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Associatifs n°
24 - Septembre 2004 |

A LA UNE Gouvernement et vie associative :
"Bénévolat, volontariat, mécénat..."
Début
juillet, Jean-François Lamour, Ministre de la jeunesse, des
sports et de la vie associative, a présenté les grands
axes de la politique associative devant des représentants du
monde associatif.
Le ministre a débuté son intervention en ces termes : « Ma présence ici, aujourd’hui, porte témoignage de la volonté du Président de la République
et du Premier Ministre de donner une reconnaissance officielle au fait
associatif par la création - et c’est la première
fois - d’un ministère en charge explicitement du
développement de la vie associative. Notre société
est plus que jamais riche de ce secteur associatif [...] Plus personne
ne conteste aujourd’hui la place et le rôle joué par les
associations dans notre société [...] Partenaires des
pouvoirs publics, les associations contribuent à la prise en
compte de l’intérêt général par leurs
fonctions de veille, d’innovation et d’animation
des territoires. Je souhaite redonner du sens à la
démocratie participative, en dépassant le cadre de la
stricte concertation administrative pour favoriser la pratique d’un
véritable « dialogue civil » au service de
l’intérêt général ».
Puis il a présenté les mesures qu’il souhaitait mettre en œuvre.
Nous pouvons ainsi retenir que les bénévoles
devraient avoir accès à plus de formations. Une
volonté qui reste toutefois à confirmer dans la mesure
où le Fonds National pour le Développement de la Vie
Associative (FNDVA) disparaît au profit d'une ligne
budgétaire du ministère de la Jeunesse, bien plus
difficile à cerner.
Le volontariat bénéficierait d’une « couverture sociale adaptée » et « l'éventualité d'une indemnisation » sera étudiée par le Conseil national de la vie associative (CNVA).
Quand au mécénat - tel que favorisé par la loi
d'août 2003 - il se voit érigé en « partenariat financier privilégié », les entreprises qui y ont recours bénéficiant de déductions fiscales significatives.
A la lecture des propos ministériels un doute ne peut manquer de nous assaillir...
Autant de
reconnaissances et de louanges, immédiatement
contrebalancées par l’annonce d’un nouveau désengagement
de l’Etat, et par la survalorisation du triptyque
« bénévolat, volontariat,
mécénat » : tout cela ne serait-il pas la
traduction d’une volonté gouvernementale visant à aligner
le fonctionnement des associations françaises sur le
« modèle » anglo-saxon ?
Une évolution qui ne serait rien de moins que la mise en œuvre
d’une conception de la vie associative présentant le double
avantage d’être économe des deniers de l’Etat... et de
limiter les initiatives - sans nul doute dérangeantes - des
contre-pouvoirs citoyens face au renforcement des politiques
libérales ?

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