bâtis ne possèdent
ni toits, ni fenêtres, ni portes. Pour ceux qui ne disposent
plus de bâtiments, lécole a trouvé
refuge dans une mosquée, la maison dune institutrice,
un vieux container métallique ou encore dans un champ,
un terrain vague, à lombre des arbres. Lécole
continue comme elle peut... ».
« Il
faut rendre hommage au courage et à la ténacité
du personnel enseignant qui assure sa mission tant bien que mal.
Si quelques salaires ont été versés à
Kaboul, cet été, dans les provinces, personne navait
été payé depuis 5 mois... Les personnels
enseignants nont bien sûr aucun matériel pour
faire la classe. Tout manque, bureaux, chaises, tableaux noirs,
livres... De jeunes volontaires sont venus dans les écoles
pour enseigner mais aucune formation ne leur a été
dispensée. Pour les anciens aussi, des remises à
niveau générales seraient nécessaires. La
pédagogie tourne donc autour de lassimiliation par
la répétition et la reproduction... »