Associatifs n° 11 - Janvier 2003

DECOUVERTE
La montagne face à ses politiques...

L’année internationale des montagnes qui vient de s’achever a été l’occasion de dresser, partout dans le monde, un large panorama des attentes et besoins de la montagne et de ses habitants, qu’ils soient permanents et/ou temporaires. Nous entamons dans ce numéro d’Associatifs une série d’articles et d’interviews sur le sujet, en commençant par une approche de la situation française...

La montagne constitue une entité dont tout le monde s’accorde à penser qu’elle nécessite la mise en œuvre d’une politique spécifique de gestion, d’aménagement et de protection.

Dans notre pays, cette politique est, depuis une trentaine d’année, fondée sur la mise en valeur optimale des potentialités locales dans le cadre d’une démarche de développement.

Il s’agit, pour l’essentiel, de favoriser la mobilisation des ressources agricoles, artisanales, commerciales et touristiques, en même temps que la protection des équilibres écologiques, la préservation des sites, des paysages et du patrimoine...

Une loi spécifique, relative au développement et à la protection de la montagne, dite « loi montagne », a été adoptée en 1985 (loi n° 85-30 du 9 janvier 1985).

Elle a pour champ d’application des « massifs » dont la délimitation est définie par les décrets du 20 septembre 1985.

Chaque massif contient des zones de montagne dans lesquelles s’appliquent les dispositions d’urbanisme propres à la loi montagne.

Dans ses grands principes, la « loi montagne » reconnaît la spécificité du territoire et la nécessité de rechercher l’équilibre entre développement et protection.

Le législateur précise que l’aménagement du territoire doit se faire dans le cadre « d’un développement économique et social équilibré, permettant de valoriser l’ensemble des ressources, prenant en compte la protection des milieux naturels et des éléments patrimoniaux ».

Pour ce faire, les dispositions législatives et réglementaires adoptées abordent de nombreux points tels que : réglementation spécifique au titre du code de l’urbanisme (autorisations des remontées mécaniques, création des unités touristiques...) ; protection et développement de l’activité agricole (régulation foncière, aides financières...) ; risques naturels ; maîtrise des opérations d’aménagement touristiques ; ressources particulières au profit des collectivités (taxes sur les remontées mécaniques et sur le ski de fond...).

Des institutions adaptées ont également été créées pour accompagner la démarche.

Ainsi, du « Conseil National de la Montagne » (cf. page 2) et, pour chaque massif, des « Comités de massif ». Ils sont sollicités pour apporter leurs avis et propositions.

Dans la foulée de la première loi de décentralisation, la loi montagne précise les rôles respectifs de l’Etat et des collectivités locales.

A l’Etat échoit le soin de planifier, coordonner et contrôler. Il est ainsi en charge de l’élaboration de Directives Territoriales d’Aménagement.

Les collectivités locales, outre leurs tâches habituelles, se voient confiées des compétences spécifiques. Elles bénéficient de ressources fiscales particulières et sont très investies dans les actions de développement touristique.

Au cours de nos prochains articles nous confronterons la réalité présente aux enjeux du futur, que sont des questions comme le « développement durable », la qualité de vie des populations, ou les nécessaires dimensions européennes et internationales de politiques de la montagne.

 

 

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