Associatifs n° 12 - Février 2003

DECOUVERTE
Montagnes d'ici, montagnes d'ailleurs

Les montagnes... Elles couvrent un quart de la surface de notre Terre... Un dixième de la population du monde y vit... Elles alimentent en eau environ la moitié de l’humanité... Et surtout, elles ignorent les frontières étatiques ! Comment pourrait-on alors s’en préoccuper sans parler international et transfrontalier ?

Les enjeux des politiques de la montagne apparaissent presque partout les mêmes. Pour l’essentiel, il s’agit de parvenir à une véritable gestion (démocratique ? concertée ? partagée ? équitable ?) des ressources naturelles, de respecter des cultures locales et des identités montagnardes riches et bien établies, tout autant que de réduire l’enclavement, de favoriser les échanges, de créer ou maintenir des services de qualité.

Pour résumer, on cherche tout à la fois à protéger et développer, à apporter la modernité tout en préservant la tradition. Rien de moins qu’une quadrature du cercle. Et pourtant, pas mal de courageux s’attellent à la tâche !

2002 : Une année de bilan

L’Année Internationale de la Montagne a été l’occasion d’un large tour d’horizon des différentes initiatives prises par les uns et les autres.

On constate qu’un grand nombre de pays reconnaissent l’importance de leurs régions de montagne et élaborent à leur intention des politiques sectorielles, des lois et des dispositions spéciales.

La plupart d’entre elles concernent l’exploitation des ressources naturelles (bois, hydroélectricité, minerais...) ou les infrastructures (routes, tunnels, voies ferrées, équipements touristiques...).

On peut légitimement regretter que les modes de vie, le développement local, les services publics, la culture et l’éducation soient plus rarement explicitement pris en compte.

Et, bien évidemment, les exigences diffèrent grandement entre pays industrialisés et pays en développement.

Enfin, il est impossible d’occulter, en de trop nombreux points du globe, les risques de conflits autour des ressources : l’eau, les sols, les forêts, les mines...

Des réseaux d’acteurs s’organisent

Partout, des réseaux d’acteurs - publics ou privés - s’organisent et se structurent. C’est notamment le cas de « l’Association des Populations des Montagnes du Monde ».

Au niveau européen, la démarche la plus aboutie est celle de la « Convention Alpine ».

C’est la première illustration d’une politique spécifique aux massifs par laquelle huit pays de l’Arc Alpin (Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Suisse, Monaco, Slovénie) et l’Union Européenne ont signé puis ratifié une convention visant au développement et à la protection du massif alpin.

Les actions et réflexions sont organisées autour de trois axes majeurs : le maintien des activités, la valorisation du patrimoine naturel et bâti, la préservation de la vocation d’habitat pour les espèces animales et végétales.

Quelques principes forts sont mis en exergue, tels le développement durable, la subsidiarité, les projets concrets et la mise en réseau.

Aujourd’hui, la Convention Alpine est déclinée en 13 protocoles thématiques : agriculture de montagne, énergie, protection des sols, tourisme, transports, population et culture... Mais une partie seulement de ces engagements a été ratifiée par les Etats membres.

C’est là où la société civile, les organisations non gouvernementales et les associations d’élus locaux ont un rôle crucial à jouer, en maintenant la pression sur les gouvernements afin que les engagements de papier deviennent au plus tôt des actes bien concrets !

 

 

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