"Associations
et développement local"
AGIR ENSEMBLE
Notre citoyenneté, ça nous regarde !
Quand il
simplique dans le développement local, le monde
associatif est beaucoup plus sensible à laction
dans ses dimensions humaines et sociales, quà son
implication dans les politiques et procédures publiques.
Tant mieux ? Tant pis ? Interrogeons-nous un instant sur
nos attitudes de citoyen...
Sinformer
Et si le train
du développement local était parti sans les citoyens,
cest-à-dire sans nous ? Nombreux sont les exemples
qui pourraient nous le faire penser. Que savons-nous des « Contrats
Montagne » ? Qui met en place les Pays, et à
quoi vont-ils servir ? Comment sont gérées ces
communautés de communes qui engrangent chaque jour des
compétences supplémentaires aux dépends
de nos bonnes vieilles communes ?
Dans tous ces
domaines - et dans pas mal dautres - notre ignorance
est bien réelle.
Pour la justifier
il nous est toujours possible dincriminer les « appétits
de pouvoir » et autres « cultes
du secret » de nos élus, ou bien cet infini
plaisir que manifesteraient les « technocrates »
pour naviguer au cur de ces domaines réservés
aux gens qui savent...
Ne pouvons-nous
pas aussi balayer devant nos portes de citoyens, et constater
que, bien souvent, nous nous tenons à une respectueuse
(et confortable ?) distance des affaires publiques.
Le premier devoir
du citoyen nest-il pas de sinformer, et dinformer
ses concitoyens ?
Débattre
Regardons aussi
la place quoccupent nos associations sur le terrain de
la démocratie et du développement local.
Très majoritairement,
ce sont des associations sectorielles (club sportifs, foyers
ruraux, amicales laïques, groupes culturels
), des
associations de loisirs, des associations « contre »
tel ou tel projet... Leur rôle est bien évidemment
irremplaçable. Mais ne serait-il pas possible - et utile
- de créer et faire vivre de nouvelles formes dinvestissement
citoyen dans la cité ?
A lévidence,
il existe une vraie place pour des associations « généralistes »
et « délibérantes »,
qui - aux côtés des représentants légitimement
élus - auraient le souci de participer à lélaboration
dun nouveau vivre ensemble. Sans propositions citoyennes
concrètes, sans participations constructives aux débats,
comment prétendre peser réellement sur des choix
et faire gagner ce à quoi nous croyons ?
Se former
Oui, on la
dit, tout cela est bien compliqué. Et nous avons souvent
cette détestable impression que si les outils sont là,
leurs inventeurs ont oublié de nous en fournir le mode
demploi !
Pourquoi alors
ne pas remonter nos manches, mettre en route nos cervelles, rassembler
nos biens réelles forces et compétences ?
Pourquoi ne pas
fabriquer nous-mêmes ces boîtes à outils à
lusage des non-spécialistes désireux de devenir
acteurs et auteurs de leurs territoires qui nous font aujourdhui
défaut ?
Ne serait-ce
pas un beau projet pour de nombreuses associations que de devenir
de véritables « écoles de la citoyenneté
locale » ?
Agir
De par leurs
activités, la plupart des associations participent bien
évidemment à la création du lien social.
Peut-on pour autant les considérer comme des acteurs incontournables
du développement local ?
Pas si sûr,
si lon considère que beaucoup dentre elles
remplissent des « missions de service public »
et effectuent ce quil faut bien appeler des « prestations »
sans pour autant avoir participé aux débats et
aux choix qui ont conduit les collectivités à financer
leurs actions.
Aujourdhui
- enfin ! - des espaces dexpression citoyenne commencent
à exister (Conseils de développement dans les Pays,
Groupes dAction Locale Leader +).
Ne devons-nous
pas y voir une opportunité historique pour inverser la
dynamique et impliquer les citoyens organisés en associations
le plus en amont possible dans les réflexions et les choix
qui vont conditionner lavenir de nos territoires et de
tous ceux qui y vivent et en vivent ?
Denis Lebioda