DECOUVERTE
Quelle France rurale pour 2020 ?
Les analyses et propositions de la DATAR
A lheure où le Gouvernement propose un projet
de loi en faveur du développement des territoires ruraux,
un rapport de la DATAR tente de tirer les enseignements des politiques
rurales conduites jusqualors, et de poser les bases dune
nouvelle politique de développement rural...
Ce rapport de
la Délégation à lAménagement
du Territoire et à lAction Régionale débute
par une mise en garde : quand nous regardons le monde rural,
nos lunettes sont périmées !
Aujourdhui,
ces territoires ne se confondent plus avec la seule activité
agricole. Ils ne sont pas non plus « des lieux dexodes,
à la remorque de la modernité ». Ainsi,
on enregistre larrivée significative de populations
jeunes, et de nouvelles articulations villes - campagnes se mettent
en place. Le rural devient un lieu de résidence recherché
et une destination touristique non négligeable.
Ceci conduit
la DATAR à une nouvelle typologie qui voit cohabiter « les
campagnes des villes », où sinventent
de nouvelles formes du rural, « les campagnes
les plus fragiles », en recul économique
et démographique, et « les nouvelles campagnes »,
à forte attractivité touristique ou entrepreneuriale.
La suite de létude
montre quau sein de ces campagnes du XXIème siècle
sarticulent plusieurs fonctions productives, résidentielles,
récréatives et touristiques, environnementales...
Egalement mise
en exergue, la grande diversité des territoires et des
dynamiques locales.
Ce qui fait dire
à la DATAR que nos mondes ruraux ne sont pas « enfermés
dans un schéma unique de développement, ni promis
ou condamnés à rester éternellement dans
une classe donnée ».
Il en découle
quelques propositions fortes que les auteurs du rapport voudraient
voir servir de base à laction politique à
venir :
- (1) résorber
la fracture rurale,
- (2) miser sur
une économie résidentielle maîtrisée,
- (3) repenser
et coordonner les rapports villes - campagnes,
- (4) permettre
le développement de lagriculture et des secteurs
productifs,
- (5) anticiper
les changements environnementaux,
- et (6) promouvoir
les logiques territorialisées.
Les axes prioritaires
dactions qui sont fixés insistent sur la nécessité
de rénover et renforcer les dispositifs dintervention
publique, sur limportance des nouvelles technologies et
des grandes infrastructures de communications, sur la mise en
place de dispositifs favorisant laccueil des nouveaux actifs
et les services aux populations.
La décentralisation,
le développement des coopérations intercommunales,
et la prise en compte accrue des politiques régionales
initiées par lUnion Européenne apparaissent
comme autant de solutions permettant datteindre ces objectifs.
Si beaucoup déléments
danalyses et de propositions concrètes apparaissent
très pertinents, les militants associatifs et les acteurs
de la société civile, pourront toutefois regretter
que la DATAR peine à leur reconnaître une place
et un rôle. Il est ainsi significatif que le rapport ne
fasse état que de façon très marginale des
démarches de citoyenneté locale, démocratie
participative ou dinitiative citoyenne qui constituent
pourtant le quotidien de nos villes et villages.
Les territoires
ne sont pas une « tuyauterie »,
plus ou moins performante, quil conviendrait de gérer
en « techniciens du développement »
: ce sont aussi - et surtout - des enfants, des femmes et des
hommes qui y vivent, en vivent... et les font vivre !