DECOUVERTE
Montagnes d'ici, montagnes d'ailleurs
Les montagnes...
Elles couvrent un quart de la surface de notre Terre... Un dixième
de la population du monde y vit... Elles alimentent en eau environ
la moitié de lhumanité... Et surtout, elles
ignorent les frontières étatiques ! Comment
pourrait-on alors sen préoccuper sans parler international
et transfrontalier ?
Les enjeux des
politiques de la montagne apparaissent presque partout les mêmes.
Pour lessentiel, il sagit de parvenir à une
véritable gestion (démocratique ? concertée ?
partagée ? équitable ?) des ressources
naturelles, de respecter des cultures locales et des identités
montagnardes riches et bien établies, tout autant que
de réduire lenclavement, de favoriser les échanges,
de créer ou maintenir des services de qualité.
Pour résumer,
on cherche tout à la fois à protéger et
développer, à apporter la modernité tout
en préservant la tradition. Rien de moins quune
quadrature du cercle. Et pourtant, pas mal de courageux sattellent
à la tâche !
2002 : Une
année de bilan
LAnnée
Internationale de la Montagne a été loccasion
dun large tour dhorizon des différentes initiatives
prises par les uns et les autres.
On constate quun
grand nombre de pays reconnaissent limportance de leurs
régions de montagne et élaborent à leur
intention des politiques sectorielles, des lois et des dispositions
spéciales.
La plupart dentre
elles concernent lexploitation des ressources naturelles
(bois, hydroélectricité, minerais...) ou les infrastructures
(routes, tunnels, voies ferrées, équipements touristiques...).
On peut légitimement
regretter que les modes de vie, le développement local,
les services publics, la culture et léducation soient
plus rarement explicitement pris en compte.
Et, bien évidemment,
les exigences diffèrent grandement entre pays industrialisés
et pays en développement.
Enfin, il est
impossible docculter, en de trop nombreux points du globe,
les risques de conflits autour des ressources : leau,
les sols, les forêts, les mines...
Des réseaux
dacteurs sorganisent
Partout, des
réseaux dacteurs - publics ou privés - sorganisent
et se structurent. Cest notamment le cas de « lAssociation
des Populations des Montagnes du Monde ».
Au niveau européen,
la démarche la plus aboutie est celle de la « Convention
Alpine ».
Cest la
première illustration dune politique spécifique
aux massifs par laquelle huit pays de lArc Alpin (Allemagne,
Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Suisse, Monaco, Slovénie)
et lUnion Européenne ont signé puis ratifié
une convention visant au développement et à la
protection du massif alpin.
Les actions et
réflexions sont organisées autour de trois axes majeurs
: le maintien des activités, la valorisation du patrimoine
naturel et bâti, la préservation de la vocation
dhabitat pour les espèces animales et végétales.
Quelques principes
forts sont mis en exergue, tels le développement durable,
la subsidiarité, les projets concrets et la mise en réseau.
Aujourdhui,
la Convention Alpine est déclinée en 13 protocoles
thématiques : agriculture de montagne, énergie,
protection des sols, tourisme, transports, population et culture...
Mais une partie seulement de ces engagements a été
ratifiée par les Etats membres.
Cest là
où la société civile, les organisations
non gouvernementales et les associations délus locaux
ont un rôle crucial à jouer, en maintenant la pression
sur les gouvernements afin que les engagements de papier deviennent
au plus tôt des actes bien concrets !