LEGISLATION
Nouvelle "loi rurale", nouvelle "loi montagne"
Le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche
et des affaires rurales a récemment présenté
un projet de loi relatif au développement des territoires
ruraux.
Sans surprise,
ce projet de loi - dinspiration très libérale
- comporte un ensemble de mesures destinées avant tout
à développer l'activité économique :
zones de revitalisation rurale, activité agricole, tourisme,
mutualisation de l'emploi entre différents employeurs,
pluriactivité, formation professionnelle des travailleurs
saisonniers...
Dans le but de
« renforcer l'attractivité des territoires
ruraux », le projet inclut des dispositions fiscales
visant à augmenter l'offre de logements par la rénovation
du patrimoine bâti.
Des mesures relatives
au développement des maisons de services publics ou à
linstallation des professionnels de santé sont également
avancées.
La forêt,
les espaces pastoraux, et les zones humides bénéficient
de diverses incitations fiscales alors que de « meilleurs
équilibres entre activités agricoles ou sylvicoles
et pratiques cynégétiques » sont
également recherchés.
Le Gouvernement
souhaite en profiter pour procéder à une « actualisation
des dispositions de la loi du 9 janvier 1985, relative au développement
et à la protection de la montagne » afin
- souligne-til - de prendre en compte « les
politiques de décentralisation, et la diversité
des territoires de montagne ». Ainsi, des évolutions
notables de la législation devraient « faciliter
limplantation de nouvelles unités touristiques »
...dans des zones naturelles sensibles jusqualors protégées
!
Ce projet de
loi traduit à lévidence la volonté
dun transfert très conséquent de compétences
de lEtat vers les Conseils généraux. Ceux-ci
vont devoir assumer de plus en plus de missions... sans obtenir
de garanties précises en matière de transferts
budgétaires correspondants !
On ne manquera
pas de sinterroger sur les effets de ces nouvelles orientations
voulues par le Gouvernement, qui tendent à sacrifier sur
lautel de léconomie la protection de lenvironnement...
tout autant que celle des hommes.
Une politique
de « développement durable des territoires ruraux
» peut-elle faire limpasse sur les questions sociales,
déducation, de lutte contre les différentes
formes dexclusion ?
Les citoyens
peuvent-ils admettre, quau détour dun simple
texte de loi, lEtat se démette de son indispensable
rôle dacteur et de garant de la solidarité
nationale ?