Associatifs n° 14 - Avril 2003

A LA UNE
Pierre Villard, soldat de la paix


La guerre, la paix, l’action citoyenne... Pierre Villard, co-président national du Mouvement de la paix, a bien voulu répondre à nos questions.

> Face au conflit Irakien, et à tous les autres en cours sur la planète, comment les simples citoyens peuvent-ils concrètement agir et réagir ?

« Les pétitions, manifestations… répondent au besoin de construire un mouvement d’ampleur mesurable. Mais pour obtenir des résultats probants il faut agir en amont sur la sensibilisation des personnes. La Paix ne peut pas être que l’affaire des chefs d’Etat et/ou des militaires. Pour s’engager, le citoyen a besoin de penser que cela peut servir à quelque chose. C’est pourquoi l’action de proximité est très importante. »

> Est-ce que les mobilisations actuelles vous semblent de nature à faire émerger un véritable mouvement citoyen à l'échelle planétaire pesant sur les décisions des politiques ?

« Les mobilisations actuelles sont inédites et historiques. Le 15 février c’est la première manifestation mondiale de l’Histoire : une véritable « hola ! » pour la Paix. Cette nouvelle citoyenneté mondiale s’est exprimée est dans le droit fil des mobilisations de Seattle, Porto Alegre, Florence... Ces rassemblements portent la volonté de la construction d’un monde refusant les violences, centré sur les valeurs humaines. Aucun gouvernement ne peut longtemps ignorer cette mise en mouvement des peuples. »

> Quelles seraient priorités à fixer pour une éducation à la paix portée par les mouvements associatifs d'éducation populaire ?

« La Paix est à construire au quotidien, en permanence. La Paix dans le Monde ne commence-t’elle pas près de chez soi ? Les mouvements d’éducation populaire ont tout à gagner à s’inscrire dans la culture de Paix dont l’O.N.U. a fait sa décennie 2001 – 2010. Cela passe par l’apprentissage des autres. Ne pas voir dans l’inconnu un danger potentiel mais une richesse à partager. C’est possible dans les quartiers, les établissements scolaires, les centres de vacances par le développement d’activités de solidarité, de recherches, de connaissances des autres. Les jeunes sont pleins de générosité à revendre à condition qu’on leur en donne la possibilité. Le jeu, le sport, la musique, les arts sont des portes d’entrée intéressantes pour la culture de Paix en donnant confiance aux individus, en valorisant chacun d’eux dans un projet collectif. Les mouvements d’éducation populaire doivent prendre en compte cette dimension dans la formation de leurs animateurs et intervenants. »

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