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Lendemains d'élections : prudence et volontarisme de rigueur
!
Les élections
régionales et cantonales viennent de sachever. Les
urnes ont rendu leurs verdicts. Quelques commentaires, dun
point de vue associatif...
Acteurs de la
vie civique, les militants associatifs se félicitent de
la remontée dune participation électorale
quils appellent constamment de leurs vux, et pas
seulement depuis un 21 avril de sinistre mémoire... Pourtant,
face à la (bien modeste) embellie constatée, cest
la prudence qui doit être de mise.
En effet, beaucoup
plus quun réel regain dintérêt
pour la chose publique, il semble que ce soit le rejet de certains
aspects de la politique gouvernementale qui ait constitué
le principal déterminant de la mobilisation citoyenne.
A ce premier
élément de prudence doit sen ajouter un second,
dans la mesure où les nouveaux exécutifs régionaux
et départementaux qui viennent dêtre désignés
vont devoir remplir leurs missions dans des contextes particuliers
et inédits : désengagement de lEtat et nouvelles
lois de décentralisation.
Sous ses diverses
formes (baisse des subventions, suppression des emplois-jeunes...)
le désengagement de lEtat, constitue une réalité
à laquelle chaque association se trouve confrontée.
La mobilisation autour de la campagne « Que serait la
vie sans les associations ? » montre à quel
point chacun - indépendamment de ses convictions politiques,
de ses domaines et de ses territoires dinterventions -
se sent directement affecté.
Face à
un Etat se repliant sur ses étroites fonctions régaliennes,
le réflexe est grand de demander la compensation aux Régions
et Départements. Le voudront-ils ? Le pourront-ils ? Rien
nest moins sûr, dans la mesure où une importante
réforme des lois de décentralisation est en cours
de discussion au Parlement.
Dans son principe,
la décentralisation peut bien évidemment savérer
intéressante et porteuse davancées significatives.
Mais - hélas - au stade actuel du projet, la future loi
est bien trop floue pour susciter autre chose que des inquiétudes,
aussi bien au niveau des compétences transférées...
que des financements afférents.
Ce paysage sombre
et flou à la fois ne doit pas empêcher le monde
associatif dêtre motivé. Cest par son
volontarisme, et sa capacité dinterpellation crédible
des pouvoirs publics, quil pourra obtenir les mesures techniques
et financières dont il a besoin pour perdurer et se développer.
Ce volontarisme
doit aujourdhui sattacher à démontrer
une évidence à ceux qui ne veulent pas la
reconnaître : les associations remplissent un rôle
essentiel dinsertion de chaque être humain dans la
cité. En ce sens, les associations déducation
populaire et de lutte contre toute les formes dexclusion,
ou celles investies dans léconomie sociale et solidaire,
ne doivent plus être regardées avec condescendance,
comme autant de survivances archaïques dun passé
révolu, mais bien comme les fers de lance de la démocratie
dont notre pays et lEurope ont grand besoin : une démocratie
renouvelée, réconciliée, ouverte et solidaire.