Associatifs n° 18 - Novembre 2003

LEGISLATION
Nouvelle "loi rurale", nouvelle "loi montagne"


Le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales a récemment présenté un projet de loi relatif au développement des territoires ruraux.

Sans surprise, ce projet de loi - d’inspiration très libérale - comporte un ensemble de mesures destinées avant tout à développer l'activité économique : zones de revitalisation rurale, activité agricole, tourisme, mutualisation de l'emploi entre différents employeurs, pluriactivité, formation professionnelle des travailleurs saisonniers...

Dans le but de « renforcer l'attractivité des territoires ruraux », le projet inclut des dispositions fiscales visant à augmenter l'offre de logements par la rénovation du patrimoine bâti.

Des mesures relatives au développement des maisons de services publics ou à l’installation des professionnels de santé sont également avancées.

La forêt, les espaces pastoraux, et les zones humides bénéficient de diverses incitations fiscales alors que de « meilleurs équilibres entre activités agricoles ou sylvicoles et pratiques cynégétiques » sont également recherchés.

Le Gouvernement souhaite en profiter pour procéder à une « actualisation des dispositions de la loi du 9 janvier 1985, relative au développement et à la protection de la montagne » afin - souligne-t’il - de prendre en compte « les politiques de décentralisation, et la diversité des territoires de montagne ». Ainsi, des évolutions notables de la législation devraient « faciliter l’implantation de nouvelles unités touristiques » ...dans des zones naturelles sensibles jusqu’alors protégées !

Ce projet de loi traduit à l’évidence la volonté d’un transfert très conséquent de compétences de l’Etat vers les Conseils généraux. Ceux-ci vont devoir assumer de plus en plus de missions... sans obtenir de garanties précises en matière de transferts budgétaires correspondants !

On ne manquera pas de s’interroger sur les effets de ces nouvelles orientations voulues par le Gouvernement, qui tendent à sacrifier sur l’autel de l’économie la protection de l’environnement... tout autant que celle des hommes.

Une politique de « développement durable des territoires ruraux » peut-elle faire l’impasse sur les questions sociales, d’éducation, de lutte contre les différentes formes d’exclusion ?

Les citoyens peuvent-ils admettre, qu’au détour d’un simple texte de loi, l’Etat se démette de son indispensable rôle d’acteur et de garant de la solidarité nationale ?

 



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