Associatifs n° 17 - Octobre 2003

A LA UNE
L'éducation en débat : l'affaire de tous !

L'école est à nouveau à la une de l'actualité. Priorité affichée du Président de la République, engagement fort du Gouvernement, depuis le mois de septembre le « débat national sur l’avenir de l’école » est ouvert...

Le 15 septembre dernier, le Premier ministre a installé la « Commission du débat national » à qui revient la tâche de préparer, animer et synthétiser les débats qui doivent maintenant avoir lieu dans tout le pays. Cette commission doit également auditionner les représentants des diverses structures impliquées dans le débat éducatif. Placée sous la présidence de Claude Thélot, elle est chargée d’établir un « diagnostic partagé » et de cerner les thèmes structurant du débat.

Le dispositif est complété par un site internet entièrement consacré au débat. Il informe des réunions organisées, permet à chacun de transmettre des contributions et de participer par l’intermédiaire de forums thématiques.

A la suite des débats qui vont se dérouler dans tout le pays, une première synthèse sera proposée en mars 2004. Ensuite, le Gouvernement envisage de soumettre au Parlement un projet de loi d’orientation à l’automne 2004.

Toutefois, dès maintenant, il semble que l’objectif gouvernemental d’aboutir à ce fameux « diagnostic partagé » sera difficile à atteindre.

Ainsi, le pédagogue Philippe Meirieu se déclare « contre l’école libérale » qui, selon lui, va émerger des réformes préparées par Luc Ferry et le Gouvernement. Dans un récent ouvrage, il souligne que « cette réforme aboutirait à la création de ghettos terribles » et qu’elle « ferait éclater le creuset social de l’école républicaine ». Pour Philippe Meirieu les questions essentielles, et non posées par le Gouvernement, sont : « Comment faire redémarrer l’ascenseur social ? Comment faire émerger des élites dans les zones sensibles ? Comment faire pour que les élèves et les familles ne pensent plus qu’il n’y a que la Star Academy qui leur offre une chance de s’en sortir ? ».

En ce qui le concerne, le réseau de la Ligue de l’enseignement constate que « les choix budgétaires, les mesures et les méthodes du gouvernement ont créé une situation qui a abouti à un blocage rendant impossible l'indispensable débat pour les nécessaires évolutions de l'École afin qu'elle devienne réellement démocratique ».

Cela fait maintenant trois années que, par son appel « L'École que nous voulons », la Ligue invite largement au débat public sur l'École. Elle vient de décider de donner encore plus d'ampleur aux objectifs affichés dans cet appel en menant ses propres initiatives, en s'associant à d'autres acteurs de l'Ecole (FCPE, Education et Devenir...) et en participant à part entière à celles qui seraient conduites par les pouvoirs publics.

La Ligue rappelle que « ce débat doit avoir comme objectif premier - en faisant la part des acquis et des échecs de notre Ecole - de la faire progresser pour que tous les enfants et les adolescents, en priorité ceux des milieux populaires, quelles que soient leurs origines, s'y sentent chez eux et y réussissent ».

 



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