Associatifs n° 21 - Avril 2004

A LA UNE
Lendemains d'élections : prudence et volontarisme de rigueur !

Les élections régionales et cantonales viennent de s’achever. Les urnes ont rendu leurs verdicts. Quelques commentaires, d’un point de vue associatif...

Acteurs de la vie civique, les militants associatifs se félicitent de la remontée d’une participation électorale qu’ils appellent constamment de leurs vœux, et pas seulement depuis un 21 avril de sinistre mémoire... Pourtant, face à la (bien modeste) embellie constatée, c’est la prudence qui doit être de mise.

En effet, beaucoup plus qu’un réel regain d’intérêt pour la chose publique, il semble que ce soit le rejet de certains aspects de la politique gouvernementale qui ait constitué le principal déterminant de la mobilisation citoyenne.

A ce premier élément de prudence doit s’en ajouter un second, dans la mesure où les nouveaux exécutifs régionaux et départementaux qui viennent d’être désignés vont devoir remplir leurs missions dans des contextes particuliers et inédits : désengagement de l’Etat et nouvelles lois de décentralisation.

Sous ses diverses formes (baisse des subventions, suppression des emplois-jeunes...) le désengagement de l’Etat, constitue une réalité à laquelle chaque association se trouve confrontée. La mobilisation autour de la campagne « Que serait la vie sans les associations ? » montre à quel point chacun - indépendamment de ses convictions politiques, de ses domaines et de ses territoires d’interventions - se sent directement affecté.

Face à un Etat se repliant sur ses étroites fonctions régaliennes, le réflexe est grand de demander la compensation aux Régions et Départements. Le voudront-ils ? Le pourront-ils ? Rien n’est moins sûr, dans la mesure où une importante réforme des lois de décentralisation est en cours de discussion au Parlement.

Dans son principe, la décentralisation peut bien évidemment s’avérer intéressante et porteuse d’avancées significatives. Mais - hélas - au stade actuel du projet, la future loi est bien trop floue pour susciter autre chose que des inquiétudes, aussi bien au niveau des compétences transférées... que des financements afférents.

Ce paysage sombre et flou à la fois ne doit pas empêcher le monde associatif d’être motivé. C’est par son volontarisme, et sa capacité d’interpellation crédible des pouvoirs publics, qu’il pourra obtenir les mesures techniques et financières dont il a besoin pour perdurer et se développer.

Ce volontarisme doit aujourd’hui s’attacher à démontrer une évidence à ceux qui ne veulent pas la reconnaître : les associations remplissent un rôle essentiel d’insertion de chaque être humain dans la cité. En ce sens, les associations d’éducation populaire et de lutte contre toute les formes d’exclusion, ou celles investies dans l’économie sociale et solidaire, ne doivent plus être regardées avec condescendance, comme autant de survivances archaïques d’un passé révolu, mais bien comme les fers de lance de la démocratie dont notre pays et l’Europe ont grand besoin : une démocratie renouvelée, réconciliée, ouverte et solidaire.




> Retour au sommaire de la rubrique

 

 

 

 

www.laligue-alpesdusud.org
Edition Fol 04 / Adelha 05 - Tous droits reservés - Hébergement R@S