Associatifs n° 11 - Janvier 2003

REFORME
Une nouvelle "loi montagne" ?

La loi montagne date de 1985. Aux yeux de certains, elle commencerait à accuser un certain nombre de rides rendant nécessaire et urgente une profonde réforme ou, au minimum, un sérieux toilettage...

Dans la conception actuelle de la loi, la politique de la montagne apparaît bien plus fondée sur le développement des atouts et potentialités de chaque territoire que sur la reconnaissance de leurs handicaps.

Pour certains, le soutien aux activités « traditionnelles », le respect de l’environnement, ou la dimension européenne, sont insuffisants.

Pour d’autres, cette loi - et les réglementations qui en découlent - aurait le défaut majeur de bloquer les initiatives (notamment en matière d’urbanisme, de développement économique et d’implantation de projets touristiques).

Une mission d’information sénatoriale a donc été chargée en 2002 de dresser un bilan.

Dans un rapport très complet signé par le Sénateur Amoudry, elle produit une analyse de la diversité et des spécificités des zones de montagne.

Elle propose d’assigner à la future politique de la montagne trois grands objectifs : « promouvoir une démarche contractuelle et concertée pour préserver le patrimoine naturel ; relever les défis économiques ; promouvoir un aménagement spécifique et solidaire dans les massifs ».

Suivent alors 98 propositions très concrètes, souvent pertinentes... et pour certaines lourdes de questionnements (ainsi quand il est question de « simplification » des procédures d’aménagement touristique, du recours à l’enneigement artificiel, ou du rôle de l’Etat dans la gestion des Parcs naturels nationaux...).

Un loi montagne, pour quoi faire ?

Avons-nous vraiment besoin d’une nouvelle loi ? La question mérite d’être posée.

En effet, se donner les moyens – et la volonté politique... – d’appliquer pleinement les dispositions actuelles (quitte à en améliorer certaines) serait déjà, dans bien des domaines, un très net progrès !

Et puis si, comme le soulignent avec justesse les sénateurs, l’enjeu est bien de parvenir à la définition d’une nouvelle forme de « contrat » entre la nation et sa montagne, peut-on faire l’économie d’un large débat public ?

Un débat où l’ensemble des questions seraient posées, et à toutes les parties prenantes ?

Un débat où serait clairement abordée la question centrale du choix du « modèle de développement » à favoriser, par exemple entre une « montagne terrain de jeu » pour une minorité, ou une « montagne à vivre » pour le plus grand nombre ?

 

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