A LA UNE
Emploi, insertion, associations...
ENTRE NUIT ET BROUILLARD
De coupes
budgétaires en réformes diverses, le Gouvernement
a porté ces derniers mois un coup sérieux au secteur
associatif, et notamment à celui engagé dans les
actions dinsertion...
Les décisions
étaient justifiées par la conviction quil
fallait donner la priorité au « soutien à
lactivité, notamment par lencouragement à
la création demplois dans le secteur marchand ».
Mais, hélas, le dit secteur marchand na pas répondu
aux attentes avec tout lenthousiasme espéré !
Doù un changement récent de stratégie.
Quand les statistiques du chômage risquent de porter atteinte
à une côte de popularité, on se rappelle
que les associations existent... Ainsi, le 18 mars, le Premier
ministre déclarait que lEtat « ne fera
pas déconomie sur le dos de lemploi et sur
le dos du social ». Et dajouter : « Il
faut éviter que les plus fragiles soient les premières
victimes du ralentissement économique en mobilisant tous
nos dispositifs ». Dont acte.
Plusieurs dispositifs
seraient donc réformés ou mis en place : pérennisation
de la prise en charge à 95% des CES du programme « Trace »
et des chantiers dinsertion, création du « CIVIS »
dici la fin de lannée (voir page suivante),
création dun revenu minimum dactivité
(RMA) en complément du RMI... Autant de décisions
prises sans la moindre consultation, ni concertation, avec les
acteurs associatifs pourtant souvent en première ligne.
Quand donc le
Gouvernement comprendra-t'il que transformer les associations
en supplétifs du traitement social du chômage équivaut
à les casser et à décourager tous ceux qui
sy investissent bénévolement et professionnellement...
et par là même à condamner à léchec
ses propres politiques ?
Le Gouvernement
na certainement pas mesuré à quel point les
« bons petits soldats associatifs » sont
aujourdhui sceptiques face aux effets dannonces,
et fatigués de devoir jouer les utilités en fonction
de décisions ponctuelles prises dans le secret des ministères.
Comment agir sérieusement et efficacement sans règles
du jeu claires et durables ?
Face aux errances
politiques actuelles, les associations en sont - hélas
- réduites à reprendre en chur le titre dune
célèbre chanson de Renaud : « Cest
quand quon va où ? ».