TEMOIGNAGE
Vincent Leleu, agent du patrimoine de la commune de l'Argentière-la-Bessée
>
Ces rencontres de l’eau étaient pour vous l’opportunité
de mettre en avant des actions menées depuis 15 ans à
l’Argentière, autour du pôle « eau
vive ». Pouvez-vous nous en dire plus ?
« Le
pôle a été développé au moment du
départ de l’usine Pechiney, en 1987, dans le cadre d’une
politique de reconversion de la commune, axée à la fois
sur le patrimoine (avec la mine du Fournel principalement) et sur les
métiers d’eau vive. L’objectif est de générer des
retombées sur la commune, notamment en termes d’images et en
termes économiques ».
> L’Argentière devient un haut-lieu du canoé-kayak ?
« Effectivement.
Nous avons à l’Argentière un fort potentiel, avec la
possibilité de parcourir la Durance sur près de 30
kilomètres sans descendre de bateau. C’est presque unique en
Europe ! Le centre de formation de la fédération y est
implanté [le CFRCK]. Les équipes nationales viennent s’y
entraîner régulièrement. Une section
canoë-kayak a été créée au
lycée. C’est la base d’une pépinière de champions,
soutenue par le Comité Départemental du Tourisme et le
Club Elite Hautes-Alpes. Nous nous préparons aussi à
accueillir en 2006 les championnats d’Europe, et pour
l’événement toute une série d’équipements
sont en cours de réalisation : nouveau bassin,
aménagements des berges, locaux d’accueil... ».
> Comment intégrez vous la prise en compte de l’environnement dans vos activités ?
« Dans
la formation des encadrants et des animateurs on cherche à leur
ouvrir le regard sur la richesse de l’environnement :
géologie, hydrologie, faune, flore... Nous voulons éviter
toute dichotomie entre la pratique sportive, la culture et
l’environnement. Les « Rencontres de l’eau » sont
positives pour l’évolution des pratiques. C’est une
démarche pédagogique intéressante pour nous qui
préférons parler de conciliations d’usages plutôt
que de conflits d’usages, et montrer que, sur un territoire unique,
différentes pratiques peuvent s’enrichir
mutuellement. ».
> Sur quels points vous investissez-vous plus particulièrement ?
« On
souhaite avec la Fédération de canoë-kayak faire
évoluer les réglementations pour que les scolaires puisse
faire du raft, alors que jusqu’à présent c’est interdit.
Les textes datent de 1992. Pourtant, il est aujourd’hui possible de
pratiquer de telles activités en toute sécurité,
avec des itinéraires, du matériel et des pratiques
pédagogiques adaptés. Nous voulons également
approfondir la pratique du canyonning dont on connaît mal
l’impact environnemental... Pourquoi ne pas organiser prochainement une
table-ronde pour parler de sécurité, de secours,
d’impacts de la fréquentation sur la nature ? ».