Associatifs n° 23 - Juin 2004

TEMOIGNAGE
Vincent Leleu, agent du patrimoine de la commune de l'Argentière-la-Bessée

> Ces rencontres de l’eau étaient pour vous l’opportunité de mettre en avant des actions menées depuis 15 ans à l’Argentière, autour du pôle « eau vive ». Pouvez-vous nous en dire plus ? 

« Le pôle a été développé au moment du départ de l’usine Pechiney, en 1987, dans le cadre d’une politique de reconversion de la commune, axée à la fois sur le patrimoine (avec la mine du Fournel principalement) et sur les métiers d’eau vive. L’objectif est de générer des retombées sur la commune, notamment en termes d’images et en termes économiques ».

> L’Argentière devient un haut-lieu du canoé-kayak ?

« Effectivement. Nous avons à l’Argentière un fort potentiel, avec la possibilité de parcourir la Durance sur près de 30 kilomètres sans descendre de bateau. C’est presque unique en Europe ! Le centre de formation de la fédération y est implanté [le CFRCK]. Les équipes nationales viennent s’y entraîner régulièrement. Une section canoë-kayak a été créée au lycée. C’est la base d’une pépinière de champions, soutenue par le Comité Départemental du Tourisme et le Club Elite Hautes-Alpes. Nous nous préparons aussi à accueillir en 2006 les championnats d’Europe, et pour l’événement toute une série d’équipements sont en cours de réalisation : nouveau bassin, aménagements des berges, locaux d’accueil... ».

> Comment intégrez vous la prise en compte de l’environnement dans vos activités ? 

« Dans la formation des encadrants et des animateurs on cherche à leur ouvrir le regard sur la richesse de l’environnement : géologie, hydrologie, faune, flore... Nous voulons éviter toute dichotomie entre la pratique sportive, la culture et l’environnement. Les « Rencontres de l’eau » sont positives pour l’évolution des pratiques. C’est une démarche pédagogique intéressante pour nous qui préférons parler de conciliations d’usages plutôt que de conflits d’usages, et montrer que, sur un territoire unique, différentes pratiques peuvent s’enrichir  mutuellement. ».

> Sur quels points vous investissez-vous plus particulièrement ?

« On souhaite avec la Fédération de canoë-kayak faire évoluer les réglementations pour que les scolaires puisse faire du raft, alors que jusqu’à présent c’est interdit. Les textes datent de 1992. Pourtant, il est aujourd’hui possible de pratiquer de telles activités en toute sécurité, avec des itinéraires, du matériel et des pratiques pédagogiques adaptés. Nous voulons également approfondir la pratique du canyonning dont on connaît mal l’impact environnemental... Pourquoi ne pas organiser prochainement une table-ronde pour parler de sécurité, de secours, d’impacts de la fréquentation sur la nature ? ».





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