Associatifs n° 14 - Avril 2003

INTERVIEW
Pierre-Léon VITOUX,
Association des Paralysés de France - Délégué pour les Alpes du Sud


> Que représente pour vous cette année européenne ?

"C’est l’occasion de chercher un équilibre entre une approche de la personne handicapée considérée comme un citoyen souhaitant participer à la vie de la cité, et une approche biomédicale qui nécessite des compensations pour une égalité des chances dans la vie collective. En France, on n’est pas trop mauvais dans la problématique biomédicale, mais on n’est pas bon du tout sur le volet environnemental qui est indispensable pour favoriser la participation de la personne. Mais, à mon sens, le plus important est le changement fondamental de perspective que tente d’imposer l’année européenne : s’appuyant sur la déclaration de Madrid, elle propose d’abandonner la conception de personnes handicapées comme objets de charité, ou comme simples patients, pour en venir à des personnes handicapées citoyens et consommateurs autonomes".

> Quels sujets spécifiques à nos départements des Alpes du Sud peuvent être mis en lumière à cette occasion ?

"Le problème numéro un est le transport. On bataille depuis de nombreuses années pour faire comprendre aux pouvoirs publics la nécessité d’un transport pour tous, mais aussi de transports adaptés aux personnes à mobilité réduite. A Gap, près de 70% des bus urbains sont maintenant équipés de planchers surbaissés et de palettes de liaison. C’est un vrai progrès, mais il restera toujours des gens qui ne peuvent accéder aux arrêts de bus. Et là il n’y a pas de réponses... C’est un vrai désert en matière de transports inter-urbains et de transports porte à porte. Parmi les autres points importants figurent bien sur le logement et l’aide à la vie quotidienne".

> Dans quelles types d’actions concrètes peuvent s’investir les simples citoyens ?

" Ils peuvent faire des dons, bien sûr, et nous avons aussi constamment besoin de bénévoles pour l’accompagnement, par exemple durant les temps de vacances. Mais je crois que le plus important est se poser la question de la visibilité : est-ce que dans ma vie la personne handicapée existe ? Trop souvent, les handicapés sont des citoyens invisibles. Et pourtant ils sont bien là. Si chacun de nous, dans ses implications professionnelles, éducatives, associatives... s’interrogeait sur ce qui fait obstacle à la participation des personnes handicapées ce serait très intéressant".



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