A LA UNE
L'éducation en débat : l'affaire de tous !
L'école
est à nouveau à la une de l'actualité. Priorité
affichée du Président de la République,
engagement fort du Gouvernement, depuis le mois de septembre
le « débat national sur lavenir de lécole »
est ouvert...
Le 15 septembre
dernier, le Premier ministre a installé la « Commission
du débat national » à qui revient la
tâche de préparer, animer et synthétiser
les débats qui doivent maintenant avoir lieu dans tout
le pays. Cette commission doit également auditionner les
représentants des diverses structures impliquées
dans le débat éducatif. Placée sous la présidence
de Claude Thélot, elle est chargée détablir
un « diagnostic partagé » et de
cerner les thèmes structurant du débat.
Le dispositif
est complété par un site internet entièrement
consacré au débat. Il informe des réunions
organisées, permet à chacun de transmettre des
contributions et de participer par lintermédiaire
de forums thématiques.
A la suite des
débats qui vont se dérouler dans tout le pays,
une première synthèse sera proposée en mars
2004. Ensuite, le Gouvernement envisage de soumettre au Parlement
un projet de loi dorientation à lautomne 2004.
Toutefois, dès
maintenant, il semble que lobjectif gouvernemental daboutir
à ce fameux « diagnostic partagé »
sera difficile à atteindre.
Ainsi, le pédagogue
Philippe Meirieu se déclare « contre lécole
libérale » qui, selon lui, va émerger
des réformes préparées par Luc Ferry et
le Gouvernement. Dans un récent ouvrage, il souligne que
« cette réforme aboutirait à la création
de ghettos terribles » et quelle « ferait
éclater le creuset social de lécole républicaine ».
Pour Philippe Meirieu les questions essentielles, et non posées
par le Gouvernement, sont : « Comment faire redémarrer
lascenseur social ? Comment faire émerger des
élites dans les zones sensibles ? Comment faire pour
que les élèves et les familles ne pensent plus
quil ny a que la Star Academy qui leur offre une
chance de sen sortir ? ».
En ce qui le
concerne, le réseau de la Ligue de lenseignement
constate que « les choix budgétaires, les mesures
et les méthodes du gouvernement ont créé
une situation qui a abouti à un blocage rendant impossible
l'indispensable débat pour les nécessaires évolutions
de l'École afin qu'elle devienne réellement démocratique ».
Cela fait maintenant
trois années que, par son appel « L'École
que nous voulons »,
la Ligue invite largement au débat public sur l'École.
Elle vient de décider de donner encore plus d'ampleur
aux objectifs affichés dans cet appel en menant ses propres
initiatives, en s'associant à d'autres acteurs de l'Ecole
(FCPE, Education et Devenir...) et en participant à part
entière à celles qui seraient conduites par les
pouvoirs publics.
La Ligue rappelle
que « ce débat doit avoir comme objectif premier
- en faisant la part des acquis et des échecs de notre
Ecole - de la faire progresser pour que tous les enfants et les
adolescents, en priorité ceux des milieux populaires,
quelles que soient leurs origines, s'y sentent chez eux et y
réussissent ».