Associatifs n° 13 - Mars 2003

A LA UNE
Emploi, insertion, associations...
ENTRE NUIT ET BROUILLARD

De coupes budgétaires en réformes diverses, le Gouvernement a porté ces derniers mois un coup sérieux au secteur associatif, et notamment à celui engagé dans les actions d’insertion...

Les décisions étaient justifiées par la conviction qu’il fallait donner la priorité au « soutien à l’activité, notamment par l’encouragement à la création d’emplois dans le secteur marchand ». Mais, hélas, le dit secteur marchand n’a pas répondu aux attentes avec tout l’enthousiasme espéré ! D’où un changement récent de stratégie. Quand les statistiques du chômage risquent de porter atteinte à une côte de popularité, on se rappelle que les associations existent... Ainsi, le 18 mars, le Premier ministre déclarait que l’Etat « ne fera pas d’économie sur le dos de l’emploi et sur le dos du social ». Et d’ajouter : « Il faut éviter que les plus fragiles soient les premières victimes du ralentissement économique en mobilisant tous nos dispositifs ». Dont acte.

Plusieurs dispositifs seraient donc réformés ou mis en place : pérennisation de la prise en charge à 95% des CES du programme « Trace » et des chantiers d’insertion, création du « CIVIS » d’ici la fin de l’année (voir page suivante), création d’un revenu minimum d’activité (RMA) en complément du RMI... Autant de décisions prises sans la moindre consultation, ni concertation, avec les acteurs associatifs pourtant souvent en première ligne.

Quand donc le Gouvernement comprendra-t'il que transformer les associations en supplétifs du traitement social du chômage équivaut à les casser et à décourager tous ceux qui s’y investissent bénévolement et professionnellement... et par là même à condamner à l’échec ses propres politiques ?

Le Gouvernement n’a certainement pas mesuré à quel point les « bons petits soldats associatifs » sont aujourd’hui sceptiques face aux effets d’annonces, et fatigués de devoir jouer les utilités en fonction de décisions ponctuelles prises dans le secret des ministères. Comment agir sérieusement et efficacement sans règles du jeu claires et durables ?

Face aux errances politiques actuelles, les associations en sont - hélas - réduites à reprendre en chœur le titre d’une célèbre chanson de Renaud : « C’est quand qu’on va où ? ».

> Retour au sommaire de la rubrique

 

 

 

 

www.laligue-alpesdusud.org
Edition Fol 04 / Adelha 05 - Tous droits reservés - Hébergement R@S