DECOUVERTE
Développement rural et réseaux associatifs en Europe : Nouveaux acteurs, nouvelles demandes...
Dans
de nombreux pays de l’Union Européenne, les associations
interviennent dans les projets de développement rural et
apportent leurs revendications, attentes et contributions aux
débats publics. Cet article est le premier d’une série
visant à mieux connaître les réseaux ruraux chez
nos voisins européens...
Les analyses et réflexions qui suivent proviennent en grande
partie d’un document récemment diffusé,
élaboré dans le cadre du programme « nouveaux acteurs du débat public sur l'agriculture et le développement rural ».
Ce programme est coordonné par l'association française
« Geyser », qui a son siège à
Saint-Michel l’Observatoire (04).
Sur la base d’un travail effectué en liaison avec les associations membres du réseau européen « Prepare », l’association « Geyser »
cherche à mieux connaître et faire reconnaître les
propositions et les modes d'action des fédérations et des
réseaux associatifs qui interviennent dans le débat
public, principalement en matière d’évolution des
politiques agricoles et de développement rural.
Du local à l'Europe : Quel rôle pour les mouvements ruraux ?
Il est clair que l’efficacité de beaucoup d’actions de terrain
est étroitement dépendante des choix politiques
effectués au niveau de l'Europe, de chacun des pays membres, des
régions et des collectivités locales. Les associations ne
constituent qu’un élément dans un ensemble beaucoup plus
vaste.
Nombreux sont les individus, structures et organismes qui, pour
diverses raisons, tentent de contribuer à une évolution
des politiques publiques. Chacun, à sa manière et
à son niveau, cherche à favoriser une certaine forme de
démocratisation du débat public sur le monde rural en
Europe.
Malgré
la diversité de leurs histoires et de leurs cultures nationales,
force est de constater que les espaces ruraux d'Europe connaissent des
évolutions et problèmes assez communs qui, pour
« Geyser », peuvent être regroupés comme suit :
- Les mutations de l’agriculture.
Elle perd des emplois, se « déconnecte »
des territoires, et s'engage dans des filières (plus ou moins
industrielles) qui la coupent des dynamiques locales.
- Les déplacements de populations.
L’impact des dynamiques urbaines est de plus en plus prégnant.
Cela modifie profondément les modes d’occupation des
territoires, les réseaux de transport, la localisation des
activités.
- L'accroissement des inégalités régionales.
Le « marché » met en concurrence partout
en Europe, voire au-delà, entreprises et territoires. Les
territoires ruraux ne sortent que rarement gagnant de ce vaste
affrontement.
- L'avenir de la politique européenne de développement rural.
Celui-ci est pour le moins incertain, et l’élargissement
à 25 Etats membres va très certainement contribuer
à « tarir » sérieusement, ou pour
le moins à réorienter, les financements auxquels nous
avions recours jusqu’alors.
Ainsi, ce sont les choix de l'Union Européenne en matière
de développement rural qui apparaissent déterminants et
conditionnent en profondeur l’évolution présente et
l’avenir du paysage européen.
De
multiples aspects très concrets sont ainsi concernés,
comme l'emploi, les liens entre les ruraux et la société
en général, les activités et les services, les
dynamiques sociales, les solidarités locales...
De l’Europe au local : Comment (mieux) agir ensemble ?
« Geyser »
estime que, pour agir de façon efficace, les réseaux
ruraux doivent se coordonner entre eux et établir des alliances
avec les autres fédérations associatives et les groupes
professionnels.
A
partir de leurs expériences de terrain, ils doivent être
en mesure de proposer des stratégies globales et
cohérentes pour un développement rural durable.
Pour
cela, il convient qu’ils se mettent d’accord sur quelques axes de
travail à privilégier, et qui pourraient être :
- Bâtir des projets de dimension nationale et européenne, à partir d’expériences locales.
- Construire une vision européenne d'une politique de développement rural,
soucieuse de respecter les histoires des mouvements sociaux, et leurs
désirs affirmés de définir eux-mêmes un
contenu au développement durable.
- Mettre l'accent sur les processus participatifs qui fondent la légitimité de ces mouvements.
- Promouvoir la subsidiarité, la démocratie locale et la concertation entre acteurs, afin de définir de nouveaux modes de gouvernance des territoires.
- Montrer que le développement rural ne concerne pas seulement les ruraux,
mais qu'il intervient sur la cohésion sociale, la
répartition des activités et les relations
villes-campagnes, c'est à dire sur l'ensemble du tissu
économique et social des territoires.
- Passer de la contestation à la proposition,
en suivant l'exemple des mouvements ruraux d'Europe du Nord qui ont
progressivement construit des partenariats avec les pouvoirs publics.
Il apparaît donc essentiel de partir de l'expérience des mouvements sociaux
afin de définir des projets et des modes d'organisations
conformes aux attentes des populations - des projets qui puissent
être entendus, compris, et appropriées par ces
populations.
Etant donné l’extrême diversité des situations, et
la lourdeur des questions à traiter, c’est sans doute là
l’un des grands défis que doit relever la construction
européenne.
Cela
doit être possible, à condition de faire circuler les
informations, de faciliter les contacts et les échanges, de
donner la parole à ces acteurs et militants associatifs dont la
contribution constitue un élément indispensable de
démocratisation des politiques publiques et de constitution de
la citoyenneté européenne.
- En savoir plus :
« Le développement rural en Europe : nouveaux
acteurs, nouvelles demandes » - Association
« Geyser » - Rue Grande 04870 Saint Michel
l'Observatoire - www.geyser.asso.fr